flyers_concourspoesie_medium

Dans le cadre du concours “Qu’est-ce que la poésie ?”, un jury composé de :

M. David Giannoni, directeur de la Maison de la Poésie d’Amay ;
Mme Simona Petitto, responsable de la Boutique-Librairie maelstrÖm (Bruxelles) ;
M. François Laurent, poète ;
M. Simon Raket, poète et coordinateur de la Zone (Liège) ;
M. Gaëtan Sortet, poète ;

S’est réuni lundi 7 octobre 2013 et a élu M. Paolo Dagonnier en tant que lauréat de la compétition.

Le choix s’est révélé difficile, tant la quantité et la qualité des propositions étaient importantes.

Tous les textes participants sont ici retranscrits.

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est une chute libre dans une mer d’orages tendres.

La poésie est une larme de destruction massive dans l’oeil des titans.

La poésie est une tempête dans un verre d’eau qui s’avale d’un trait.

La poésie c’est se prendre pour Icare et y laisser un peu de sa peau.

La poésie est un majeur levé les yeux dans les yeux de Big Brother.

La poésie est le premier cri de tout ce qui en vie, la langue des signes qui se passe de traducteur.

La poésie sont des clins d’oeil du coeur au pays des aveugles.

La poésie ne tient qu’à un fil et n’en vaut la chandelle que si tu en fais partie.

La poésie c’est le beat de la dégénération par bribes de déraison.

La poésie est un bluesman qui a encore quelque chose à dire.

La poésie est la note bleue qui s’évapore dans des volutes de dissidence.

La poésie est un has-been en avance sur son temps.

La poésie est ce que chaque pilier de comptoir se raconte en s’endormant.

La poésie est le balayeur des rues que l’on emprunte sans s’en rendre compte.

La poésie est un arrêt dans chaque gare de chaque souvenir.

La poésie c’est se faire l’avocat du diable en bénévole.

La poésie est une touche de génie dans le vacarme du quotidien sourd.

La poésie est un pile-ou-face qui finit sur un match nul.

La poésie est une bourrasque d’air chaud au rayon surgelés.

La poésie c’est faire des claquettes chaussé d’échasses.

La poésie c’est l’éphémère qui se fait un sang d’encre.

La poésie est la musique jouée à l’enterrement des clichés.

La poésie, c’est Chet & Miles & Mingus qui se retournent d’ivresse dans leurs tombes.

La poésie est ce que les anciens se racontent au café d’en face.

La poésie est un solo de sax dans un bar noir de blondes.

La poésie est l’envie d’avoir envie d’avoir envie.

La poésie est le drapeau blanc de chaque guerre civile.

La poésie est chaque femme qui a aimé.

La poésie est un règlement de comptes avec soi-même.

La poésie c’est nager à contre-courant du fleuve de son temps.

La poésie c’est Wall Street en flammes et l’Oncle Sam qui danse autour.

La poésie, c’est frapper du poing sur de l’argile sans que le monde ne s’écroule.

La poésie est l’onde de choc du mot qui fait mouche.

La poésie c’est Rome sans ses touristes et Liège un jour de fête.

La poésie est le Chianti des désanchantés et la coke des anges.

La poésie n’est pas que réciter Verlaine en latin, c’est aussi trouver du charme à un chameau édenté, unijambiste, et frimeur.

La poésie est un éclair de lucidité dans un labyrinthe fou-furieux.

La poésie c’est trinquer comme un demi-dieu pendant un millième de seconde.

La poésie est la seule monnaie qu’il me reste quand mes poches sont à sec.

La poésie est un best-seller de momentanés d’âmes.

La poésie est le moteur à explosion de l’imaginaire.

La poésie est le bureau des objets trouvés de l’autre côté du miroir.

La poésie est une croqueuse d’hommes aux yeux plus grands que le ventre.

La poésie c’est la démarche féline d’une Cléopatre moderne, aperçue depuis les persiennes d’une ruelle andalouse.

La poésie est un duel de salsa qui presse ses hanches toujours plus contre les tiennes.

La poésie est un soleil de nacre faisant écho aux aurores boréales.

Poésie, ton nom ne s’écrit qu’en lettres de feu au milieu du Pacifique.

La poésie c’est être à bout de souffle d’avoir trop respiré.

La poésie est une fête qui bat son plein sans jamais savoir quand elle finit.

La poésie se dénude de sens quand elle est couchée sur papier.

Et 2000 ans plus tard, la poésie vaudra toujours mieux qu’un long discours.

La poésie est tout ce qui n’a jamais été, sera, est.

La poésie est nous.

Paolo DAGONNIER

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La Poésie, c’est un tronc sans branches,
un pont qui se venge,
un con sans lange,
un son qu’on mange,
un don d’oranges…

La Poésie, oui, c’est étrange…

François DI GIOVANNI  ………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie

La poésie, c’est un grand champs de blé bordé de coquelicots.
C’est une étoile sous un réverbère allumé.
C’est une partie de ma vie si proche de l’absolu.
La poésie, c’est de l’amour en conserve :
On ouvre la boîte et elle jaillit et nous illumine.
La chaleur de nos coeurs irradie jusqu’au ciel
et c’est l’humanité toute entière qui en bénéficie
au soir de ce jour comme tous les soirs du monde.
La poésie se décline sous toutes ses facettes.
Elle est bleue, elle est jaune.
Elle est triste et mélancolique.
Elle est douce et sereine.
Elle nous entraine, nous emporte, nous dévore.
Sa passion peut faire déplacer des montagnes
et apaiser les plus sourdes tempêtes de nos émotions.
La poésie, c’est un chenal, un cheval, un chacal.
La poésie, c’est partir à l’aventure, à l’écoute des mondes.
C’est s’ouvrir à la dimension sacrée de notre intuition.
C’est partir à la rencontre de l’Autre dans un univers magique
rempli d’une palette d’émotions multiples.
La poésie, c’est un cadeau pour demain.
C’est un rêve à offrir, à s’offrir.
C’est le partage de nos beautés intérieures.
La poésie, c’est donner du sens à la vie.
C’est faire rêver le monde sur une musique céleste.
C’est un coeur ouvert, à l’écoute de l’Univers.
Poètes, à vos plumes !
Slameurs, à vos micros !
Public, écoutez-nous !
Merci !

Bernadette

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est la vomissure des maux par les mots, alors que le silence se fait obligé.
La poésie est la thérapie des sanglots trop souvent inacceptables.
La poésie est un aboutissement au bout de la douleur quand, on ne sait plus avancer .
La poésie est une plume née de la souffrance d’un passé, trempée dans l’encre de ses larmes, qui s’étale sur le papier déchiré de la vie et vous fait sentir viable!
La poésie est une ouverture d’esprit sur les fléaux de la bêtise de l’homme, que le silence aurait dû enterrer.

La poésie est l’interprétation d’un seul être, plus sensible que le reste de l’humanité, pour définir les maux de la terre
La poésie est l’anarchiste qui s’exécute en excuses de ne pas être doué en acte .
La poésie est  un nouveau regard qui définit la vie en la brodant croyant ainsi l’embellir.
La poésie est l’enfer des petits par une resucée apprise sur les bancs, au grands dam des  écoliers.
La poésie est une trêve aux guerres qui laisse le temps aux victimes de pleurer, pendant que les bellicistes la lise.
La poésie est  une ode aux catins qui  sauvent de la perversité par leur corps, les enfants de la nuit.
La poésie est un choix de mots subtils pour faire apprécier bien mieux;

Les reproches à faire, que l’on y décrit .
La poésie est l’interdit que l’on vêt du juste décent, pour y montrer sans choquer  les atouts décadents.

La poésie est un recueil de mots mis au service de la lascivité, pour que devant l’âtre vous puissiez paraître juste romantiques.
La poésie est  un marchand de rêves qui nourrit sa plume.
La poésie est une route sans fin qui continue jusqu’à l’épuisement de la pensée .
La poésie est un étal d’émotions offertes en pâture à des inconnus, critique sera abscons sans connaître le poète.

La poésie peut être à la fois image et son mais , où seul y compte l’intensité.
La poésie est l’ambroisie du penseur qui ne se contente pas de se lire mais, aime à partager l’œuvre de ses congénères.
La poésie est  le goût de la vie avec l’être aimé: son ouïe, son toucher,
son odorat définit par le lecteur au grand mot de «simple poésie» alors qu’il en est l’outil de séduction.
La poésie est un chemin emprunté par ceux qui ne sont pas nés dans le bon siècle mais veulent y garder pieds .
La poésie est l’imagée artistique qui se dévoile quelque soit l’art pratiqué , le peintre, le sculpteur font automatiquement de la poésie  alors, que le poète est fidèle à son art quelque soit le complément qu’il pratique.
La poésie est : les marques du temps qui se déposent sur mon état d’esprit si elle est positive ,ma poésie sera rieuse , triste elle sera amer et quelque soit le sentiment du lecteur elle gérera son émoi.
En fin de compte la poésie est simplement moi! Car je suis ce que j’écris et j’écris ce que je ressens mes mots passent de mes yeux a mon cœur  par mon sang , se murmurent sur mes lèvres avec pudeur pour éveiller mon esprit,  fini par couler sur le papier par ma main leste et capture l’attention d’autrui pour mourir probablement un jour dans l’oubli.

Ambre DEP

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est à l’âme ce que le code binaire est à une machine : un langage.

Un moyen de communiquer directement d’un cœur à un autre.

Sans elle, l’art, le vrai, celui qui donne ce frisson indescriptible, n’existerait pas.

Ce ne sont pas les mots, non, pas même l’encre qui coule ou le graphite s’effritant sur le papier, ni le coup de pinceau du peintre ou la mélodie d’une chanson.

La poésie, c’est cette petite chose qui vous enlève tantôt un sourire, tantôt une larme, qui peut vous nouer la gorge ou vous donner dans le ventre cette sensation qui donne envie de liberté, de justice, de paix, d’amour, et qui arriverait presque à vous y faire croire encore.

C’est cet instant fugace où vous ressentez exactement ce que l’artiste ressentait ou voulait que vous ressentiez, puis qui s’évanouit comme l’odeur d’un parfum flottant dans l’air, comme le goût d’un baiser d’adieu.

La poésie, c’est un petit bout de vie raconté à demi-mot. La poésie, ce sont les murmures de l’esprit.

Maxime REGAERT

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la Poésie ?

La Poésie, c’est la surprise du quotidien.

C’est la beauté de l’abîme, le sucré de l’amer, c’est le beurre sur l’épi de maïs brulant,

C’est la chaleur du glacé, le courant d’air qui caresse la nuque juste avant la douleur.

La Poésie c’est  la  violence de la rime pour faire deviner l’harmonie du terrible.

C’est  s’assoir au bord du gouffre, laisser pendre les pieds, perdre une sandale et

L’ écouter tomber plus bas.

La Poésie  rend acceptable la lecture qui, entre les lignes, jaillissent  la douleur des départs et la violence des  adieux.

Elle  rend la douleur merveilleuse.

La Poésie  embelli la rage elle parfume la colère des matins sombres.

La Poésie est guindée ou prétentieuse,  modeste ou abondante.

Elle pénètre la souffrance et laisse s’écouler la nausée et le chagrin.

Mais elle avant tout  murmure,  caresse.

La Poésie  explose pour un rien …

GIORGIA

………………………………………………………………………………………………………………………………

Je pot hésite.

EL NOYAU 

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

Le poème naît de l’intérieur, d’un endroit profond que l’on ignore. Il surgit. Douce musique des mots à la fusion étrange combinée. Mariage improbable de visions fugaces qui se délient et s’imposent d’elles-mêmes.

Le poème surgit et germe. Il grandit. A force de lâcher prise, des images viennent, se posent et se déposent. C’est alors que s’impose le poème. Lequel s’expose aux quatre vents de l’imaginaire du poète et explose au cœur de celui qui le lit ou l’écoute. De tout petit, de rien du tout, de quotidien, il suit le passage vers le quelque chose, le peu, l’extraordinaire de l’ordinaire du jour qui vient. Il vole par hasard sans qu’on l’appelle, sans qu’on l’attende. Le poème fleurit, se reproduit. Même autrement. Parce que le poème est polymorphe.

Le poème ne demande rien. Il n’est pas dans l’attente. Juste dans l’infusion. On le goûte, on s’en délecte. On le dévore quand ses vers sont bons. On l’approche, on l’écoute. On le guette, on le déchiffre. On le regarde entre les lignes. Droit dans le verbe, ou à l’inverse, sinueusement. On le regarde, on le regarde, on le regarde jusqu’à ne plus le voir mais le ressentir… A s’en trouver des déchiffrages personnels, parfois à mille lieues des messages mêmes du poète.

Le poème, on ne le touche pas. C’est lui qui nous touche, du bout de ses doigts. Il se déplie, nous effleure au point précis de l’effusion des émotions. Il nous interpelle, nous appelle. Nous invite, nous heurte. Nous provoque, nous atteint. Il nous échappe parfois, nous file entre les paumes. Sauvage et furtif. Tendre et cruel.

Le poème coule. Déboule. S’enroule autour de nos chevilles et nos artères. Il cherche un espace ouvert, offert aux possibles glissés dans l’interstice de nos vies.

Le poème fait exister, hors de soi, une odeur, un souvenir. Une vérité, un rêve. Il invente, permet. Éclaire, ajuste. S’ajuste et nous compose. Le poème est kaléidoscope.

Le poème ne s’explique pas.

Intime et secret,

le poème – unique pour chacun à chaque instant – se vit de l’intérieur.

Le poème est chant.

Le poème est son.

Le poème est chanson de l’éternel.

Ludivine JOIGNOT

………………………………………………………………………………………………………………………………

LA POESIE C’EST…


La poésie c’est s’abandonner au langage de l’observation et des sensations qu’il génère. Elle
transforme le quotidien pour qu’il devienne supportable en s’installant entre vous et moi.
La poésie c’est des clichés positifs ou négatifs dont la composition en vue de l’impression marque
l’individu de ses empreintes douces amères, elle est ici et partout ailleurs, maintenant et toujours…
La poésie c’est tantôt le monde de Lewis Carroll tantôt celui d’Edgar Poe, elle nous transporte audelà
de nous-mêmes menant nos cinq sens en effervescence et ainsi guider notre pensée.
La poésie c’est l’exorcisation des êtres humains, elle est la mère de la philosophie et de la spiritualité
qui forment ici-bas la lente trinité.
La poésie c’est une amie extraterrestre indubitablement intime, elle nous débarrasse du superflu
pour ne laisser que l’écru…
La poésie nous dirige vers des voies navigables infiniment lactées où nous nous détachons du réel
pour plonger dans des mondes utopiques.
La poésie nous fait accéder à des pensées…. Elle nous dit que nous sommes une partie du monde et
nous découvrons l’animal, le minéral et le végétal qui sont en nous.
La poésie c’est : « Je me vois à travers tout ce qui ne m’entoure pas ».

Chiara CORONA

………………………………………………………………………………………………………………………………

QU’EST-CE QUE LA POESIE ?

Derrière ces sales godasses

et ces cheveux filasses

qui tirent la langue

Derrière ces joues bouffies d’ennui

et ces grosses poches sous les yeux

qui collectionnent les nuits

Derrière ces airs de soupe populaire

qui se fractionnent en papier mâché

à la couleur du parchemin

Derrière ces doigts boudins

et ces pouces déformés

qui ne savent plus caresser

Derrière ce visage comme des banalités

que compte le quotidien

Derrière cet entrelacs de ficelles

qu’elle se met autour des reins

Derrière ce front comme des ruines

qui racontent la grande Histoire

et ces mille chemins

qui ont fait sa vie

Derrière ce regard

gribouillé par des espoirs

asservis au destin

Derrière cette plénitude de larmes

qui sert de bénitier au cœur

quand il a enfin compris

Derrière cette chair opaque et flasque

qui pendouille comme un condamné à l’oubli

Derrière ce mur de silence

où les pierres s’amoncellent

tels des mots qui renoncent

il y a la poésie.

Emmanuelle MENARD 

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est
un fado des cieux
un fado très silencieux
inaudible pour les sciences
assourdissant pour notre conscience
pour peu que nous tendions l’oreille de notre inconscience

La poésie, c’est
un voyage
sur les rives
de l’îlot sacré
où repose cadenassé
le noyau de la pensée primitive

La poésie, c’est
la résilience
du temps où l’Homme
vivait en harmonie avec la Vie
la résilience d’un doux chaos

La poésie, c’est
quand les mots s’en vont
déjeuner aux champs ou en ville
avec leurs nouveaux chants sémantiques

La poésie, c’est
une légion
de vierges folles
terrassant les phrases trop sages

La poésie, c’est
un état presque irréel
qui permet de retrouver
l’apesanteur originelle

La poésie, c’est
ce qui donne envie
de sortir du coma
engendré par une vie trop amidonnée

Le mot s’incarne
dans le coeur
Et le corps se met
à écrire

C’est un peu ça, la poésie

La poésie, c’est expédier les mots sur un nuage
pour les sauver du naufrage
d’une vie bancale

La poésie
c’est tenter
de dire et de redire
l’indicible
beauté éphémère
terre, mer, terre

La poésie
c’est tenter de dire et de redire
l’indicible
bonté éphémère
père, mère, père
La poésie
c’est tenter
de dire et de redire
l’indicible injustice
ouvriers, ouvrières

La poésie
c’est tenter
de toucher
l’intouchable inconscience
de l’être vaguement conscient
de la beauté
de la bonté
de l’injustice

Un peu, beaucoup, à la grande folie

Bernadette BODSON-MARY

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est un mystère,

une couleur de l’univers,

un parfum de bohème dans nos âmes,

un regain de douceur pour étreindre ma flamme.

La poésie est une prière,

une saison d’automne parfumée de fruits verts,

une ancre indélébile dans l’océan de nos pensées,

une belle image fragile pour cicatriser le mot aimer.

La poésie est une rivière,

un flot d’envie pour les chimères,

une divine comédie pour les mots que je jette,

un instinct qui délie les émotions que tu reflètes.

Laurent D’HOOP

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie c’est dire « Allô, Allô, les étoiles ? Non mais allô quoi ça fait « bip bip »

La poésie c’est l’amour et la révolution !

La poésie c’est l’invention de la langue et son respect

La poésie c’est l’accès à un monde parallèle

La poésie c’est voyager dans le temps

La poésie c’est être infini

La poésie c’est l’étonnement

La poésie c’est une caresse de l’âme

La poésie c’est un poing haut levé

La poésie c’est le dernier moyen d’émotion

La poésie c’est vulgaire ou raffiné mais subtilement

La poésie c’est la dernière langue universelle

La poésie c’est accompagner sa vie de A bleu à Z vert

La poésie c’est l’amitié des mots

La poésie c’est une fraternité

La poésie c’est un moyen de pression

La poésie c’est le dernier espoir

La poésie c’est une religion sans dieu

La poésie c’est être tout le ciel

La poésie c’est le voyage sans fin

La poésie c’est la visite de tous les peuples

La poésie c’est la pornographie de l’âme

La poésie c’est faire l’amour à la vie

La poésie c’est sortir des carcans

La poésie c’est la nourriture indispensable

La poésie c’est l’art de vivre

La poésie c’est le chamboulement des idées reçues

La poésie c’est réinventer les sentiments

La poésie c’est rafraîchir nos habitudes

La poésie c’est visiter l’univers

La poésie c’est répandre la poussière d’étoile

La poésie c’est ouvrir un chemin de liberté

La poésie c’est la médecine du cœur

La poésie c’est emplir son cœur des autres

La poésie c’est une invention permanente

La poésie c’est écarter les barreaux

La poésie c’est l’évasion

La poésie c’est une liberté intouchable

La poésie c’est le courage d’en faire

La poésie c’est être un enfant et un vieillard

La poésie c’est ce qui lie l’humanité depuis sa naissance

La poésie c’est ce qui sauve quand tout est perdu

La poésie c’est l’empathie pour le clair et l’obscur

La poésie c’est un repos dans la tourmente

La poésie c’est une bacchanale

La poésie c’est quelque chose qui s’infiltre en nos rêves

La poésie c’est un débauche a partager

La poésie c’est ce qui n’est pas « politiquement correcte »

La poésie c’est ce qui nous sauve

La poésie c’est une rencontre

La poésie c’est la couleur des choses

La poésie c’est un morceau de Satie

La poésie c’est un habit de lumière

La poésie c’est un déjeuner sur l’herbe

La poésie c’est un rayon de soleil sous zéro

La poésie c’est quand tu échappe à toi-même

La poésie c’est le regard incisif

La poésie c’est une fleur non coupée

La poésie c’est la fidélité que te donne l’animal

La poésie c’est une suite impériale au parnasse

La poésie c’est un lien entre frères des mots

La poésie c’est l’assemblage inattendu des idées et des lettres

La poésie c’est la seule écriture, celle qu’on invente qui rend les choses réelles

La poésie c’est comme la peinture de Vincent, ça s’invente !

La poésie c’est défiler les mots le poing levé

La poésie c’est offrir sa poitrine aux balles de ceux qui la musellent

La poésie c’est s’offrir un voyage en Olympe avec Dionysos

La poésie c’est surfer sur la noirceur du monde

La poésie c’est un domaine de vérités

La poésie c’est le jardin public secret

La poésie c’est une jeunesse sans fin

La poésie c’est le soleil sous la pluie

La poésie c’est la neige blanche comme la page

La poésie c’est le paradis artificiel gratuit

La poésie c’est vénère putain de sa race

La poésie c’est le mendiant qui sourit

La poésie c’est un SDF qui dors paisiblement dans le trafic

La poésie c’est bonnet B qui sert de nid

La poésie c’est surréaliste quand c’est réel

La poésie c’est l’enfant qui dessine un mouton

La poésie c’est le ronronnement du chat

La poésie c’est ton GSM en panne de batterie

La poésie c’est PC qui déconne

La poésie c’est une librairie ouverte

La poésie c’est un livre trouvé qui te répond

La poésie c’est l’inconnu au regard si familier

La poésie c’est le faux premier mot du bébé

La poésie c’est le ventre gonflé de ta femme quand il bouge

La poésie c’est l’arbre qui te donne la fraternité

La poésie c’est quand la nature te reconnaît

La poésie c’est le merle qui te répond en « battle »

La poésie c’est le jazzman qui raconte avec son instrument

La poésie c’est le Bzzzzzzzzzzzzzzz de l’abeille

La poésie c’est le bruit des touches de ton clavier

La poésie c’est la richesse d’être pauvre

La poésie c’est le salut dans l’inéluctable

La poésie c’est le papillon qui se pause sur ton nez

La poésie c’est le vin capiteux qui t’emmène

La poésie c’est l’ivresse incontrôlable

La poésie c’est le départ retardé de l’avion et faire une rencontre

La poésie c’est le quai de gare pour n’aller nulle part

La poésie c’est le cimetière quiet où tu parles seul

La poésie c’est le café sur le zinc quand ton perco a rendu l’âme

La poésie c’est la file à l’opéra quand tu ris tout seul

La poésie c’est découvrir un nouveau goût

La poésie c’est trouver un cambrioleur chez soi et finir la nuit à boire avec lui

La poésie c’est la magie à l’état pur

La poésie c’est être là l’esprit ailleurs

La poésie c’est avoir un cul rare et mourir empoisonné par un suppositoire

La poésie c’est avoir un crayon la mine si pâle qu’il écrit blanc sur blanc

La poésie c’est un dauphin qui vient passer sa peau sous ta main

La poésie c’est l’autre Je

La poésie c’est un ciel de voyelles sur une mer de consonnes.

CeeJay

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

Le poème

Est un voisin de palier

La clef toujours

Dans la serrure du souvenir

La porte toujours ouverte

Sur la forge du monde

*

Le poème

Sans complet ni chemise

Ni cravate ni faux col

Va plus nu qu’un

Nouveau-né

*

Le poème

Est un arbre

De langage

Enraciné

Dans le plus pur

Silence

*

Le poème

Fait rendre gorge

Au langage

Il a pour registre

L’aveu

Il est parole source

*

Le poème

Mûri tavelé usé

Griffé rouillé meurtri

Le poème est

Sans domicile fixe

*

Le poème

Enjambe

Tous les précipices

Juste là où

Le vide se penche

*

Le poème

S’appuie

À la margelle

D’une invisible peine

Et remonte à la surface

La métaphore de l’exil

*

Le poème

Fait ses griffes

Sur l’écorce

De la vie

*

Le poème

Recoud nos phrases

Déchirées avec le coton

Muet des mots

Non dits

*

Dans l’attente

Et le risque

Le poème est

Ce chant

Brûlé de neige

Feu froid

D’une douleur

*

Le poème

Ne veut plus travailler

Souder coller raboter

Il veut voler

Voler comme un voleur

Voler comme une abeille

Sur l’aile de l’alphabet

Sinon rien

*

Le poème

Voyage dans

Nos imaginaires ouvrant

Brèche sur brèche

Sphères et planètes

Dans la mangeoire des heures

*

Le poème

Brise l’enclos

Où geint la nuit

Nos rêves alors

Marchent à l’étoile

*

Le poème

Est un astre

Tombé

Dans la paume

D’un voleur de lunes

*

Le poème

Lave plus blanc

Que matin
Essore les couleurs

Des grands jours

Sèche au pré les angoisses

Le vent le prend en croupe

*

Le poème

Se dévêt

Dans le poème

C’est là

Sa lucidité

*

Quand le poème

Se penche sur le vide

Toute la page

Tremble

*

Quand le poème

Revient de la mer

Il a des vagues dans les oreilles

Du sel marin sur les lèvres

Des bateaux qui partent

Dans les yeux

*

Le poème

Venu de l’autre main

Butant contre le sablier

Contre un massif

Où buissonnent les choses

Le poème ouvre

Nos ailes à la fragilité

*

Le poème

Adore grimper aux arbres

Il lit l’hébreu des écorces

Le solfège des oiseaux

Les lignes dans la main

Des feuilles

*

Le poème

Roule en taxi

Son chauffeur

Est un auteur

En catimini

*

Le poème

Est une ombre réfractaire

Une prière homéopathique

Une tisane aphrodisiaque

Un chemin de sel pur

*

Le poème

Sait que les murs

Ont des oreilles

Il leur chuchote

À l’ombre

Comme au soleil

Je vous po-aime 

Je vous po-aime

*

Le poème

Neige un peu

Beaucoup

Passionnément

Les sentiers

Le remercient

*

Le poème

Est une noisette

L’écureuil

En mange en lit

En tapisse son nid

Pour les longues

Soirées d’amour

*

Le poème

Est une cerise

Dans la bouche

De l’enfant boudeur

Il bouge rouge

Et consolateur

*

Le poème

Est une rose

Dont les épines

Sont des clefs

Dont les pétales

Sont des portes

*

Le poème

Est si poreux

Que le vent passe à travers

Et ça fait comme

Un grand souffle

Qui caresse la vie

*

Le poème

Plonge au fond

De nos peurs

Décillant notre œil

Intérieur figé par

La civilisation

*

Le poème

A beaucoup de chance

De vous rencontrer

Il vous souhaite

Une belle journée

*

Le poème

N’a jamais peur

De la solitude

Ses nuits sont habitées

Par les mânes des mots

Qui prêtent au jour

Leurs grains de beauté

*

Le poème

Navigue entre

Cave et grenier

Ceux qui l’habitent

Ont une âme menue

*

Le poème

Chante dans l’oiseau

C’est l’abri le plus sûr

Pour naître en poésie

*

Le poème

Est un réveille-matin

Pour poète dormeur

Et enfant marin

*

Le poème

A toujours raison

De passer outre

De naviguer plus loin

À contre-rimes

À contre-pages

D’emboîter le pas

Aux randonneurs

Des chemins nus

*

Le poème

Bat des ailes

Au moindre souffle

Les semences

Voyagent

*

Le poème

Affiche une perpétuelle

Imprudence

Il avance

Les yeux bandés

Par la beauté

*

Le poème

Fait flèche de tout bois

Sa cible est muette

Son venin exquis

Son arc

Fiévreusement bandé

*

Le poème

Quelquefois s’effondre

Sur lui-même

Il tombe se relève

Tombe à nouveau

Se relève encore

Vertical toujours

En sa force intérieure

Debout sur l’horizon

*

Le poème

Est l’amant

De la nuit

Et l’enfant

Du petit jour

*

Le poème

A toujours faim

Toujours soif

Il picore en nos mains

Miettes d’espérance

Levain de silence

Et boit nos adieux

*

Le poème

A ton visage et ta nuit

Ton sillage et tes mains

Il va dans tes veines

Comme un ion libre

Capable soudain

De tout fusionner

*

Le poème

Est un lent gage

Existentiel

Une parole de sel

Où voyage le ciel

Où s’enciellent nos âges

*

Le poème

Est un nomade

Le piéton

De nos destinées

Le randonneur

De nos nuits blanches

L’arpenteur

De nos cendres à venir

*

Le poème

Est un taiseux têtu

Tenté par le désert

Sa tente est dressée

À la limite du temple

*

Le poème

Boite si ses mots

Oscillent entre relatif

Et absolu

Comme un bambin tirant

Sur la plage une cargaison

De sable vers son château

Effondré

*

Le poème

Ne vous attendra pas

Il est monté sur flèche

Tirée par un archer

Amoureux d’une étoile

*

Le poème

Est le portefaix

De l’obscur

Dont il connaît l’issue

La sanglante lumière

*

Le poème

Met les mots en danger
Sentinelles de l’inavouable
Sur le front

De nos libertés

*

Le poème

N’est pas d’ici
Il est de cet ailleurs
Qu’un rire efface
Qu’une nuit d’encre abrège

*

Le poème

Attend derrière la porte
Que s’ouvre le loquet
De la maison

De l’ange

*

Le poème

Oublie parfois de respirer
Il s’essouffle  s’esquinte

S’étrangle
S’époumone  s’extasie
Les sommets sont enivrants

*

Le poème

Boit pour oublier
La nuit de nos encriers
Et celle abandonnée
Sur les buvards de la félicité

*

Le poème

S’abandonne à l’automne
De nos amours comme
Un feuillage un peu jauni
Sur la terre encore tiède
De nos cœurs rabougris

*

Le poème

Est un fait d’hiver
Porté par des
Paroles d’été

*

Le poème

Gomme en écrivant

Lave en noircissant

Grave en allégeant

*

Le poème

Remplace quelquefois

Ma signature par une autre

– Cerise  Icare ou Tonnerre –

Selon l’humeur des vers

*

Le poème

Tend vers l’infini

C’est son œuvre

La plus parfaite

*

Le poème

Ne se tait jamais

Il ne dort que d’un œil

Écrivant au revers

De la nuit

Des vers invisibles

Au crayon laser

*

Le poème

Parle aussi

La liturgie des lampes

La litanie des retours

L’oraison des matins

*

Le poème

Est une coupe de silence

Dans la paume

de l’étonnement

*

Tombeau de nos errances

De nos démantèlements

Le poème

S’écrit contre la mort

*

Le poème

Engage un fleuve

De la source à la mer

Il sème sur sa course

Le sel des étoiles

*

Le poème

Retentit jusqu’au sein

Du cosmos

Tel un cri d’oiseau

Fendant le gel humain

*

C’est dans les mots du poème

Que tu t’éveilles

Et t’ équinoxes et te solstices

Que tu te loves

Te volcanises

Là on peut être et avoir été

*

Le poème a faim d’espace

Il dévore le blanc

Comme une chair enfantine

Et vaporise des désirs savants

Sur nos regrets

*

La danse

Du poème

Dans le pas-de-deux

De la pluie

*

Le poème

Engage un fleuve

De la source à l’amer

*

Le ciel s’habille

D’un nuage

Le poème

D’une absence

*

Le poème

Rend la langue

À sa délicieuse

Incertitude

*

Un très court poème

Peut couvrir

Un très grand bruit

*

Le poème

Est le seuil

De ta maison

*

Le poème

Respire à l’aise

Dans les bocages

De la raison printanière

Et fleurit

Dans les fossés

De l’abandon

*

Le poème

N’est ni dresseur de mots

Ni magicien

Ni contorsionniste

C’est un équilibriste

Perché sur le fil aérien

Du sensible infini

*

Le poème

Est une parole donnée

Sans motif

Et sans mot d’ordre

*

Le poème

A tout compris

Mais il n’a pas

Tout dit

*

Le poème

Béatrice LIBERT ©

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie… 

C’est pour moi, le pouvoir de sortir de soi pour rêver le réel, le voir autrement, et en ressentir une joie profonde comme si elle ne venait pas d’ici.

S’extasier devant un petit oiseau qui nous éveille de son chant à quatre heures et demie du matin et entendre les autres petit à petit le rejoindre pour donner un charmant concert de printemps et se réveiller émerveillé et ne plus pouvoir se rendormir tellement c’est beau …  et remercier le Ciel.

C’est avoir ce don d’admirer une nature qui change à chaque instant, à travers les nuages, le vent, les rayons du soleil, les petites fleurs qui s’ouvrent et se referment …  Photographier cela dans sa tête et le retranscrire avec joie et délices.

Enfin, c’est pouvoir se sentir grand en étant tout petit ou petit même quand on est grand et pouvoir en être heureux …  et toujours garder la faculté de rêver.

Cécile PARMENTIER

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie c’est :


Avoir envie de partager
Beaucoup de rêves
Calmement
Doucement
Et exprimer légèrement
Forces et temblements
Grâce à des mots raisonnants
Hors du commun des sentiments
Idéalement, sans contraintes
Jour après jour sans feintes
Kilos de mots légers ou lourds
Lancés dans l’univers
Mots lâchés libres et effrayés
Ne sachant où aller
Où trouver leur destinée
Par quel chemin passer
Qui va les ouïr
Réussir à les lire
Sauront-ils être compris ?
Témoins d’une autre vie
Une raisonnance de bonheur
Venue sans convoyeur
Wattman ou chauffeur de voiture
Xénon et sa lumineuse voilure
Y-a-t-il une raison, non
Zéro notion de bloquer la communication

Thérèse DELBART

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est la graine qui dégaine !

La poésie, c’est le Fruit qui s’invite !

La poésie, c’est la touche qui fait mouche !

La poésie, c’est un raid sur le Net !

La poésie, c’est un cil sur un fil !

Michèle VANDERBIST 

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est le réel déboussolé.

La poésie, c’est une danse opiacée qui autorise des sexes habillés à se dé-syntaxer.

La poésie, c’est le miroir convexe de nos mécaniques huilées.

La poésie, c’est le plongeon des corps amoureux entre les lignes.

La poésie, c’est un bruit sous le lit qui retient notre souffle dans l’enfance de nos nuits.

La poésie, c’est une page du Grevisse contorsionnée en avion de papier.

La poésie, c’est le vent brûlant qui défroisse l’uniforme.

La poésie, c’est le cynisme embouteillé.

La poésie, ce sont les enfants soleils.

La poésie, c’est une plume bariolée qui chatouille les aisselles tombantes de la désespérance.

Lisette LOMBE 

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie c’est la friandise du langage…
La poésie c’est un sourire qui prolonge la jeunesse…
La poésie c’est la fleur de l’optimisme…
La poésie c’est comme nager dans le bonheur…
La poésie parfait alibi pour ne rien comprendre à la vie…
La poésie c’est une grandeur intérieure illimitée…
La poésie c’est la richesse de l’esprit et du pauvre…
La poésie c’est un baume sur les cicatrices de l’amour…
La poésie c’est le voyage éternel des villes et campagnes…
La poésie c’est un doux monologue de l’âme…
La poésie c’est l’issue de secours de la solitude…
La poésie c’est un champ infini semé de paix…

Marie-Rose PIPAR-PRUNIAU

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie ?

C’est d’avoir tout dépassé, tout rejeté.
Pour s’enfuir, pour s’enfouir dans l’Ineffable.

Michel DEHUY

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est une valse légère et tourbillonnante de mots qui s’enlacent.

Isabelle DUBART

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

Quand elle s’apprête à éclore dans nos coeurs,
Elle a le pouvoir de nous envouter de ces vers ensorceleurs,
Elle s’inspire souvent du mot ”amour”
Capable dans le noir de nous fait voir le jour.

La rosée du matin de sa fraicheur la vénère,
Sachant que du fond de sa prose, c’est la vie qu’elle régénère,
Les mots s’inclinent face à sa sublime passion,
Que même les rimes, lui ont voué leur soumission,

Elle se cache souvent dans le souffle des amoureux,
Et parfois on la retrouve dans la détresse des malheureux,
Tel un bon vin, elle se bonifie avec l’age,
Normal qu’on la retrouve dans la bouche des grands sages.

Âme incontestée de ces hommes de lettres,
Connaissant l’art et la manière de la soumettre,
Tantôt ils dessinent d’un sonnet un beau paysage,
Tantôt d’un quatrain ils dévoilent un doux visage.

Elle se donne à tous, sans aucune différence de race,
Regardez-là vous parler dans son éloquence, sa grâce,
Peu-importe son genre, elle continue à séduire,
Nombreux sont ceux à qui elle donne envie de s’instruire.

Elle a fait de la plume son esclave,
Pour que dans les mémoires à jamais elle se grave,
Elle a tracé dans le temps et l’espace toute l’histoire,
Qu’elle s’inventa en sortant de l’écritoire.

Ayant vraisemblablement plus d’une corde à son arc,
Dans la littérature son style se démarque,
La poésie est tout simplement un art,
Dont je brandis du haut des sommets, son étendard.

 Sheikh SABIR

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie c’est un art de vivre
Un exutoire
Ce n’est pas dérisoire

Car la poésie dit ce que pensent tant d’autres
La poésie rassemble les peuples

Mais aussi instruit
C’est un bel outil

La poésie dénonce
C’est une passerelle
Qui à tire-d’aîle
Sans se pavaner apprend

La poésie c’est la vie
C’est écrire court

Pour rimer avec toujours
Mais aussi amour

La poésie,c’est simple comme dire bonjour
Et noble comme respecter l’autre

Pascale MARLIER

………………………………………………………………………………………………………………………………

SOUFFLE DE MUSE ET L’ANIMUS ALTUS

Avoir le goût du beau au fond des yeux lacs d’or,d’eau où l’aurore se reflète à l’infini de firmaments de soie, de joie profonde,  de fièvre, d’accomplissement, de sublime volupté où les regards se fixent jusqu’à la douleur de ne pas encore oser se trouver…

A partir d’un chuchotement larvé qui te soutient dans ton ultime départ, tu vas te construire au fil des notes, je te peins comme un arbre habillé d’éclats électroniques qui s’inscrivent dans ta chair comme un tatouage de ton âme aux accents les plus troublants.Ta peau résonnera sous la caresse flamboyante de notes affleurant l’écorce de ton cœur, ami de l’arbre aux racines multiples , vibrant sous les auspices de l’est à l’orient, tu gémis pour te tendre vers un ciel qui te fuit si souvent.

Tu plonges dans l’espace mer pour te nourrir, pour éteindre un feu dévorant ou pour mieux franchir tes tourments  de lumière diaphane. Tu guettes les aurores de ta vie et tu t’attends à de nombreuses naissances des plus douces ou plus violentes pour mieux te brûler mais tes ailes pousseront bien plus loin que tu ne pourras voler et tu planeras à l’infini de toutes tes émotions des plus ténues, des plus folles , tu émergeras tel un geyser.

Tu suspends l’air de nos mots de demain, tu accroches des soupirs aux nuages les plus tendres, tu virevoltes en puissance distillée, d’accord en accord tu rythmes les bercements des cœurs les plus rustres.Tu vibres, tu respires et tu inspires la délivrance, l’accomplissement.Tu fais courir les rêves sur les lèvres de tous ceux qui se veulent aimés et qui n’osent le penser.Mais ces rêves émergent en volutes et en grâce vers tes pays intérieurs où la beauté règne et se love dans tes mains de musicien de la transparence, identifiée comme une carte du temps, tu viens d’un autre monde, tu nous offres l’échancrure de ton âme.

Bijoux de vie, que dire de l’iridescence de cette âme qui s’élève à chaque souffle de tes doigts, à chaque frémissement de ton cœur, ils me transportent à l’aube de siècles révolus et futurs par la quête d’une voie de lumière qui te vrille l’amour de peur de le perdre.Tu le portes autour du cou comme une parure sombre, ourlée de perles irisées qui se reflètent dans ton regard de rebelle mystique.Tous nos sons, toutes nos vibrations se lisent dans nos chairs pour que le temps nous aide à franchir les épreuves les plus lourdes, les plus profondes, promis à l’éblouissement d’autres rayons d’amour vaincus par nos souffrances d’antan ,elles nous lâchent et s’étiolent dans une vision de cauchemar à jamais éteinte.

J’oublierai ses pans de nuit de mélancolie ou je les peindrai pour que tu vois d’où tu viens , ses traces d’une nouvelle vie ou la lumière t’invite, t’ouvre à ses pouvoir. La musique me cloue l’âme pour mieux l’aider à respirer, elle se libère petit à petit, pas à pas à la source de tes notes de cristal.

Sache que j’ai rendez-vous avec  l’au-delà de nos amours éclairé d’ un faisceau de secrètes prières…Je te les murmure sur tes lèvres, je t’embrasse le front , il se ramifie d’une pluie de petites étoiles ,vigies de tes desseins les plus fous…

Dis-moi si tu pars et je te laisserai envahir mes champs de fleurs, je te laisserai caresser mes arbres, je te laisserai bercer les pétales de mon cœur pour mieux vaguer sur ton âme libérée.Je marche sur des pavés de lune ourlés d’espoir intense dans le feu de tes mots et gestes avortés, apeurés par leur sens caché.Que de beauté, de violence non accomplie de peur de voir l’autre partir .Faut-il être doux et sauvage, tendre et patient ouvert à l’autre sans se trahir, vouloir l’aimer sans l’abîmer, vouloir lui offrir le précieux de l’instant.Ce voyage au fond de toi pour vouloir y revenir sans effroi avec quelques  arrêts aux étages les plus sombres pour te donner l’impulsion de la luce si infine , de sons si purs qu’ils vous transpercent, seconde par seconde, le cœur et se distillent comme un poison si doux que vous n’en mourrez jamais ou si peu..La résurgence nous guette, nous sommes debout, nos racines s’entremêlent, se fondent en un magma si dense que tous les oiseaux s’en enchantent, que toutes nos forêts intérieures en résonnent et s’ouvrent pour accueillir de nouveaux fruits si gorgés d’éclat que la terre crie le manque de ta musique.

Crois-tu que l’infini a une frontière ? Si c’est sa mission, je souhaite qu’elle s’arrête près de ton âme d’artiste, qu’elle nous insuffle comme un grand torrent irrévérencieux, incontournable le désir de mourir. Et revivre dans une autre dimension vertigineuse où la vie s’arrête pour t’ accueillir l’ espace précieux du temps éclaté.

Nicolas BAUDOUX

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La norme préoccupe la question.
Je dis mon catapoème : c’est de la norme bleue.
Qu’est-ce-que la poésie ? Des espaces de tant
J’ai tant rêvé de toi
quelqu’un perd sa réalité
tant de mots à ma disposition
tant de tournures de phrase
tant de pages
tant de manières de parler
heurtent tant d’oreilles.

La norme interroge la question.
Je dis ma catastrophe : c’est de la norme rouge.
Qu’est-ce-que le désastre ? Des déplacements de tant
Nous avons toujours pu penser du Soleil
l’astre perd sa réalité de planète
tant de positions successives
tant de rouages
tant de promesses
tant de rayons trop longtemps différés
aveuglent tant de regards.

La norme turlupine la question.
Je dis ma catacartade : c’est de la norme verte.
Qu’est-ce qu’un écart de langage ? Des usures de tant
On fait la perle. On est, on a le temps. On est la ralentie.
ma table traverse une autre épaisseur
tant de densité
tant de complexités
tant de semblant
tant de difficultés
résistent à l’emportement.

La norme parle la question.
Je dis de la catalepsie : c’est ma norme jaune.
Qu’est-ce qu’une fixation verbale ? Répétitions de tant
Il se avec à ma travers à la rencontre foule bâton
les configurations se font et se défont
tant il y a jusqu’au disparu
tant de choses trouvées
tant on croit parler
tant d’y dans “il y a”
effacent la couleur véritable.

Catherine  POMPARAT

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

« La poésie c’est la vie où il faut apprendre à se défaire de ce qu’on aime »

« La poésie c’est la vie ou celui qui ne dit rien est mort »

« La poésie c’est rêver à l’endroit aimer à l’envers »

« La poésie c’est une bouée de sauvetage »

« La poésie c’est la vérité à l’état pur »

« La poésie c’est une vie, de la résistance »

« La poésie c’est la liberté de penser »

« La poésie c’est un fil qui nous relie au monde »

« La poésie à la vie dure elle résiste à longueur d’année contre la médiocrité »

« La poésie c’est l’angoisse l’espérance la beauté c’est un monde entier »

« C’est un mirage, un miracle »

« La poésie c’est la douceur et la violence mêlées, une inquiétude permanente »

Françoise TCHARTILOGLOU

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est un mouvement d’humeur qui vous tourneboule le cœur et rassemble les miettes de l’infini pour en faire des étoiles luminescentes destinées à fertiliser votre imaginaire.

Patrice BRENO

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est une espace entre deux mots à l’être aimé”

“La poésie, c’est écrire tout ce que l’on pense souvent sans vouloir l’exprimer ”

“Oublier ce qui nous obsède, dire ce que nous aimons, partager un peu de lumière ou un rayon de lune , c’est de la poésie”

“Ecouter le silence d’une source, se laisser emporter par son murmure et promettre de revenir l’écouter un jour… Poésie ?”

“Est il poète, fait il de la poésie, celui qui joue avec les mots, les triture, les malaxe , effiloche le tout et  tisse un manteau de couleurs… pour habiller la réalité ?”

“Poésie ? Vivre avec états d’ âme et le dire, de temps en temps ”

“La poésie, comme l’humour, n’ existe que si elle est partagée. Avec soi même ou, mieux, avec d’ autres.”

“La poésie, c’est un regard entrevu, une caresse exprimée, une envie non réprimée de communiquer.
Nous sommes tous potentiellement poétesses ou poètes.”

“La poésie, c’est le chant de l’ âme humaine.

 Fernand LACROIX

………………………………………………………………………………………………………………………………

Plutôt que crucifier

J’aime bien en été au soleil couchant

faire du vélo dans le pré. Motifs

d’ombres et formes de pensées inventer.

Une paire de chauves-souris je concoure

et un chat sportif aux longues jambes.

Dans les trèfles sauvages taons bourdonnant rient.

Avec le vélo sur le pré … C’est tout !  Dans un duel

des émotions,  cherchons notre équilibre énergétique.

Plutôt que… quelqu’un de crucifier !

Leokadia KOMAISZKO

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

Le poème chemine sur un arc-en-ciel tendu par le cerveau droit vers le cerveau gauche.

La poésie, c’est la recette de gâteau qui rassasie la bouche de chocolat.

La poésie, c’est la porte de la rue qui s’ouvre sur la forêt.

La poésie, c’est l’allumette qui invente le soleil, jour et nuit.

La poésie, c’est la lumière invisible qui réveille l’oeil du coeur.

La poésie, c’est la chanson du silence qui murmure à l’oreille du coeur.

La poésie, c’est le téléphone des déesses.

La poésie, c’est le bébé qui apprend à marcher parmi les athlètes qui courent un cent mètres.

La poésie, c’est le rire de l’atome qui éclate en voie lactée.

Le poème met la tête sous les fesses et donne du ventre au coeur.

Le poème coule de source de vie.

Le poème n’explique rien. Il est.

Daisy WARLAND

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

C’est votre corps qui tressaille

au mot ressuscité des cendres.

C’est votre esprit défiant le ciel

pour lui voler l’éternel.

C’est la faune jouant sous la lune d’été,

les matins fleuris de lumière,

les diamants de neige dans les nuits d’hiver.

C’est l’Univers, dans le vertige de ses luminaires,

écrit noir sur blanc, sur votre papier.

C’est la vibrante vie sertie

dans le Langage Sacré des hommes

dont le cœur fait « boum boum » à l’unisson du monde

jusqu’à l’extrême pointe du crayon.

Marie-Jeanne LANGROGNET

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ? 

Me l’étais-je déjà demandé

Loin des Grands Noms et de l’Académie

Qui me rétorquèrent devant mes dires erronés

Que je n’avais rien compris et de laisser tomber ?

Alors qu’est-ce que la poésie

Aujourd’hui qu’on me laisse parler,

Aujourd’hui qu’on me demande mon avis ?

Eh bien voici ce qu’est pour moi « Poésie » :

C’est l’astre intemporel qui actionne les songes.

Une Pleine lune incitant l’ivresse qui démange.

C’est l’étoile du berger, un repère pour les fous.

La lueur qui délie les faussaires et les loups.

C’est la lanterne puissante sur un traineau de fortune.

C’est le balai du cantonnier déblayant sa commune.

C’est l’oreiller de plumes d’oie sur un lit de chardons.

L’élan d’une vie qui donne vue sur l’horizon.

C’est la main d’un enfant nous évitant la déroute.

Le baluchon du vagabond qui sillonne les routes.

C’est le porte-voix du sourd, du muet.

La voix du peuple qui beugle son désir de liberté.

C’est l’envol des plumes mortes qui repartent vers les cieux.

Le mouchoir du grand-père qui sèche les larmes.

L’allégresse d’un cœur devenu trop pierreux.

Les mots d’amour qui troublent et désarment.

C’est le fil de suture d’une plaie purulente.

Le suintement infectieux d’une âme torturée.

La guérison espérée après des heures d’attente.

Le sceau du malade qui renie toute fatalité.

C’est la seringue qui soulage l’addiction.

Le pinard du vieux qui se fait croire qu’il va mieux.

La révolte d’une âme qui recherche la paix.

Le cri d’injustice de l’homme opprimé.

C’est la solidarité exprimée entre tous.

La main tendue à un peuple enchaîné.

C’est l’eau et le pain pour une petite fille condamnée.

La clé de la geôle pour l’enfant enrôlé.

C’est la croix de Jésus pour des fidèles enfiévrés.

La mémoire du tatouage sur tant d’avant-bras.

C’est l’étoile saisie par chaque déporté.

C’est l’espoir et les cendres de se voir libéré.

C’est la vapeur de la pluie sur le sol échauffé.

C’est la bourrasque du train qui passe devant soi.

Le camion et les tresses du festivalier.

Le souffle de l’amant sur la nuque frissonnante.

La chaleur sous des pieds comme du sable trop fin.

Le ressourcement d’un corps qui s’abreuve.

C’est le saut de l’ange pour celui qui s’élance.

Le chant du ruisseau qui s’écoule dans les champs.

C’est le Salut offert à celui qui ne croit pas.

C’est l’alcool de synthèse de celui qui ne boit plus.

C’est le sang et les veines, l’anarchisme et ses lois.

C’est le « ni Dieu ni maître » pour ma horde déchue.

C’est le maître libertaire d’une caste marginale.

Les croûtes d’une chute qui enfin se résorbent.

Le tyran de la nuit, des rêves ; la folie.

La revendication d’une errance de l’esprit.

La poésie, c’est le talisman face au mal.

C’est l’écho dans le vent d’une flûte traversière.

C’est l’aspiration à la vie.

La flèche tirée depuis une meurtrière.

Le vouloir, le pouvoir, l’envol, la magie.

Mlila LYRINES

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

A vos yeux rêveurs, je réponds :
La poésie c’est l’infini de l’infini, dans lequel les chevaux  de l’espace galopent vers l’éternité, où les Fées se baignent dans le lait de nacre des sirènes.  Sauvages, ils filent sur l’écume du vent dans les mots d’un poète,  pour rejoindre l’Olympe des Dieux qu’il engendre.

Mais encore insistez-vous :
La poésie c’est un cil, de son regard intérieur, qui fait papilloter les anges cachés dans les nuages des yeux, lorsqu’il pleut dans un cœur.  Elle l’entraîne alors sous la voute bleue d’un éther césarien, qui libère la source des larmes et se tarit dans les bras des étreintes.

La poésie est toute en délicatesse et grâce.  La magie de ses vers fait vibrer les charmes  de l’ensorcellement, entre une fleur et un papillon qui  volètent dans l’imagination du poète.  Ils s’ébattent pour lui sur une planète carrée où tout est possible pour l’orfèvre des lettres.

Orfèvre des lettres vous étonnez-vous, devant ma certitude qui vous répond  en mots précieux : les saphirs de son verbe ciselé sur une boîte en argent contiennent ses mots et font rêver les pierres des cœurs endurcis.  C’est l’éclat de la liberté sertie d’or et d’argent ou de poudre de perlimpinpin, puisée au cœur du feu de la terre de sa fantaisie.

La poésie, c’est un vélo en osier pédalant dans un passé inexistant, pour exprimer l’ineffable d’une histoire orpheline.  Le poète qui l’écrit contient tout l’Univers dans son imagination d’hier, d’aujourd’hui et de demain.  Il est Dieu, Diable et humain, mais son verbe n’a pas de majuscule.

La mort et l’amour du poète sont les lèvres de Dieu posées sur ses lèvres, dans une étreinte cosmique qui l’emmène dans l’Eden de l’éternité de son âme.  La poésie est alors l’extase des mots qui ont rejoints l’Eternel.

Vous souriez, et cependant ses vers deviennent pensées de poussières d’amour et jouent à la guerre frivole des jupons mousseline aériens, soulevés par la brise de l’utopie, dans les prés d’une folie printanière collective.

Mais encore,
La poésie et son ami le poète,  sont des enfants qui se balancent sur les feuilles des arbres dans une partie de cache-cache, avec les mots bloqués dans la tête des autres.   Ils expriment leur indescriptible vision des mondes parallèles, dans lesquels leur muse puise, pleurs, joies et cetera desunt.

La poésie à différentes humeurs.

Elle peut faire sourire, rire ou pleurer : pour preuve ?  C’est la solitude qui se conjugue à l’imparfait des temps, aux sons langoureux d’un violon qui gémit son exil dans les billets du poète..

Ou ce sont les larmes lavées dans un lave-vaisselle, qui rince les coupes et flutes des rires d’hier, après  une cuite au champagne, qui bulle dans la mousse d’un bain de rêves.

Vous doutez encore ?
La poésie, c’est la Muse complice qui se cache dans mes sens.

La poésie, c’est de la terre glaise qui s’humidifie de gouttes d’amour, pour réaliser une œuvre d’Art qui fait rire ou pleurer un point-virgule.

Ou, pourquoi pas, c’est une mouche qui frotte ses mains de banquier vorace face à des excréments goutteux en matières inestimables ou encore,  c’est une messe de vertus qui épuise un dictionnaire neuronal d’émotions et de charmes.

Vous riez madame : soit et tant mieux.  Féminisons le poète qui sommeille en vous et voyons si votre ouïe rit encore.

Une poétesse, c’est une mousse de caviar féminisée et défigurée, pour défendre les droits des femmes ou pourquoi pas, c’est le masculin d’un nom qui s’incline et fait mal aux oreilles.

Rions, rions, le mal est faible.

J’ajouterais que la poétesse est un poème transsexuel mécontent, ou c’est le cactus en fleur de Marie-Antoinette à qui on coupe la tête en commençant par les oreilles…… ou peut-être une fleur carnivore qui a perdu ses pétales et à qui la sensibilité du poète offre un dentier.

Tandis que le poète, c’est une grammaire de toutes les possibilités féminines des mots classiques masculins, maintenant torturés au genre féminin.

Pour couronner le charme de ces définitions, j’ajouterais que la poésie, le poète ou la poétesse, c’est le tourisme de l’imagination en érection spirituelle des âmes hermaphrodites incarnées.

Claudine QUERTINMONT

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est voler le feu des Dieux pour éclairer la terre. Chaque instant nous sera un départ pour Cythère.

Se faire photon ; vibrer d’irrésistible et brûler tous pontons. Il est interdit de regagner la rive : nager en eaux troubles mènera au Cristal.

Le mot. Fin ultime et genèse, source et delta de nos vies délivrées ; qu’il consume l’instant jusqu’au prisme solaire, la parole livrée sera lilas stellaire.

Je serai la Cathare aux murs de Montségur ; ne jamais abjurer ma foi de charbonnière : mes poèmes me sont citadelle du vertige.

La poésie, c’est aimer comme on hurle, ne jamais renoncer. Repeindre l’arc-en-ciel jusqu’au creux des orages, mais ne pas se donner comme on livre un otage.

Je suis ton amadou, ton silex d’étincelles, ta poussière d’étoile ; incandescente, je palpite de mots comme un cœur nouveau-né. Il veut vivre et se bat, laisse le s’envoler.

Vivre est absurde, et si merveilleux. Sordide et sublime en combat éternel de l’Ange et de la Bête : trouver son chemin et ne jamais se perdre, rester petit poucet en dépit de ces ogres.

La poésie, c’est le soleil qui piaffe d’impatience, et la neige qui frémit : levez-vous, outrages désirés !

Laver nos yeux, parfumer les couchants, s’émerveiller. Et tambour battant faire taire l’olifant des médisances.

Nuits de lilas désaxés, jours perdus d’avance : notre printemps respire au petit bonheur la chance.

J’ai trop bu de tilleuls et de verveines tendres. Je veux du cuir et que tout le monde l’entende !

Éclaboussée d’aurores, l’hirondelle agitée perd le nord et sourit. Ses mots d’onyx se déploient dans le Bleu.

La poésie, c’est aussi la solitude comme ultime étoile ; super nova de nos incandescences, s’y éblouir d’immense. Accepter ses déserts, vagabonder en palmeraies.

Reconnaître le destin travesti en hasard ; c’est ce bateau manqué qui nous conduit au port.

Je serai l’églantine au détour des jasmins, modeste épiphanie d’un printemps en déclin. Respire, et tu nous sauveras.

Marche en mes prairies, il y vit tant de grillons que nos nuits carillonnent ; arrivé au ruisseau, tu boiras les eaux vives des glaciers de mon âme.

La poésie, c’est ce silence aux veloutés d’orfraie ; la nuit y chuchote et crisse, parfois l’Autan crie comme femme en gésine, et les sapins semblent fantômes au garde-à-vous.

La source, abreuvoir des miracles, légère en ses tons de cresson et d’abeilles. Écouter sa fraîcheur.

Ne m’apprivoise pas ; chaque soir au sabbat de nos lunes orangées, je saurai te rejoindre en éternelle fée. Mes mots muguets tintinnabulent, ne les cueille surtout pas.

Rejoins dormeur du val ; viens, étends toi en nos mousses, je te lirai la vie comme on enfante un monde.

La poésie, c’est faire de nos Sibéries une Andalousie aux parfums d’orangeraies ; sourire, et la vie devient Toscane.

Tout givre est un printemps ; savoir dire la vie comme un aveugle frôle un visage, lire sur les lèvres du malheur. Et l’entendre, la petite cantate obstinée du bonheur.

Se pencher sur la sanguine d’un coquelicot ; La terre, c’est hic et nunc, ici et maintenant.

Non, il n’est pas absurde de désirer l’impossible : l’avenir sourit à celui qui se rêve tôt.

La poésie, c’est la fontaine qui entonne les soupirs des amants ; taisons-nous et écoutons ce mugissant silence. Vérone nous sera bal de bienséance.

Tu marches en mes printemps tel un faucheur avide ; pour toi je me ferai et bourgeon et cerise.

J’ai faim de mots comme d’un festin céleste ; tes mains d’artiste me peindront telle chapelle Sixtine : restaure-moi…

La poésie, c’est le pommier en fleur où les abeilles abondent ; au verger des possibles, le poète mûrit. Troubadour vendangeur, il vinifie les lettres jusqu’au nectar céleste.

Crépiter en silence, taire l’abondance : mon désir papillonne en tsunami de toi. J’espère déferlantes et me fais beau rivage.

Au carrefour de mes lunes je cueille la rosée des vents. Tout se tait : en mes automnes perle sonore éternité.

Un rossignol aphone, voilà ma vie d’avant. Me voici chofar époumonée de grâces.

La poésie ? Elle est retrouvée.

Sabine AUSSENAC

………………………………………………………………………………………………………………………………

LA POESIE C’EST QUOI?

La poésie, c’est la bouffée d’air des amoureux de la vie, qui veulent exorciser leurs peurs, leurs malheurs et comme une évidence… chanter leurs amours!

La poésie, c’est un rythme qui charme nos différences, chatouille notre oreille, oxygène nos neurones.

La poésie se devrait d’être simple et limpide, de couler comme des larmes de vie, comme le fleuve où naviguent nos envies!

La poésie, c’est une idée que l’on se fait de la beauté, tout en légèreté mais jamais sans profondeur…

La poésie, c’est un choix qui s’impose comme une manière d’être!

Jacqueline GILBERT

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie?

La poésie, ce sont des courants d’air qui courent sous la peau.

La poésie est un nectar de miel qui coule dans une gorge offerte.

C’est une partition de lumière sur la portée de l’âme.

Poésie, Souffle de Dieu, tu réanimes les mourants.

La poésie est un astre solaire au satin noir du soir.

La poésie, c’est un regard croisé au détour d’un chemin perdu de brouillard.

C’est un sentier de feuilles de chêne où l’on marche nus pieds.

Elle est la part invisible d’un monde enchanté, détourné de tourments.

La poésie est un coffre où se cache un trésor de souvenirs aveuglants.

La poésie, c’est le point g…g…aime…J’aime.

Comme une lettre d’amour écrite à un inconnu, la poésie est un coeur qui se donne généreusement.

La poésie, c’est le chant d’une rivière dans une ville en furie.

C’est le lien qui déchaine de ces dés qui enchainent.

La poésie est un chassé-croisé entre deux pages fermées.

La poésie est le son d’un cristal qui tinte entre les lignes d’un chagrin.

La poésie, c’est quand tes yeux pleurent de joie contre moi avant l’amour.

La poésie est un lit d’épousailles où des amants s’enlacent sans laisser de traces.

Elle est un rêve éveillé sur l’infini des songes.

La poésie est un joyau enfoui au coeur d’un monastère en prière.

La poésie est un oui qui se chante comme un hymne à la Vie.

Elle est un moment suspendu entre la lune et le chemin.

La poésie, ce sont des fleurs des champs souriant à la rosée du matin.

La poésie est un chapelet d’étoiles brodé sur la voûte des cieux.

C’est un clocher d’église où carillonnent des oiseaux migrateurs.

Elle est une pluie d’orage au parfum de foudre.

Fée poésie, tu es une femme fardée aux senteurs de roses musquées.

C’est le battement de la Terre au rythme de nos pas dansés

La poésie est un baume guérisseur sur une blessure ouverte.

La poésie est une chandelle allumée dans une nuit sans voile.

C’est un index pointant l’horizon rougeoyant.

Poésie, tracé d’infini au doux pinceau de soie chinois, tu te déploies.

La poésie est une aquarelle peinte au firmament de tes reins.

La poésie, c’est un cheval au galop par une nuit de pleine lune

C’est le compte à rebours de calemembours de sourds.

La poésie, ce sont des mains qui prient sur les genoux des nuages.

La poésie est un panier de fruits exquis, croqués avec délice.

Elle est le langage d’un silence qui se dit, éphémère.

La poésie est la courbe d’un sein nu d’un corps qui se dérobe.

La poésie est l’eau vive qui coule entre les cuisses d’un ruisseau et s’ouvre au plaisir d’un orgasme cosmique.

Comme une mère aimante, la poésie baise le front d’un nouveau-né.

Tel un banc vide et seul, la poésie attend que s’asseoient les amoureux d’un instant.

La poésie est un monde sous-marin peuplé de dauphins blancs.

Comme par magie, elle ouvre la porte d’un coeur fermé

La poésie est le testament d’un arbre à la Terre-Mère.

Elle est la dédicace gravée sur le temps en suspens.

La poésie, c’est la confiture de groseilles rouges de ma grand-mère, qui sauve de la déconfiture.

C’est une vision claire derrière des bas opaques.

La poésie, c’est une pénétration dans le secret d’un peuplier jusqu’à toucher l’éternité.

C’est traverser l’ivresse des sens, exacerbés de volupté.

La poésie est une écorchure de vie épluchée au bord du vide.

Comme une fumée d’encens qui s’étire, la poésie aime nous mettre au parfum.

La poésie, c’est une page blanche qui capture des ondes venues d’ailleurs.

Tel un arc-en-ciel, elle est la messagère des dieux.

La baguette magique de la poésie jette des étincelles de bonheur sur l’aveu d’un amour.

La poésie est une tasse de café dégustée sur une terrasse inhabituelle.

Dame Poésie, tu nous ensorcelles de diamants nouveaux.

La poésie est une demoiselle coquette ravie d’être en vie.

La poésie, c’est un cri d’alarme à notre monde de drames.

C’est une confession froissée dans le pli d’un mouchoir de poche.

Elle déguste la moëlle des heureux imbéciles.

La poésie ne ment jamais, elle dévoile le fond de l’être.

Elle révèle la tristesse des gens heureux.

Si la poésie s’invite dans ton univers, accueille-la avec des bras ouverts et humbles.

La poésie est le vers de la pomme qui n’existe pas.

C’est la reliance de l’homme avec le monde entier.

Poésie, ne t’alarme pas quand les gens pleurent parce qu’ils pleurent de joie en te reniflant.

La poésie est un fou qui rejoint l’essence-ciel.

La poésie, ce sont des vers de terre qui réveillent le ventre de la terre.

C’est le ciel qui se dépose entre tes bras déployés à l’aventure sans mouvement.

La poésie, c’est le regard qui se plisse dans un jupon de lin.

C ‘est un rond de table tout droit sorti d’une fable.

La poésie est un assassin qui s’ignore et te donne la vie quand tu te crois mort.

La poésie, c’est cet état d’apesanteur qui fait que tu ne connais plus les heures.

C’est un condamné à mort qui invite l’heure de sa résurrection prochaine

La poésie, c’est le pardon d’un chien à son maitre quand il l’abondonne sur le bord du chemin.

Acte de bravoure dans ce monde insensé, la poésie est une rébellion.

Elle est une toile de fond où se peint l’invisible égrégore de nos pensées secrètes.

La poésie est un instantané de présence vivante sous la robe de la félicité.

Elle est la chaise électrique qui réveille les psycho-rigides.

Comme j’aime la poésie, cette nymphe enrobée de dentelle.

Monstre sacré, elle laisse sans voix les gens sans âme.

Elle est une cure de santé pour les cellules gangreneuses.

Les barreaux, elles les volent pour les transformer en oiseaux.

Elle barbouille le mur des lamentations de Sion.

Dans la guitare de Jimmy Hendricks, tu rencontres la poésie dans toute sa virtuosité de gaucher.

Elle fait voler en miettes les dents des dictateurs voraces.

La poésie, c’est quand Jim Morrison vient dans un rêve fragile te chanter « Riders on the storm ».

C’est la trace d’un crime passionnel qui était presque parfait.

Elle est une femme solitaire qui se laisse faire l’amour.

La poésie est un repas d’ogresse que tu engloutis jusqu’à l’aurore après une nuit bleue.

Elle triture toutes les audaces, tous les excès, toutes les provocations.

La poésie se lasse des informatiques paperasses. Elle préfère le papier plutôt que les horribles dictatures de nos terribles mesures formatées.

La poésie est une indescriptible ronde des alouettes virevoltantes de salut.

Elle enfonce un clou dans nos vices cachés.

La poésie, c’est un repas pris entre gens simples, sur un trottoir de fortune.

C’est une mélodie oubliée dans le fond d’un tiroir que l’on retrouve dans un moment de hasard invité.

La poésie est une maitresse qu’un homme rencontre quand il ne l’attendait plus.

Sur un doigté de brume, la poésie nous laisse enclume.

La poésie est un sourire éclatant sur un livre sans pages.

Sur la tangente d’un croisement, tu reviens, poésie.

Poésie des lendemains qui dansent, tu renvoies l’évidence d’un jour d’arc-en-ciel.

Parce qu’un pas de trop, la poésie chancelle sur la voie de l’oseille.

Comme un ami s’annonce à une heure tardive, la poésie invite à l’alcool rare.

Au clair de rhume, je m’enlune au froid. C’est là que la poésie vient me réchauffer.

Poésie enfantée d’or et d’argent, le soleil et la lune sont tes parents.

Sublime poésie, je m’endors sur ta couche de vin blanc.

La poésie est une voix qui hurle au loup à travers l’air d’un chant de silence.

Petite soeur poésie, je te bois jusqu’à la liesse d’un jour d’averse sans larmes.

Mes armes, je les ai faites avec toi, poésie, mon amie, brandissant l’étendard de la vie.

La poésie, c’est quand Rimbaud rêve de rencontrer Vladimir.

La poésie d’Attila crépite aux os poreux de mes spasmes.

Elle est un appel qui emporte l’âme au plus haut des cimes.

Poésie, tu te fais vermeille au rouge sang de nos vies.

Belle poésie, je déguste tes phrasés pastels, nappés de soleil.

Loin des appâts rances, la poésie crie liberté.

Elle est une lame de fond qui ratisse les marécages de nos pensées anesthésiées.

La poésie, c’est une oreille à l’écoute du joli coeur de la Terre.

Elle t’emporte loin et tu ne sais rien de ta destination.

La poésie s’insurge contre la bêtise humaine qu’elle somme de démissionner.

Elle refuse les routes à sens unique. Elle est la voie ouverte sur le toit du monde.

La poésie est une tigresse qui tente de te faire sortir hors de tes gonds.

Elle est un chemin de droiture où des ennemis tentent de te faire tomber sous la rage.

La poésie, c’est un tableau de douceurs au milieu d’une violence en tempête.

Elle te pète en pleine face quand tu ne comprends rien au chemin d’élégance.

Le ciel qui pleure sur une route indéfinie, c’est la poésie en déroute.

Regarde-moi, poésie, je suis l’arrachée d’un trottoir un jour de doute.

Fends la mer, poésie, et regarde la beauté de ta désinvolture, sans mesure.

Poésie,tu rassembles les miettes de nos âmes en défaite et tu toises la brisure de nos squelettes brûlants.

Moi, Poésie, je suis la voix de Dieu, celui qui extirpe les aveux de vos bouches fermées.

Oui, moi, Poésie, je suis le septième Ciel de vos âmes perdues, sur l’apothéose de vos territoiress.

Comme un oisillon prêt à prendre son envol, la poésie est une corolle d’ailes folles.

Dans les champs de blés, je suis la poésie des vivants.

La poésie est une femme sacrée au bruissement des vents.

Christine SION

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est du roman à l’eau de prose.

La poésie, c’est du roman à l’eau de prose ou du conte par vers.

La poésie, c’est des tonnes de livres qui nous délivrent du mal de vivre.

La poésie, c’est une légèreté lourde de sens.

La poésie, c’est Villon, Prévert ou qui on préfère.

La poésie, c’est ce qui reste quand il ne manque rien.

La poésie, c’est du jus de maux, des jeux de mots et la magie des mots.

La poésie, c’est du jus de mots, des jeux de mots et la magie des mots.

La poésie, c’est des figures de style graves qui passent de la figure au stylographe.

La poésie, c’est rien mais c’est énorme.

La poésie, c’est des rimes qui nous sortent de la déprime.

La poésie, c’est des vers d’Ether.

La poésie, c’est un autre uni-vers.

La poésie, c’est ce qui sauverait l’Humanité si elle devait être sauvée.

Voilà ce que vous pourriez répondre si l’on vous demandait ingénument : « qu’est-ce que la poésie ? ».

Vous commenceriez par : « la poésie, c’est du… », puis en vous ressaisissant, vous ajouteriez votre propre définition

car une muse

passant par là

ayant saisi

votre émotion,

aura servi

d’inspiration

comme si

chaque fois

qu’une idée fuse

aboutisse une création.

Olivier THONUS

………………………………………………………………………………………………………………………………

QU’EST-CE QUE LA POÉSIE ? 

La poésie est le contraire de ce que la poésie n’est pas.

La poésie n’est pas ce que vous croyez.

La poésie n’est pas une.

La poésie n’est pas une pipe.

La poésie n’est pas une couronne de fleurs.

La poésie n’est pas le désir d’un poème.

La poésie n’est pas limitable.

La poésie n’est pas limitative.

La poésie n’est pas un catalogue de sentiments sincères.

La poésie n’est pas le prêche des lendemains qui chantent.

La poésie n’est pas le parti idéal.

La poésie n’est pas le manifeste d’un engagement politique.

La poésie n’est pas héroïque.

La poésie n’est pas un militantisme.

La poésie n’est pas le discours sur la poésie.

La poésie n’est pas décoller d’une réalité vulgaire pour atteindre l’harmonieux éther.

La poésie n’est pas propre, pas sage, pas cuite, pas bien élevée.

La poésie n’est pas citoyenne.

La poésie n’est pas une affaire.

La poésie n’est pas plus haute que ceci ou cela.

La poésie n’est pas le Paradis.

La poésie n’est pas le Pérou.

La poésie n’est pas une rente.

La poésie n’est pas pour rassurer.

La poésie n’est pas une thérapie.

La poésie n’est pas inoxydable.

La poésie n’est pas nécessaire et suffisante.

La poésie n’est pas un moment poétique.

La poésie n’est pas un devoir.

La poésie n’est pas les bonnes manières.

La poésie n’est pas sans risques.

La poésie n’est pas l’amour de LA poésie.

La poésie n’est pas les poésies.

La poésie n’est pas une chose qui se laisse attraper sur une décision.

La poésie n’est pas innocente.

Bernard BRETONNIERE

………………………………………………………………………………………………………………………………

“La poésie, c’est la petite lumière qui passe sous la porte du paradis”
“La poésie, c’est l’alchimie de la réalité et du rêve”
“La poésie, c’est le langage de l’âme”

Mariche ZIEBOWICZ

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est la gourmandise des âmes esseulées.

La poésie, c’est la paresse lascive d’une nuit d’été.

Comme la colère, le poème permet de s’exprimer !

La poésie, c’est l’envie de ces bonheurs exhibés.

La poésie, ce sont les orgueils blanchis des préjugés.

La poésie, c’est l’avarice des esprits guindés.

La poésie, c’est la luxure des neurones libérés!

 Gwendoline HERMANT

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est la musique du coeur
Celle qui vous rempli de bonheur
Qui met dans vos yeux de la couleur
Et fait rêver pendant des heures

Amis poètes réveillez- vous
Nous allons faire la fête
Jongler avec les mots doux
Croiser les rimes à tue-tête

Nous ferons danser les êtres
Qui se perdront avec nous
Dans le labyrinthe champêtre
De nos rêves les plus fous

Nous créerons des poèmes
Et ferons sonner les vers
Pour les offrir à ceux qu’on aime
Et nager dans le même univers.

Annie MAMBOUR RAVET

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Tout ce qui palpipépite hénaurme HORS-normes, le reste est gluance.

Théophile DE GIRAUD

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

« La poésie, c’est un voyage insouciant au pays des mots libres. »

« La poésie…vivante et insaisissable, comme la caresse du vent sur ma joue. »

« Quand la brume du soir s’étire vers le ciel pour l’enlacer d’un dernier baiser. »

« Pot. Haie. Scie. »

« Ecrire de la poésie, c’est puiser dans la source intarissable de l’être. De l’Etre ? De lettres. »

« La course folle s’arrête. Le corps enfin se pause. Mon cœur impatient s’ouvre. Je lis de la poésie. »

« Le poète sourit face aux carabiniers. »

« Les cheminées des usines s’étirent comme de longues cigarettes dans l’air. Le poète remarque la danse de leurs volutes bleues dans le ciel souillé par les fumées. »

« La poésie. Rare et insignifiante comme ces mots emportés dans les sables émouvants. »

« Guerre. Des nerfs. Des vers. Vers où ? Verrou. La poésie m’offre la clé. »

«  La poésie ne démontre rien et révèle tout. »

« Je n’ai rien. Je ne suis riche que de ces quelques vers qui tambourinent dans ma pauvre caboche et me rappellent que je suis vivant. »

« La poésie, c’est l’encre de l’âme, l’ancre de la vie. On n’y trouve que soi-même. »

Cécile VANDERAVERO

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Posez délicatement les mots en phase.

Organisez-les sans aucune mesure.

Entourez-vous de leurs sensibles profondeurs.

Soutirez leurs pertinences et indulgences.

Imaginez-les, ils demeurent libres et enchanteurs.

Elaborons ensemble leurs propres conjonctures.

Véronique DUBOIS

………………………………………………………………………………………………………………………………..

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est le bleu de l’air qui saute dans le bleu de l’eau.

Sous la pluie, la poésie pose ses ailes sur l’arbre qui tressaille au bruit des premières feuilles envolées.

Poésie inscrite dans nos sphères de pierre bleue, en alerte, tu surprends à vif le cœur et les yeux des passants.

Dans la nuit noire, la poésie y danse comme en plein jour.

La poésie, c’est la saison de la lune à pierre fendre, belle à craquer. Poète, vas-y sur la pointe des pieds.

La poésie est ma lampe de poche. Elle se niche dans le noir étouffé des salles de cinéma, dans les fleurs de la solitude, dans les miroirs du bon vieux temps, dans mon regard pénétré par l’autre regard renversé, dans l’armoire où se loge le fruit défendu, dans nos volontés réchauffées dans la poêle, à la cuiller en bois.

La poésie est l’artère principale de ma ville secrète. Sans elle, je tourne sur moi-même comme toupie pour le chat.

La poésie habite le souvenir des rêves. Note-les sur des post-it. Ils te dévoileront la rage du train de nuit vers la fièvre de la création.

La poésie, c’est l’écriture des mots le long des allées. Trempés un à un dans l’encre de la nuit de tulle, ils émergent, sans bouée. De miel, de sang, de sel. La poésie les couche sur le papier, en formes et en couleurs. Puis enfin, elle les nomme.

La poésie dit la mort violente de Pier Paolo Pasolini. Elle le dit avec des pleurs à sa sœur de laine, à son frère d’ébène. Elle invite à boire le vin jaune d’or qui ravira nos papilles et nos pensées.

La poésie, c’est l’imagination au pouvoir de Pessoa pluriel, s’enivrant de Walt Whitman. C’est Fernando-Roméo qui envoe des lettres « Je t’aime » et des lettres « Je te quitte », à Ophélia Queiroz, « son bébé chéri », « son petit bébé ».

La poésie, c’est Cocteau, dans la fièvre des flammes qui s’arrache à la mort en emportant le feu.

La poésie, c’est la lyre d’Orphée, charmant les animaux.

La poésie, c’est mon angoisse tempérée par le son de ta voix.

La poésie, c’est la lettre envoyée par le prisonnier du fond de sa cellule, à sa bien-aimée.

La poésie, c’est le félin de poche trempé par la pluie que nous accueillons à minuit.

Maria CAUNUS

………………………………………………………………………………………………………………………………

Poésie, vous avez dit ?
Je dis poésie comme un voyage hors les aspérités du monde
Je dis poésie comme un silence – chant muet des aèdes qu’il faut élever toujours plus haut
Je dis poésie, femmes fleurs aux milles humanités
Je dis poète comme murmures mystiques ou païens visions large infinie – embrasement
de l’air – action réaction – toujours en mouvement et cependant hors la langue hors le corps
voix dispersées pour un et pour tous
Je dis poète et les cris des oiseaux ? Et leurs plumes ? Et leur encre ? Le langage des oiseaux mages nouveaux et brûlants – sur l’écume
Tu dis poète : beauté ou pureté sans sexes ni genres tu dis poète sans « s »
Tu dis poème entre le mot et le son – aime – peau – poème – entre le ciel et la terre
-entre le sel et la mer – à l’envers à l’endroit – tricotage maillage des fils ? non des fils
ou l’inverse –
Tu dis poème, iris au-dessus des nuées – quelque chose sonne comme jamais et
toujours
Tu dis poème comme si plus rien d’autre n’existait – comme le miroir que tu tends à
l’amoureux
Tu dis poème et si…
et si demain – encore et si demain pluriels
Tu dis peau aime comme si la peau en savait quelque chose
Tu dis peau êtes – vous êtes de ces peaux dont on fait les nuages
Poètes, soyez soie peau et ange, ange et bête – poètes dans l’assaut de vos mots
même au supplice de la croix
Comme aux songes dégoulinant des tissus de la peau et des i
poésie impossible à recouvrir, impossible à étendre,
poésie douloureuse tension entre le mot et l’éclat du mot
po et si et si po et po aime, impossible à savoir qui de quoi ou de qui
définit ce long fleuve qui charrie po et MAllongée
la poésie
c’est une lampe allumée au fond du couloir
plus tu avances plus elle s’éloigne
et un jour elle est là et toi tu n’es plus
C’est tout et c’est rien
c’est le rien dans le tout et le tout dans le rien
La poésie c’est comme un éclat de rire, un éclair de cristal, une eau pure, une larme
elle ignore les sourires moqueurs elle défie le temps elle se moque de vous
elle se moque de toi
elle se moque de moi
La poésie est une fleur du silence, une rose d’éternité, une opale, une eau pâle
cristalline entre les roches des mots si durs à porter
Les poèmes sont des plantes grimpantes le long de nos nuits noires, elles s’allongent le
soir et couchent dans nos lits, au petit matin, elles nous tiennent enlacés
Les poèmes ce sont ces couleurs que l’on accroche aux regards pour allumer le ciel
les jours de grisaille
Les poèmes sont des roses trémières que l’on installe sur nos tables dans des vases
transparents
Le poète est ce fou de papier que l’on peint sur une toile, personnages de Chagal ou de
Folon
Le poète, ce prince délicat occupé à rêver, observe et se tait pendant que vous secouez
vos tignasses tressées
Le poète est un sage assis au bord de la rivière et qui regarde passer le monde
Le temps n’a pas de prise sur les astres et les arbres, c’est pourquoi ce sont des lieux
où le poète s’installe à distance du bruit
Le poète est dans cet abandon dont lui seul a le secret à la marge des leurres à la
frange du temps
Le poète suivez-le quand il appelle, il peut parler au vent et glisser sur les feuilles
La poésie ? comme vous y allez ! ne s’en laisse pas compter,
elle est aussi rebelle, insoumise, et libre, elle vous laisse les couloirs, les caves, les
blockhaus, elle s’accroche à la lumière, elle traverse le mur du son
La poésie est le coeur de l’amour, la perle dans la nacre, le diamant, le rubis
elle vous plonge dans l’âme, une flèche inédite, un morceau de bravoure que vous
auriez délaissée
La poésie elle vous force à voir au-delà du paraître
Le poème est ce rossignol qui s’installe le soir et vous chante la nuit, toujours la même
mélodie
Le poème ne vous laisse jamais en paix, il tourne et tourne jusqu’à ce qu’il trouve où
s’envoler
La poésie est le véhicule du poème, elle fait la pluie et aussi le beau temps,
si elle veut que vous pleuriez, elle portera ses coups très haut pour faire battre vos
coeurs, si elle veut vous faire rire, elle vous secouera jusqu’à ce que vous en ayez mal
aux tripes
La poésie c’est ce monstre enfoui au fond de vos cavités venteuses, elle sort quand ça
lui chante, elle se tait si elle n’a rien à dire
le poète est un être habité, il est plusieurs en lui, il est de toutes les couleurs et aussi
ouvert aux quatre vents
Le poète comme la poésie ne se laisse pas enfermer, on ne peut l’attraper, d’ailleurs on
ne sais pas où il est
Le poète c’est un être spécial, il n’a pas de nom, ne se laisse pas nommer, ni
cataloguer
le poète pas toujours à la fête parce que trop lucide, mais toujours prêt à vous en
raconter une bonne, n’est pourtant pas un rigolo
Le poète, on le prend pour un fou, un rêveur, un déclassé, il peut vous étonner mais
jamais vous froisser
Le poète il m’a dit l’autre jour : la poésie c’est une porte fermée, le lecteur doit en
chercher les clés pour l’ouvrir, mais chacun a sa propre clé, et c’est jamais la même
La poésie, elle se cache partout où vous pouvez la trouver
La poésie elle parle dans la nuit, elle coule dans votre oreille, pénètre votre âme,
inonde vos sens, la poésie c’est, petite fée malicieuse, vous croyez la tenir, elle vous file
entre les doigts
Le poème c’est le fils de la poésie
La poésie vous transporte sur les hautes plaines, là où vous n’êtes jamais allés, mais
seul tout seul pour mieux vous pénétrer de ce qu’elle a à vous dire
La poésie c’est une danse du ventre, laissez-la vous séduire
La poésie, elle est exactement là où vous ne l’attendez pas
le poète aussi d’ailleurs
Le poème c’est cet instant fugace,
La poésie des fois elle s’absente, elle se repose
Le poème est papillon ou libellule au dessus de vos têtes, à peine une présence, il vient
se poser délicatement sur vos lèvres,
La poésie est un fleuve, elle étend ses bras de mer jusqu’au bout de vos océans de
ruine, elle vous cueille dans vos traversées, au plus profond de vos angoisses, elle
vous remonte et vous fait toucher le ciel
La poésie elle est mystique, elle a à voir avec les anges, elle pleut dans vos songes,
mais elle, elle se prend pas pour Dieu
La poésie c’est un chemin semé de roses, ses épines sont toutes courbées, elle vous
agrippe sans vous blesser
Le poète est vulnérable, sa peau est écorchée, ses yeux rougis à force d’éclats de lune,
le poète il est vulnérable, mais c’est le soleil qui lèche ses plaies
La poésie bien sûr elle est calme, elle est à l’aise dans le silence, l’or de ses heures est
pour les anges, pour les lutins, les invisibles,
La poésie si elle était pas si petite, on la verrait quand on se penche,
la poésie si elle était pas si grande, on la verrait quand on lève les yeux
les hommes souvent ne savent voir que ce qui est à leur hauteur
La poésie c’est un nuage, une goutte de lait dans une tasse de thé noir fumé, c’est une
perle de rosée, une douceur dans le creux de l’épaule, c’est doux et c’est fort
La poésie c’est une vieille dame à qui on chuchoterait des douceurs pour la voir
toujours plus souriante, et jeune
La poésie c’est une jeune fille à qui on chuchoterait des douceurs pour la voir aussi plus
souriante et éternellement jeune
La poésie est cette ensorceleuse dont parlait Baudelaire, elle transforme la boue en or,
elle vous met des diamants dans la bouche et des perles à vos oreilles
la poésie c’est une fée clochette elle vous bouscule et vous fait tourner la tête
La poésie quand elle est en colère elle vous soufflette et vous emporte sur ses chevaux
d’argent,
La poésie des fois elle prend les armes et vous réveille les sentiments,
le poète alors se fait chevalier blanc prêt à défendre les nobles causes, c’est l’occasion
encore une fois de le prendre pour un doux rêveur, un anarchiste, un marginal
mais sans jamais désemparer il se lance toujours téméraire, il rêve à un avenir plus
blanc
La poésie est éphémère et le poète tout autant mais tous les deux ils savent bien que
leur combat vaut tout l’or du monde
La poésie ça vous souffle dans les bronches, ça vous embarque sur son voilier géant,
ça vous oblige à tenir bon même quand tout s’en va en quenouille
La poésie faut la faire voyager, quand elle nous propose le ciel, elle sait tenir la barre et
nous faire voguer haut et loin,
Les poètes s’entendent pour « rallumer les étoiles », il est toujours temps comme disait
un des plus grands d’entre tous,
alors si les réverbères n’éclairent plus et que, de si loin qu’on s’approche du monde, on
continue d’embraser les fournaises, là où brûle déjà le feu des enfers en ce monde,
laissons les plus audacieux d’entre nous être, conquérants de terres toujours
inexplorées,
porter le flambeau, embraser le monde
La poésie porte ses fils sur ses destriers fous, elle est seule à ne composer avec aucun
compromis
Quand la poésie prend les armes elle ne craint pas de montrer les dents, et rêveur ou
pas le poète, il a toutes les raisons de rêver plus grand.
La poésie, personne ne sait ce que c’est
La poésie c’est quand tu souris sous la pluie et que tu pleures en plein soleil
Le poète cultive la joie et distribue du bonheur, il est son meilleur thérapeute
Le poème c’est le manche du couteau avec lequel le poète se fend une trouée dans le
monde
La poésie c’est du silence plein de mots libérant une parole pleine de maux,
La poésie ça se décline à tous les temps, ça se balance à tous les vents
La poésie c’est toi c’est moi c’est notre rencontre, c’est ta parole et la mienne
La poésie ça dérange, ça vous bouscule la comprenette, ça vous moleste quelque fois,
c’est subversif des fois
Le poète est un insurgé, il suit les comètes et les voies étroites,
la poésie, ça prend des chemins de traverse et des traverses étroites,
Le poète n’a pas peur de dire ce qu’il pense et même il a ses codes pour dire ce qu’il
pense, il porte en lui tous les désirs, les rêves de toute l’humanité
Le poète est celui qui trouve pour vous les mots que vous aviez enterrés
Le poète, sa plus grande frustration c’est quand il est empêché, n’enfermez pas les
poètes !
La poésie c’est une orange sur la table et le soleil dans la cuisine
La poésie c’est quand tu ne sais pas qu’elle est là, qu’elle est là
Le poème est un instrument de mesure pour ceux qui ont perdu le nord
La poésie est au soleil ce que l’amour est au désir
La poésie elle aime qu’on la pose près d’une fenêtre ouverte
La poète sert l’univers et ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas
La poésie c’est un regard et un sourire

Marie-Josée DESVIGNES

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est le langage des amoureux

La poésie est le point G des chimpanzés

La poésie est le parler des illettrés

La poésie est l’habit de la nudité

La poésie c’est ce qu’on ne voit pas à l’œil nu

La poésie c’est rouler en sens interdit

La poésie est une drogue douce

La poésie c’est une femme qui a des couilles

La poésie est la plume des prisonniers

Le poème est le pavé des révoltés

Ecrire de la poésie c’est penser à l’être aimé

La poésie c’est la déchirure des jupes fendues

La poésie, ce sont des seins qui pointent vers l’inconnu

La poésie est une arme de construction massive

Le poème est le refuge des paumés

La poésie est une érection matinale, incontrôlable et naturelle

La poésie c’est l’odeur de la madeleine noyée dans le thé

La poésie est un bouquet de roses fanées

La poésie est un grand lit où il est possible de s’aimer

La poésie c’est boire l’absinthe en  1915

Un poème est une toile inestimable

La poésie c’est le mouvement du mouchoir lorsque deux tourtereaux se séparent sur le quai d’une gare

La poésie c’est se comprendre sans rien dire

On a tous écrit un poème le jour de notre première fois

La poésie c’est sauter dans les flaques juste pour se marrer

La poésie c’est lorsque le silence en dit long

La poésie c’est la beauté et c’est tout

Guillaume VIARD

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie

c’est des rêves dépliés dans des bateaux de mots
c’est l’écriture des brins d’herbe,
têtus,
dans le béton des villes
c’est les nuages , posés à même la table,
doux ou sauvages,
entre verres et assiettes,
c’est les phrases des hirondelles, tracées vives, en zigzags dans le ciel
les mots malaxés dans la bouche,
comme les galets lavés dans le torrent
un trou, à vif, dans la langue
un graffiti qui rit au nez des gens sérieux

Christiane BOURS

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie ne chie pas dans ses frocs, elle ne griffe aucun mot

La poésie n’ampute pas les phrases de verbes comme pourrir ou cracher ou gifler ou pisser

Comme une mise en cloque éternelle, le poème accouche encore et en corps dans des abattoirs

Où les sangs s’accroupissent.

La poésie, c’est un mouvement de ciel cendré au milieu des jours et des nuits

La poésie, c’est un wagon secret accroché aux rails des étoiles

Comme une route sans horizon, le poème s’affole au-delà des saisons

La poésie, c’est un acrobate aux membres gonflés de sentinelles

La poésie, c’est un rempart de magiciens long comme une flamme de théâtre

Comme la bave des volcans qui jamais ne s’éteignent, le poème entre chaque souffle renaît de ses cendres

La poésie, c’est une myriade de couleurs, de firmaments étoilés, et d’arcs-en-ciel sans fin

La poésie croquemitaine les nuages et satine la ouate d’une pluie désirable

Comme un papillon de soie aux ailes légères, le poème ne dort pas, il respire les destins

La poésie, c’est hier, c’est aujourd’hui et demain, c’est ici et maintenant

Comme une aurore boréale suspendue entre deux hémisphères, le poème nous transperce et

son écho fractionne les temps et les espaces dans l’infiniment grand

La poésie, c’est l’instant qui gueule au bord des précipices.

Carine-Laure DESGUIN

.………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, qu’est-ce que c’est ?

Pose-lui la question, elle rit !

Rions avec elle.

Elle échappe à tout, et d’abord à elle-même.

Spirale à jamais non circonscrite.

Elle n’appartient pas à la littérature. Est ailleurs. Où ? Elle ne sait pas.

Elle est autre. Tout autre. Tout l’autre.

Elle est où tu es.

Elle a besoin de tes mots mais surtout du silence autour de tes mots, des ondes de ce silence.

Elle s’écoute pour mieux entendre le bruit que fait le monde à travers elle.

Jusqu’au moindre souffle.

Elle donne à voir les rapports secrets entre les choses, entre les êtres, entre les êtres et les choses. Elle capte les vibrations subatomiques. Telle un immense détecteur déployé dans l’espace.

Elle tient du murmure à l’oreille, de la plume au bord des yeux, du vol de libellule ou de la truite de rivière.

Elle nage en eau vive. Vif-argent insaisissable.

Elle s’écrit sur le ciel, les arbres, les nuages, les visages, sur tout ce qui vit et se cherche.

Toujours fidèle, toujours changeante.

Elle n’a pas de chouchous dans les dictionnaires. Ses mots, ce sont les tiens, les miens, ceux de tout le monde. C’est la qualité de leur présence qui fait tout, de leurs relations les uns avec les autres. De leur   pleine résonance sur le grand vide.

Elle se délecte du vide. Sans lui, elle n’existerait pas.

Sans angoisse devant la page blanche dont elle recompose toutes les couleurs.

Elle se voit sculpture du vide. Allégresse du vide.

Toute présence au cœur de l’absence.

Son défi : sculpter la lumière.

Elle ne cherche pas à dire mais à être. Et à passer. Plus loin.

 Elle n’érige pas de statues. Pas de monuments, ou alors des ponts qu’elle jette entre les rives.

Son sport préféré serait le relais. Non pour gagner, mais pour courir sur la piste et passer dans d’autres mains, d’autres jambes.

Elle est à elle seule une grande entreprise de déchiffrement du monde.

Jamais lasse de créer le monde à chaque instant.

Son meilleur synonyme est la vie.

Elle bouge en nous et nous fait renaître chaque jour. Tout neufs comme un œuf.

Ce qu’elle aime par dessus tout : les ricochets sur la mer.

Elle a partie liée avec l’océan. Depuis toujours.

Vague et poursuite de la vague.

Ne détestant pas les grains de sable dans ses huîtres perlières.

Si elle s’approche au plus près, c’est pour mieux s’échapper.

Jeu d’enfant à attraper la lune.

Elle ne donne rien à saisir, que le mouvement qui la fait avancer.

 Perpetuum mobile serait sa devise.

Sur le bord de. Au seuil de.

Son être est mouvement. Sa voie : effacement. Encore et toujours.

Énergie qui sourd de l’univers.

Qui pulse ses grains de lumière dans le grand noir cosmique.

Qui informe l’espace.

Et engendre ses pulsars X ou Y, aux propriétés atypiques. A-normales. A-normées.

Ferlinghetti entre autres.

Originelle. Originale. En soi. Unique.

Comme toi. Comme moi. Comme chacun.

Elle n’est pas le temps, elle crée le temps.

Naissance et innocence.

Elle nous crée tout autant qu’on la crée.

Automotrice, autogénératrice, autorégénératrice.

Gratuite, inutile, libre, un pied ici, l’autre là, sauvage, avant tout sauvage.

Combustion, incandescence en son for intérieur.

Qui reste feu sous la cendre.

Lorsque plus rien ne tient, elle demeure. Irréductible. Comme une fraction.

Irrésolue. A jamais.

Elle ne dort pas, elle veille.

Elle est l’œil du photographe tout autant que son objectif.

Un instantané qui dure.

Décalée pour mieux voir.

Elle prend tous les visages du monde. Tout en restant la même. Une permanence qui bouge.

Un point d’équilibre sur le néant. Un grand jeu de mikado quand elle s’amuse.

Nul besoin de discours, sa force est d’évidence.

En ce moment, elle se moque de ce que nous disons ! Je l’entends rire sous mes mots. Rions avec elle.

Elle choisit sa mesure. Sa bonne mesure. Elle peut se taire de trop parler. Elle peut aussi se cacher sous des masques plus ou moins habiles, plus ou moins agréables.

Les masques ne la masquent pas, la laissant plus nue d’être cachée.

Diverse mais une.

Elle lie, elle concilie, elle réconcilie : tu vois ce goût qu’elle a de la cascade !

Gourmande ou anorexique, c’est selon.

Elle unit les contraires. S’unit des contraires.

Lieuse de pailles sur le pré.

Entrechoqueuse de mondes. Qui fait jaillir d’autres mondes. Entre ses billes de verre.

Elle a ses utopies bien réelles. Ses anges aussi.

En elle tout se reconnaît.

Grâce à elle, tu reconnaîtras ce que tu ne connais pas, ce que tu n’as jamais vu.

Nous formons avec elle un long ruban d’ADN. Une double hélice.

Nous partager serait mourir.

Humaine, profondément humaine. Intérieure et extérieure.

Notre meilleure part. La tienne comme la mienne.

Qui pousse ses pieds nus où elle peut.

Aventureuse aventurière.

Qui avance sous les balles, les crachats, l’indifférence.

Invisible et indispensable comme l’air.

Si elle aimait les grands mots, elle dirait qu’elle est, sur l’infini humain, une pointe avancée de la conscience.

Comme un peson en équilibre sur les eaux.

Elle n’a que faire des modes, des postures, des enluminures, des décorations. Elle est recherche, moteur de recherche, brèche sur la brèche.

Insoumise par nature. Extrême par définition. Haut-bas, avant-après, dedans-dehors, partout-nulle part…

Elle dit oui, même en disant non.

Elle n’accroche pas de papillons morts sur sa toile.

N’essaie pas de la soumettre, accompagne-la. Corps et âme.

Elle sécrète un fil invisible qui résiste à tout. En premier à son époque.

Même si, bonne fille, elle accepte de le refléter le temps qu’il faut.

Son miroir à elle goutte au bord du toit.

Si elle aime les miroirs, c’est pour passer au travers. Une histoire de petits lapins.

On l’habille, on la travestit, on la grime, elle qui est chair, qui est sang.

On l’opacifie, on l’obscurcit, elle qui se sait éclat et transparence.

Diamant brut. Cristal inaltérable.

Entre le reflet et sa source, elle choisira toujours la source.

Son temps n’est pas de l’urgent.

Elle n’a pas grand-chose à voir avec le verbe avoir.

Elle ne s’achète pas même si on la vend. Elle se donne et s’apprivoise. Parfois.

Imite son parcours. Sers-la sans l’asservir.

Muette, elle continue de parler. On ne peut la bâillonner. La museler.

Comment enfermer le vent derrière des barreaux ?

Elle est le dernier feu allumé sur la côte.

Vigie de haute mer ou luciole sous sa feuille.

Comme un chant, une consolation du chant sur la nuit.

Le dernier mot.

Afin que quelque chose dure.

Elle nous habite plus que nous l’habitons.

Chambre intérieure et demeure de plein vent tout à la fois.

Laisse-la entrer et rester un moment.

Suffisamment pour qu’elle s’installe, se sente en confiance et parle.

Anonyme et universelle, elle appelle. De partout.

Écoute-la.

Elle parle dans le silence du cœur, au plus intime de soi

Redonne force et confiance.

Rend l’avenir possible.

Elle danse sur le vide. S’en réjouit.

Elle aime rééquilibrer le monde. Même d’une plume.

L’inconnu est sa joie. Sa raison d’être.

Fil de fer ou cheveu d’ange, elle tient du fil, du filament ou de la corde.

Sereine jusque dans sa démesure.

Une pelote, c’est ça, une pelote.

Qui prend son rythme au déroulé.

On ignore ce qu’elle contient, on la découvre au fur et à mesure.

Surprenante. Illimitée.

Un fil d’Ariane à l’envers.

Une pelote qui file sous le canapé, ressort sous la moquette, entreprend un tour de chaise, puis un autre, s’essaie à un enroulé de lampadaire, s’attarde aux tiges d’un bouquet, redescend, remonte, s’accroche à une rampe, dessine deux ou trois figures entre les doigts, et file, file…

Le jeu du chat, en somme.

Ne pas lui donner sa langue mais sa patte.

Quelle chance, elle ne ferme rien pour que tout circule.

Tout l’espace vit en elle. Le poème comme une coquille de noix.

Elle roule, elle coule, source vive et résurgence inattendue.

Qu’on la brasse ou qu’on l’effleure, elle reste seule juge de la traversée.

Elle a ses vivre-penseurs.

Ses mineurs de fond sans fond.

Ses chercheurs d’horizons de tous horizons.

Elle fore des trous de serrure dans des portes qui n’existent pas.

Pour voir. Juste pour voir ce qu’il y a derrière. Au verso.

Pour voir s’il existe un verso.

Elle donne corps à ce qui n’en a pas.

Elle peut se laisser apprivoiser le temps d’un poème. D’un regard. D’un souffle.

Mystérieuse et lumineuse. Son ombre portée est sa plus belle lumière.

Elle ne justifie rien sauf elle-même.

Elle nous tient debout. Les yeux ouverts.

Qu’on se le dise : elle est le meilleur dopant en libre service ! Cent pour cent biologique, cent pour cent écologique.

Son carburant : l’amour.

(En minuscule, car elle se méfie des majuscules.)

Ne la prends pas pour un souffle éthéré. Tu te tromperais. Tu la tromperais.

Ni lubie. Ni rêve. Ni croyance. Ni religion. Ni prophétie. La vie simplement, telle quelle. Dans son principe.

Elle vit de concret, de sang, de chair, de corps. Tu lui donnes tout, elle te donne tout.

Elle aime peu les rétroviseurs. Ce qui compte est devant. Ouvert à tous les possibles. Le passé, elle le porte dans ses cellules, inutile de se retourner.

Souterraine et silencieuse à certains moments. Bouillonnante et explosive à d’autres.

Parfois elle bout au point de déborder. Parfois elle s’étale sereine jusqu’au rivage.

Forte et fragile sous ses apparences.

Attention, ne raye pas sa fine porcelaine. Un rien peut suffire.

Tiens la note entre ce que tu es et ce que tu écris, sinon elle sonnera faux.

Dis-toi qu’elle est meilleure que toi. Et que donc tu devras te hisser à sa hauteur.

Qui, en fait, n’est pas une hauteur. Puisqu’elle ignore toute hiérarchie, toute domination.

Ouvre les vases pour que tout communique, à égalité.

La poésie est le meilleur de nous.

Si la pureté avait une longueur d’onde, ce serait la sienne. Non galvaudable.

Ni promesse, ni rançon.

Elle est un contrepoids à toutes les pesanteurs. Légère de sa densité.

Sa légèreté ne pèse rien sur le vide.

Dans toutes les vicissitudes, garde-la intacte. Ouverte.

Alea non jacta est. Quoi qu’on te dise.

Sache-le : elle s’écrit aussi de ne pas s’écrire. Par capillarité.

A vrai dire, ne parlons pas d’elle, mais tenons-nous à l’écoute. Laissons-la parler.

Accueillons son surgissement.

Laissons-lui le temps.

Laissons-lui ses silences.

Ne lui ôtons pas ses filtres.

Ses tamis à pépites.

Ses mangeoires sous les arbres.

« Mangez-moi, dit-elle, mais laissez quelques graines pour les oiseaux. »

Marilyse LEROUX

………………………………………………………………………………………………………………………………

LA POÉSIE EST…

La poésie est une rivière qui déborde.

La poésie est une dormeuse aux rêves inépuisables.

La poésie est un funambule emporté par des nuages.

La poésie est un enfant qui se perd sur des chemins de traverse.

La poésie ce sont des mots qui n’en finissent pas de fleurir.

La poésie est un arbre illuminant l’horizon.

La poésie est une musique dans une bulle de savon.

La poésie est un filet d’eau arrosant le jardin en friche.

La poésie est un soir de brouillard, un matin de neige.

La poésie ce sont des rayons de lune, des boucles de soleil.

La poésie est un parfum glissant sur un chemin.

La poésie est la mémoire des siècles qui sommeille à nos côtés.

La poésie est un arc-en-ciel d’images qui se pose sur une page blanche.

La poésie est la morsure du vent soufflant sur les herbes folles.

La poésie ce sont les émotions qui coulent dans les veines.

La poésie est le visage des dieux.

La poésie est l’attente au bord de soi.

La poésie est l’écho de l’écho, le reflet du reflet.

La poésie est la soie enveloppant d’éphémères trésors.

La poésie ce sont les fenêtres ouvertes sur le savoir des anges.

La poésie est l’écume des sanglots et des rires.

La poésie est le temps qui chante entre la nuit et le jour.

La poésie est la clarté rencontrée sur le chemin des ombres.

La poésie est la caresse qui relie la main qui donne à la main qui reçoit.

La poésie ce sont les heures transparentes de la paresse.

Micheline BOLAND

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est-ce une Aksoumaise enceinte
éprise de contractions de couleurs ?
La poésie est-ce mon voisin qui s’insurge
« Je n’en ai rien à foutre moi, de la beauté du monde, je veux dormir »
ou ces bribes de phrases dispersées dans des cahiers et des carnets
que je soliloque au milieu de la nuit
en torturant le silence des fourmis au gré de mes enthousiasmes et de mes doutes ?
Est-ce que la poésie en A noir
C’est Lawrence Ferlinghetta en pyjama ?
Ou un surréaliste embauché comme urinoir ?
La poésie, c’est une impossible hésitation
C’est une précipitation, m’avait appris le gosse de Charleville.
Mais qu’est-ce que la poésie en habits de pauvre de moi ?
Serait-ce l’ecchymose du ring de ma salle de boxe ?
Ou du lait qui mousse d’un tour de poing ?
Est-ce l’esquimau de la chèvre de Monsieur Seguin ?
Ou est-ce l’ankylose du loup qui veut la manager ?
Ou le kimono de mes haïkus à l’équinoxe ?
Ou seraient-ce les haillons encrassés au plafond de la salle où se tînt ce bal,
sur le carreau d’une mine illuminée, durant lequel Cendrillon s’est pendue ?
Voyez braves gens, les gnons que j’ai aux fesses
Ce sont des tacles de la poésie dans mes strophes.
La poésie tire les oreilles du chat qui tapine et la queue du lapin qui lape.
C’est la caravane qui aboie quand le chien trépasse
C’est du « Botox » sur la banquise pour bébés phoques nés aisés ridés.
Qu’est-ce que la poésie en E blanc
Est-ce Lawrence Ferlinghette en tenue de soubrette,
Et moi qui fais son galant ?
La poésie c’est la mère que n’ont pas eue les dictateurs
La poésie, c’est un meurtre sans victime
La poésie, c’est un morceau d’émoi
La poésie c’est une drogue fatale pour elle-même
Ce sont les lettres m, x, z et t du mot « Beau »
C’est Rabelais en holographie dans son abbaye
C’est Céline dans les ruines du Reich qui cherche un rat
C’est la prière de Brasillac pour un Yahvé qui n’existe pas.
C’est un cantique pour une pute qui s’appelle ma vie.
C’est un égout où surnage la douleur.
C’est la décharge de toutes les candeurs.
Voyez braves gens, le trou que j’ai dans la tête
C’est la trace d’une soirée de paroles en fête
La poésie ricane comme un slam interdit par l’islam
Elle se trémousse comme une téfiline amoureuse d’une langouste
C’est Marie devant Jésus ressuscité qui dit « Merde le voilà revenu »
Dans la poésie en I rouge
Savez-vous si Lawrence Ferlinghetti est en chemise d’ennui
ou en paparazzo tirant surtout ce qui bouge ?
La poésie est une maladie infantile incurable rarement mortelle, affirment les
savants de Marseille.
Non, la poésie est l’arme aux yeux de biche que convoite tout militaire, disent les
Slaves honnêtes.
C’est une rengaine à manivelle, m’avoue un canard de Barbarie, que je m’apprête à
embrocher.
Quelqu’un aurait-il lu mon recueil de recettes de cuisine poétique ?
La poésie c’est une marmite de tercets sataniques.
C’est aussi l’entremets du Vendredi du Robinson crucifié.
Des sonnets qui musardent sur des souvenirs d’école.
Des rimes qui n’ont que la fatwa pour vertu.
La poésie c’est Dieu qui cambriole le Diable.
C’est mon envie de détruire le monde.
C’est mon désir de mourir assassiné par un autre poète.
Voyez braves gens ma raie pudique
C’est un coup de peigne de la République
La poésie adore Verlaine qui aimerait être Boileau
Elle s’offusque du trouble de l’absinthe de mon amante aux os décalcifiés
Elle est le bâton de la sucette à l’anis que suce un cow-boy désarmant.
Y a-t-il de la poésie en O bleu ?
Est-ce Lawrence Ferlinghetto en uniforme de kapo
Ou le Guepeou qui rend frileux ?
Est-ce Aragon et Ferrat rentrant de Moscou, des médailles jusqu’au cou
Est-ce Ferré qui chante le fric avec de maudits blues
Ou est-ce Neruda qui fusille Augusto ?
La poésie, c’est la mitraillette d’Allende qui rouille dans mon slip
C’est Machado qui danse un slow avec Pessoa.
C’est un pays où la poésie gèle tous les ans
La poésie c’est celle que les démocraties emprisonnent
La poésie, c’est un hareng qui se lèche les doigts
C’est un hérisson que rien n’empêche de voler
C’est un oiseau qui n’aime pas les voyelles
C’est un soldat inconnu qui veut changer de nom
Voyez braves gens, la croix que j’ai au cul
C’est un impact de vers libres bien convenus

Michel CHANSIAUX

………………………………………………………………………………………………………………………………

« Qu’est-ce que la poésie ? »

 

« La poésie, c’est la sensation d’un ailleurs »

« La poésie, c’est l’inéluctable régal de l’imaginaire »

« La poésie, c’est le rêve accessible et le tout possible »

« C’est l’épithète de la vie, le nectar du vécu et l’espérance »

« La poésie, c’est l’essence de l’Univers et l ’ « insubconscience » »

 

« Le poète, c’est celui qui perd le contrôle avec délectation »

« Celui qui dit au revoir à la mer comme il quitte une amie »

« Il s’évade les yeux ouverts, oublie les codes et se rencontre »

« Le poète, c’est celui qui perçoit et touche l’intouchable »

 

« Le poème, c’est toi, moi, lui, elle, eux, nous et tout le reste »

« Le poème témoigne de chaque sens »

« Le poème est un « multiseul » et un « pluriflore » »

 

« Ainsi le poète poétise son poème avec poésie »

                                                                                                                                                                                                                                   Anouchka CHOLEWKA 

……………………………………………………………………………………………………………………………….

La poésie

La poésie, ce n’est pas une création de l’homme. Elle était là avant lui, il l’a célébrée et mise en mots

La poésie, ce sont les saisons qui s’égrènent au fil du temps

La poésie, c’est la voie lactée qui se déploie

La poésie, c’est un arbre profondément enraciné qui s’élance fièrement vers le ciel

La poésie, c’est le rythme de la mer du nord avec ses  marées hautes et basses

La poésie, c’est un volcan qui sommeille puis se réveille inopinément

La poésie, c’est une île au trésor

La poésie, c’est  une opale qui change de couleur et qu’on redécouvre à chaque fois

La poésie, au début, c’est une pierre précieuse non encore taillée, ni façonnée dans laquelle on ne voit aucun éclat. Mais après, avec ses multiples facettes, elle éblouit et enchante

La poésie, non, ce n’est pas une hérésie en ces temps-ci

La poésie, ce ne sont plus des envolées de poètes maudits ou de jeunes filles en fleurs

La poésie, ce n’est plus l’apanage des nantis, des bien-pensants

La poésie, c’est un voile qui se déchire, le voile des conventions

La poésie, c’est désormais la voix de l’humanité toute entière

La poésie, c’est une clameur qui s’échappe hors des murs érigés par les certitudes

La poésie est volontaire et même intrépide

La poésie, c’est l’espoir par rapport au désespoir

La poésie, c’est un murmure qui devient un cri

La poésie du 21e siècle, c’est une  écriture nouvelle qui se veut parfois rebelle mais fraternelle

La poésie, rien ne l’arrête quand elle est en marche

La poésie, ce n’est pas nécessairement écrire selon des codes précis

La poésie, c’est avant tout la liberté de ce qui émane du cœur et de l’esprit

La poésie, c’est comme un chant qui vient du plus profond de soi

La poésie, oui, est éternelle car elle est belle et nous est essentielle

Catherine DEKENS

………………………………………………………………………………………………………………………………..

Qu’est-ce que la poésie ?

Oui, la poésie est tout ce qu’en a dit Lawrence Ferlinghetti, mais encore…

C’est aussi la feuille morte élue parmi des millions d’autres feuilles mortes.

C’est l’aile du vent qui frise la surface de l’étang.

Ce sont les répons des tourterelles dans la symphonie du printemps.

C’est le parfum des tilleuls à la tombée du jour.

C’est en juillet la stratégie des ombres aux replis des ruelles.

La poésie c’est aussi un train qui siffle dans la nuit.

C’est un enfant qui entame son premier jour d’école,

Ce n’est pas le feu soudain de la pépite d’or au creux de la batée, c’est la paille qui brille dans le regard de l’orpailleur.

Oui, poète, prends ton luth, mais… accorde-toi  au monde des vivants.

C’est le titillement particulier du cœur ou de l’esprit.

C’est un pays d’eaux troubles avec des éblouissements.

C’est l’insémination par artifices.

La poésie est un espace visionnaire,

c’est le champ large des prémonitions,

c’est un dictionnaire d’angoisses, un répertoire d’aspirations,

à bras le corps, à bras les mots…

C’est le chatoiement d’empathie que génère l’art de l’écriture…

La poésie est dénonciation, dénonciation de la vanité des choses, pèlerinage aux sources, révérence à ce qui, vraiment, importe.

Ça peut être la démonstration de l’absurde par l’absurde.

La poésie, c’est encore le doigt vengeur de l’iniquité, l’arme secrète des indignés.

C’est une larve dont on méconnait les métamorphoses.

Elle peut être le tiroir aux chimères…

…le miroir aux alouettes

…la clé d’un mouvement d’insurrection, (même quand ses violons bercent le cœur d’une langueur monotone)

…le cri reverdi de « La muette de Portici »

La poésie ne ronronne pas en continu.

Elle jaillit par petites touches, ou en gerbe… d’étincelles,

elle s’entrecoupe de pauses, de plages d’inquiétude ou de méditation.

La  poésie est virginale, dès qu’elle exulte une fois, elle perd sa vertu.

Elle n’a jamais que de faux clones.

Elle n’est jamais vraiment anesthésiée, elle couve sous la cendre comme une braise attentive.

Belle en soi, oui, même si elle exhume des ectoplasmes, même si elle exhibe des hideurs,

elle a la beauté de l’art, intemporelle comme une statue de marbre.

La poésie est impalpable…comme le sucre du même nom.

On peut la respirer, pas l’étreindre.

La poésie est une émanation de l’esprit du temps.

C’est une « oreille de Denys » qui capte les chuchotements du monde.

Tous n’entendent pas…ou n’entendent pas les mêmes paroles…

La poésie est une conque qui déforme.

Il faut avoir le code. Le code est fluctuant.

Et d’ailleurs la poésie n’est pas à comprendre, elle est.

Moi

Dis, poète, à tous que je suis belle

que je sois expirée de la fange

ou descendue des nuées.

Mon cœur est plein d’un sang

pâle comme la sève des arbres.

On me voit transparente et c’est vrai

je glisse entre les densités.

Je suis le voile  couleur de rêve qui parfois

surligne les êtres et les choses

et les soustrait à la banalité des jours.

Mémoire me dit sa complice

Et, de fait, j’accroche à sa gourde

une farandole de toutes sortes de pensées

graves ou légères.

Je sers, depuis la nuit des temps, le destin des hommes.

Je leur dessine des chapeaux

en paille d’imaginaire.

Je suis immortelle

mais je peux dormir longtemps

dormir jusqu’à ce qu’un vent ténu

gonfle mon écharpe d’Iris et l’enroule

à la chaine des syllabes.

Au travers des mots, je souffle

dans leurs yeux

des poussières d’étoiles.

Ils me disent ornement.

Ce n’est pas juste, pas assez.

Je suis esprit, sous-ange gardien

en mission de vigilance rapprochée.

Je suis belle mais d’une beauté

à dessiller les paupières.

Et même parfois je souffle des prophéties.

Les vieux Grecs disent que je fabrique ;

mais non, pas vraiment…

De ci et de là je chine, je mets au jour ou je remets à jour, je manipule.

Je dévide des vieux colliers, je trouve des accords et j’en fais des neufs

qui ont des significations

ou pas

mais qui parlent à l’âme.

Ah, oui, mon nom : Poésie

Michel GELIN

……………………………………………………………………………………………………………………………….

La poésie, c’est une petite musique de nuit.

La poésie, c’est l’expression des secrets de l’âme du monde.

La poésie, c’est le chuchotement du cœur du poète.

La poésie, c’est une partition où les notes sont des mots.

La poésie, c’est la vie qui exprime ses sentiments.

La poésie, c’est le trouble du subconscient de l’Homme.

Aimer la poésie, c’est découvrir l’harmonie secrète du monde.

Aimer la poésie, c’est ouvrir la fenêtre à l’infinitude.

Ecrire de la poésie, c’est avoir des ailes de papillon.

Ecrire de la poésie, c’est ouvrir les barrières de la liberté.

Quand je dis « bonjour poésie », je pense « bonjour folie ! »

Arlette VAN SCHEL

……………………………………………………………………………………………………………………………….

La poésie, c’est un regard vers l’infini qui nous plonge dans des voyages intérieurs.

La poésie est une géométrie divine. Elle ouvre les portes de la pensée, en régissant les mots.

La poésie rythme notre douleur en soignant notre cœur.

La poésie, c’est une onde de douceur.

La poésie, c’est la musique des mots.

La poésie, c’est parfois une lame acérée qui découpe les pensées.

La poésie est un voyage de l’esprit.

La poésie ? C’est le pied, en vers !

La poésie est un guide dans les moments difficiles.

Christine ROGER

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, c’est une alchimie de mots choisis pour toucher l’âme et enchanter l’oreille.

La poésie est la porte ouverte sur les émotions.

La poésie, c’est un regard vers l’infinie réalité.

La poésie, c’est un jardin secret où l’on cultive la vie.

La poésie, c’est le pays magique des émotions à partager.

La poésie, c’est un lieu d’échanges qui invite à la découverte.

La poésie, c’est la divine alliance où le temps reste suspendu.

Bernadette BELENS

………………………………………………………………………………………………………………………………..

La poésie, c’est le rêve des couleurs de l’enfance.

La poésie, c’est contempler les merveilles de la nature.

La poésie, c’est vagabonder dans l’insouciance de la vie.

La poésie, c’est découvrir la beauté des mots, en parcourant les pages de la vie.

La poésie, c’est regarder ma chatte nonchalante se lécher les pattes blanches.

La poésie, ce sont les canards qui plongent la tête dans l’eau et se baladent sur la rive.

Jacqueline GATEAUX

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, c’est des rimes sans raison.

La poésie, ce sont des difficultés à soutirer de mon cerveau obscur.

La poésie, c’est des pieds et des vers, mais pas d’apéro.

La poésie, c’est un bel oiseau qui vagabonde au-dessus des flots.

La poésie, c’est un chasseur de pluie, un coucher de soleil sur le Ténéré.

La poésie, c’est l’art de customiser mes idées.

La poésie, c’est la divine alliance des pieds et des vers.

La poésie est une fée du langage.

La poésie, c’est mon esprit en allure libre.

La poésie, c’est le grand saut par la fenêtre ouverte sur l’imagination.

La poésie est une envie sauvage de jouer à remonter le temps.

La poésie, c’est mon état d’âme dans le bonheur et dans l’extase.

La poésie, c’est l’antithèse de l’antre du dragon.

Michelle CHERON

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, c’est la vie écrite en couleur. La couleur du temps, celle du moment. C’est une émotion en rimes, sans raison. C’est la danse des mots en musique scandée. Ce sont des images qui prennent la poudre d’escampette.

La poésie, c’est un voyage au fil des mots, quand le courant emporte les images.

La poésie est une caresse de la plume à rêver glissant sur le papier endormi.

La poésie, c’est le marchand de rimes qui descend dans les cœurs et dessine en couleur nos émotions intimes.

Liliane JOSEPH

……………………………………………………………………………………………………………………………….

La poésie est une prison dont il faut scier les barreaux.

Gilles LAFFAY

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, c’est le graffiti éternel dans le coeur de chacun.
C’est la liberté de s’exprimer tout en beauté.
C’est pouvoir se dévoiler sans être jugé.

La poésie,
Permet à nos pensées de s’évader
A notre coeur de s’ouvrir sans peur.

Séverine BODART

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie ce serait…

En fait, je ne sais pas.

Je ne sais pas répondre, alors je tourne et je vire.

Comment vous dire ?

J’écris, certes, j’écris.

Mais après Rimbaud et tant d’autres, comment encore oser ?

Comment oser dire le mot fatidique, celui que tout le monde attend.

Je ne sais pas.

Je ne sais plus si je peux encore le prononcer.

Je ne saurais pas dire, si, mettre en colonne les mots, ce serait…

Je n’ose pas dire, mais vous me posez la question alors il faudrait que je puisse répondre.

Simplement je vous assure d’une chose : lorsque mes yeux se posent sur la vie, la ville, ils ne voient pas ce que tout le monde voit.

Je vous assure de ceci : lorsque je vous croise ici ou là, ce que je sens de vous, ce n’est pas ce que tout le monde sent.

C’est pourquoi je me fais le plus discret possible.

Puisque je ne sais pas si j’en suis.

Je ne sais pas si je peux prétendre porter ce verbe.

Je ne sais pas si je dois oser accepter même que l’étiquette soit posée sur mes mots.

Mais puisque vous me posez la question, il faudrait bien que j’y réponde !

Lorsque je m’assois devant la page, c’est elle qui appelle les mots.

Ils me traversent sans prévenir, et parfois m’écrasent sous le poids de leur évidence.

Et évidemment ils dansent sur ma dépouille, heureux de me voir trépasser sous leur flot continu.

Mais puisque vous me demandez : « Qu’est-ce que la poésie ? », il faudrait quand même que je me décide.

Mais je n’y arrive pas.

J’écris, voilà : j’écris.

J’écoute la musique des mots qui viennent résonner en mon âme perdue.

Eperdu je me laisse bercer.

Parfois même, ils surgissent au rythme de mes pas. Ils font alors frémir mes lèvres qui se mettent toutes seules à les prononcer, en rythme, avec la syncope d’être découvert, marmonnant tout seul.

Ce que sais de la poésie, c’est que les yeux qui se posent dessus la reconnaissent au premier coup d’œil.

Ils la dévorent des yeux et des sens ; ils en font leur propre muse.

Mes mots d’amour se chuchotent avec tendresse, au soir des divines rencontres.

Ce sont mes mots mais ils vont comme un gant à vos amours tendres.

Certains disent qu’alors, c’est de la poésie.

Je veux bien les croire, mais j’hésite.

Je ne sais pas si c’est ça la poésie : des mots qui ont leurs propres notes, qui s’harmonisent pour être retenus, dits et redits jusqu’à en user le fil.

Mais peut-être, après tout, avez vous raison : il y a tant de poésie en toutes choses, qu’on doit pouvoir en écrire encore, même après Rimbaud, Verlaine, Baudelaire et même après Villon.

Et même que sans doute aucun elle aurait encore quelque chose à dire, même à nos contemporains un peu assourdis par le bruit que fait le monde.

Alors je ne sais pas, mais il me semble pouvoir cueillir de ces mots, en faire des bouquets pour vous les offrir.

Et vous diriez que ce serait de la poésie, de la vraie, avec ou sans rime, mais quand même…

Je ne sais pas, mais je crois que la poésie, c’est d’abord un regard, une manière d’entendre et de transcrire sur la page les messages reçus.

Peut-être, je ne suis pas sûr, mais j’y pense… Tout le temps.

Xavier LAINE

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie c’est le moyen de cueillir des fleurs de lumière dans un chant de nuages.

C’est la métamorphose des bruits de la nuit comme les coups de feu, le ronronnement du réfrigérateur ou le camion Sukleen.

C’est la musique sifflotante que fait l’homme dans la grisaille lorsqu’il devient une pomme croquée par les immeubles.

C’est le chemin pour revenir dans le ventre de la mère.

Michèle GHARIOS

………………………………………………………………………………………………………………………………

Le fromage de ma pizza

C’est parce que la vie semble parfois injuste que l’on commet les pires actes envers nous-mêmes, envers nos proches ou envers les deux.

On pense parfois que cela n’en vaut plus la peine, que c’est l’heure de s’en aller pour toujours, sans penser qu’il puisse sincèrement il y avoir un quelconque futur.

Puis, quelqu’un, comme toi, débarque dans notre vie.

Bouleverse notre quotidien, change notre façon de voir le monde, de voir les choses.

Tu m’obliges à rester ici, avec vous ; avec les autres ; sur la terre, mais je suis destinée à partir, destinée à rejoindre le ciel.

Je ne vivais plus pour moi, maintenant je vis pour toi.

Mais est ce vraiment une bonne chose?

Il s’avère être effroyablement chamboulant qu’un simple être humain, un grain de sable dans le désert, puisse avoir un tel impact sur nous, sur l’océan que semble être notre cœur.

C’est à ce moment précis que j’ai voulu mourir, et c’est à ce moment précis que tu es arrivé. Et c’est à cet instant même, que je me suis rendue compte que ma destinée est peut être autre que celle que je m’étais imposée. Que le destin n’existe peut être pas. Que mon destin c’est peut être toi.

Et si j’avais dû recommencer, revivre tout ce que j’ai vécu, endurer tout ce que j’ai enduré, une deuxième, troisième, ou quatrième fois…

S’il fallait revivre tout ça pour te rencontrer pour la première fois une seconde fois, je le ferai encore et encore car rien n’est ma souffrance à côté de la chaleur de ton regard. Car personne ne peut comprendre, tu es ma souffrance et mon bonheur. Tu es ma faiblesse et ma force. Tu es moi comme je suis toi.

Notre histoire est poétique. Notre histoire est une épopée.

Deux aimants, deux amants, notre histoire est un poème, mais qu’est ce que la poésie ?

Comme le champ de tournesols le poème n’a pas à s’expliquer.

Ma poésie c’est ton sourire, ma poésie c’est ton rire.

Aussi simple qu’il n’y parait notre histoire est écrite. Il n’existe rien de mieux, rien de plus beau.

ZOZAMY

………………………………………………………………………………………………………………………………

La rose des sables

Poète, as-tu dans ta poche

Des perles ou des rubis,

Des saphirs que l’on accroche

Et fixe sur les habits?

Non, dit-il, j’ai des cailloux,

Des galets, la rose des sables

Que je prends sur les genoux

Pour des rêves innombrables.

Je voyage à l’infini

Dans des strates d’atmosphères

Je m’enfonce dans l’oubli

De pratiques éphémères.

Rêves secrets, jamais oubliés,

Butent les murs insondables

Des impossibles criés

Dans la tourmente des sables.

Colette BROHEE

.………………………………………………………………………………………………………………………………

Le poème est ce viatique qui nous console de tomber du nid.

La poésie, clapotis de mots tout au fond dans le lit de l’âme.

La poésie, c’est la parure rutilante des mots qui parlent.

La poésie est ce laisser-passer des sentiments au travers de l’âme.

La poésie ressuscite l’authenticité du ressenti.

Poème : petits mots vrais qui touchent le coeur.

La poésie permet la prolongation de sentiments par l’insinuation des mots justes.

La poésie, c’est – à 360° – le grand paysage de l’âme.

Lorsque le poème s’épanche, les sentiments prennent sens et soulagent l’âme.

La poésie, c’est la conversation entre soi et soi.

Peindre sa vie en touches de poésie pour imaginer des couleurs de l’humeur sans fadeur.

La poésie est l’écho de nos soupirs ravis ou alanguis.

Marlène ANDRE

 ………………………………………………………………………………………………………………………………

QU’EST-CE QUE LA POESIE ? …


La poésie, c’est le regard qui s’attarde sur la fleur. Et la fleur se révèle, mutante,
mouvante dans toutes ses dimensions. ..
La poésie, c’est l’Infini éternel intemporel immortel qui se montre à la conscience.
La poésie, c’est le lieu où la terre a des secrets de pain béni dans ses entrailles, un rêve
d’alchimie issu de sons mystère et d’âme au goût de vin …
La poésie, c’est le jeu des sens qui donne sens à l’acte, au subtil.
La poésie, c’est le chemin d’éveil de l’atome invisible.
La poésie, c’est le chant dans l’arbre silencieux.
La poésie, c’est le silence qui parle à l’âme.
La poésie va puiser ses racines au coeur de l’objet, qu’il soit Homme, Végétal,
Minéral, Animal, et l’illumine de Vérité.
La poésie enlace, délace les rêves, les cris refoulés au fond des abysses. Elle pulse le
courant, le manifeste au jour.
La poésie peint, rit, crie, danse, chante au rythme d’un flux, d’un souffle qui l’inspire.
La poésie, c’est le corps de conscience illuminé, illuminant.
La poésie, c’est l’indicible en images de feuilles, en robes de nuages, dans le bruit du
silence.
La poésie, c’est l’émergence de la Beauté dans la magie des mots.
La poésie, c’est la paix de l’instant, puis Pégase en envol, et l’Oasis de l’âme.
La poésie, c’est la langue divine où chacun peut parler, c’est la Muse des Sources ou
la Forêt de Brocéliande…
La poésie, c’est la couleur vibrante dans l’obscur des Ténèbres…
La poésie, c’est le Jour qui naît dans l’aube tendre, et puis le Jour qui bouge dans le
Soleil Midi, puis le Jour qui descend dans le doux Crépuscule pour faire place à la
Nuit d’où nous viennent nos rêves. . .
La poésie, c’est la gamme, infinie, musicienne, des images invisibles qui défilent dans
le coeur de l’Homme.
La poésie, c’est la feuille roussie dans le soleil d’un matin .
La poésie, c’est un manifeste caché dans des lettres codées.
La poésie, c’est…quand l’arbre n’est plus arbre.
La poésie, c’est l’enfance qui regarde, c’est l’enfance qui joue.
La poésie, c’est la jeune fille qui danse, nue, sur la roche en hiver.
La poésie, c’est le fou rire dans le métro bondé.
La poésie, c’est la nonne vibrante.
La poésie, c’est Bourvil quand il pleure.
La poésie, c’est la semence qui pleut où elle peut.
La poésie, c’est l’ilot qui nourrit.
La poésie, c’est l’anti-religion qui relie.
La poésie, c’est le Fou du Roi.
La poésie, c’est Dédale échappé…
La poésie, c’est.. . le Labyrinthe qui mène au Centre sacré.
La poésie, c’est le château de sable emporté par la marée.
La poésie, c’est mon désir perdu qui devient perle.
La poésie, c’est la VIBRATION du MYSTERE
La poésie, c’est la vie qui se meut, réceptive, sous la lyre d’Orphée.
La poésie, c’est voir l’impossible possible. Lui voir des ailes. Et laisser être …
La poésie, c’est le Je suis unique au sein des multitudes.
La poésie, c’est la voix des Etoiles sur notre démence.
La poésie, c’est la voix de l’Eau vibrant le Chant des Champs.. .
La poésie, c’est l’Echo de l’âme, partout Présente…
La poésie, c’est l’oiseau qui passe entre les barreaux de votre cage et vous donne sa
plume pour l’ouvrir.. .
La poésie, c’est l’Eau qui lave la poussière avec la lumière…
La poésie, c’est la Poussière qui se pose sur l’abat-jour pour vous demander une
caresse …
La poésie, c’est la main de l’aïeul sur la joue de l’enfant. C’est la main de l’enfant
dans la main de l’aïeul.
La poésie, c’est un mot d’enfant…
La poésie, c’est la larme qui coule, silencieuse…
La poésie, c’est le sanglot de l’âme au regard des départs…
La poésie est un sourire .. .
La poésie, c’est la cellule essentielle du coeur où les armes sont larmes …
La poésie, c’est l’oreille et la peau chevauchant de concert en danses chevelues …
La poésie, c’est la rosée du matin, pourtant inaperçue. Et puis les branches qui te
saluent. Les as-tu vues?
La poésie est LIBERTE. Elle vit au coeur de l’Homme, même enfermé. Elle est rivière
et arrose ses champs. Elle coule en courant…
La poésie est Trace et Mémoire en ses lettres de Reine, en ses lettres de Simple et
nous baise la bouche de son archet dentelle.
La poésie, c’est la parole laissée au Vide, au Néant, au Chaos, au Silence …
La poésie est vivance, danse, musique, porte, élan, joie, douleur, lien, fil. ..
La poésie…
C’est la pépite d’or qui se montre à l’enfant.
C’est l’Orage qui gronde en lumières constellées.
C’est la vie en patchwork, à l’envers, à l’endroit, tissée ou recollée avec des fils de
soie …
La poésie… ce sont les vieilles mains sur le fauteuil fané …
C’est le parfum précieux issu d’un long silence.. .
C’est l’âge sans âge.
C’est la cuisson au bois d’une terre salée.
C’est la forme qui change. La fleur fanée des vies qui passent … et voyagent …
C’est le Visage du Silence.
C’est l’Empreinte. Indicible . Présente.
C’est l’Ombre de vos mots dans votre danse.
C’est la Nature qui te regarde.
C’est le Vitrail, la Rosace de Notre-Dame.
C’est le grenier enrubauné de ma mémoire.
C’est l’escalier qui parle.
La poésie est mythe.
Elle est la dentelle des heures et l’habit que je crée pour le jour.
Elle se déshabille au fil des mots.
Elle est sarment. Elle est fièvre.
Elle est aimant, amant et puis maîtresse.
C’est la Richesse en éclat de rire …
C’est un Prince sans carrosse né dans le Vent.
C’est le Verger rieur où les lettres maraudent…
C’est le Papillon qui m’écrit un alphabet d’amour.
C’est le Chat, Botté pour sa Belle, qui s’endort avec Elle.
C’est l’alliance du Multiple à l’UN., dans un ordre sans ordre.
C’est l’inattendu qui vous enchante…
C’est le mot qui caracole sur la flûte de Pan.
C’est l’Olympe où s’enflamment les Travaux et les Jours en Amours.
C’est la tendresse sur l’éphémère.
C’est le miroir des souffles illuminés.
C’est Mozart dans la foule.
C’est le cristal qui chante, et la cloche au clocher, et la voix de l’étang.
C’est la cape de ma maison. Il ne faudrait pas qu’elle s’enrhume.
C’est le vieux plumier de bois retrouvé aux Puces …
C’est le vent qu’on appelle Mistral.
C’est la Rose en bouton qui fleurit sur le sol en carrelage.
C’est l’ocre des terres sur ma peau huileuse et les embruns marins.
C’est le Saltimbanque qui vous ouvre les sens .
C’est un Pain au Levain qui me lève.
C’est le Muet qui parle.
C’est l’OEuvre au noir de la main d’oeuvre quand tu l’embrasses.
C’est l’Espace où tu te meus quand tu te re-suscites et que tu ressuscites.
La poésie est là où tu la veux trouver
Sur la fleur en bitume ou le gazon léger
Quand le coeur vibre en toi de sa rose magie
Et que ta voix se tait pour écouter la Vie. . .
Alors.. .
Deviens poète pour oser bouger, dans ton corps, dans ton âme. Deviens LIBRE
d’ETRE. Deviens qui tu es.
Invente-toi dans qui tu es. Elargis ton regard.
Sois fou dans la sagesse pour vibrer ton Essence.
Deviens le petit, le minuscule, le grand, le géant. Deviens la Terre et l’Eau et le Feu et
l’Ether, dans chacune de leurs particules. Raconte leur invisible en formes de lettres,
en formes de sons, et même en forme de chiffres… Deviens l’Infini. Deviens tes sens.
Chante-les. Peins-les. Invente-les. OSE ETRE.
Deviens l’Amour, la Flamme qui illumine. Laisse tomber les peurs, ou bien, caresseles

Sois poète dans ton geste, quand il se lève et s’arrête, immobile à l’instant, recueilli,
accueillant.
Reçois l’Onde en la vague qui retourne à la mer et plonge en son Essence. Reviens-en
parfumé de son immensité. De son impermanence et de sa permanence.
Sois Message de Vie .. . dans l’élégance de ta Nature…
Deviens lourd et léger pour cheminer en Homme, au mitan de la Terre et du Ciel,
quand tu plantes la graine et chante avec l’oiseau.
Regarde d’en haut pour changer de regard …
Laisse-toi vivre enfin une vie vagabonde, parfumant chaque instant de ton soufile
subtil et te laissant guider par un Ange et ses ailes …
Sois le feu qui encense ou qui danme en ses ardeurs démentes…
Deviens donc Homme et Femme en toi seul réunis.
Le Soleil et la Lune chaque jour chaque nuit
Et l’Ombre et la Lumière en conscience d’amour.
Redeviens le derviche pour tourner sur ton axe.
Sois passeur vers la rive où la Vie s’amplifie
Sois prière de l’eau, de la feuille, de la fleur en béton.
Vois la fleur pousser dans la faille, et laisse-la grandir. Elle fera des petits.. .
Ecris des poèmes pour dire le feu de nos clartés et la clarté de nos opacités…
Ecris chaque seconde en lettres de passages
Mange des mots de fleurs en corolles dansantes
Deviens porte qui s’ouvre aux rêves inconnus
Trouvère troubadour et voyant de toujours
Marque tes pas, ton empreinte et ton poids
Sur la terre et l’éther et l’eau où tu frissonnes
Allume ton Essence au feu de ton désir
Laisse les cendres oeuvrer dans le noir de tes nuits
Pour devenir humus et peut-être chemin
Enseigne-toi de l’herbe et du tout qui t’entoure
Sois devin de l’Amour
Pour dissoudre la peur
Pour dissoudre les armes
Pour assécher les larmes
Sois … Levain
Alchimiste
Eclaireur
Messager
Visionnaire
Enfin… sois POETE…

Anne DEMAY

.………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est toi et moi, seuls au monde.

Poètes, unissez-vous, la chanson de vos mots nous emportera !

La poésie, un matin de printemps, la brume qui s’estompe sous mes pas.

Une berceuse, une maman, la poésie de l’amour.

Les mots enflamment mon cerveau, leur musique rythme mon cœur, leur sens m’emballe ou me déballe.

Mon reflet dans l’eau, troublé par la poésie du vent.

La poésie; un accompagnement toute la vie!

La poésie est la liberté du cachot.

Chaque printemps, le renouveau de la Terre Mère n’est que poésie.

La poésie c’est la sensualité de tes doigts qui éveille ma peau.

Jaune ou rouge, blanc ou noir, chaque poète est une source intarissable.

Lumière du soleil ou pénombre de la lune, chaque heure qui s’écoule apporte son brin de poésie.

C’est au fond de tes yeux que je cueillerai mon plus beau poème.

La poésie est le savant mélange des sensations épicées à point.

Au fond de chacun de nous sommeille une merveilleuse poésie.

La poésie c’est l’encre de tes yeux.

Les lettres se sont posées; j’ai tout chamboulé, c’est MA poésie.

A l’entrée de la grotte, le tourbillon des sons écrit un poème.

Le battement de ses ailes envoie mon poème dans l’au-delà.

Source de vie, la richesse des mots m’envoie en Poésie.

Éclair soudain, tonnerre de sons, la poésie bat son plein.

A la racine, les sons; le long du tronc, la vie; sur les branches, quelques mots debout s’asseyant sur les feuilles vers l’envol de la poésie.

La poésie c’est le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein??

J’étale mes mots sur tes longs chemins sinueux; lorsque j’aurai atteint ton sommet, je serai en poésie absolue.

Tel le volcan, mon corps expulse des mots qui créent une poésie.

Le chant des baleines…tout un poème!

La rousse, la blonde ou la brune, tout le choix du poète!

La poésie c’est le bonheur de chaque instant.

Le chant des sons, le vertige de la poésie ç

La poésie, c’est souffler le chant de mes mots.

La poésie c’est regarder au travers de la lumière les lettres déposées.

Je regarde mes mots dans un miroir, c’est une toute autre poésie!

Chaque voyage est une poésie de paysages.

La poésie c’est écouter les mots de l’autre.

Les sages sont les vrais poètes de la vie.

Christine GARSOU

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie?

La poésie, soubresaut du cœur, effleurement de peau, appel du spirituel.

Alignement de mots qui chantent, qui valsent, qui «hip-hopent».

Poursuite de lettres qui chahutent, qui trébuchent, qui s’emmêlent, qui s’ordonnent, se bousculent…prennent place et se posent enfin en paix.

La poésie…c’est au-delà de notre monde,

Un univers inconnu de l’autre,

Un cocon où l’âme peut exister.

La poésie c’est la solitude extrême exprimée.

La poésie c’est tout ce que vous avez toujours voulu cacher qui vous saute à la figure!

La poésie c’est un pont entre tes entrailles et l’horizon.

La poésie c’est un funambule en équilibre léger sur un rayon de soleil.

La poésie c’est un rayon de soleil qui traverse un vitrail et transperce le cœur de l’enfant.

La poésie c’est un couple qui se dispute tendrement.

La poésie c’est la tourmente qui s’apaise et la paix qui part en vrille.

La poésie c’est l’homme.

Petit poème lancé dans un joli verre sur pied, emprisonné à jamais dans un livre jauni…est-ce encore un poème?

Les cloches…note poétique dans l’espace sonore du petit village.

Les vaches aux yeux globuleux, lascives dans l’herbe grasse, comme les femmes dans les peintures de Rubens.

Dans un sofa généreux,

une mère…peut-être…sa fille …probable…toutes deux plongées dans leur lecture.

Une musique, un regard…un sourire, instant de poésie.

La peau hésite à se découvrir pudique…lentement, l’épaule nue laisse glisser le tissu.

Entre deux arbres chétifs, l’araignée chemine, tisse, dessine des mots forts et vigoureux.

Les arbres, émus, remercient pour tant de poésie.

La poésie c’est le silence juste après le chant et avant les applaudissements.

La poésie c’est les orteils qui, un à un, s’enfoncent dans le sable.

La poésie c’est la mer qui court, qui revient…qui se retient.

La poésie c’est le crabe qui avance en marche arrière.

La poésie c’est la grenouille qui me regarde et qui se fout de ce que je pense.  Coa, coa.

La poésie c’est l’enfant rachitique qui sourit.

La poésie c’est un désir exacerbé de dépasser le vie.

La poésie c’est une touche sacrée sur les tâches du quotidien.

La poésie c’est une plongée dans les oubliettes d’une mémoire.

La poésie c’est l’histoire étrange qui se raconte de générations en générations.

La poésie c’est l’odeur de la soupe verte de mon enfance.

La «peau est si» blanche

la «peau est si» noire

la «peau est si» mi si térieuse

la peau des si belles

femmes si délicieusement

do ré

la peau ze…et la poésie

soupire.

Patrizia ROGULICH

.………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est la prière des apatrides, elle scande le rap des rhapsodies de tous les ports d’attache.

A la pentecôte des poètes la poésie chante le psaume des apôtres de la fragilité.

La poésie tresse les paniers de papier pour ramasser les miettes du temps.

La poésie racrapote les participes sous la parabole des impossibles conjugaisons.

La poésie a la paresse buissonnière, elle fait la grève des alphabets pour parcourir avec le papillon les prairies du passage des ombres.

La poésie frissonne sous la peau de pèche d’un baiser de beauté.

La poésie s’impatiente de l’impertinence des perroquets.

La poésie, petite pluie ou  grand vent,  elle est aux portes de  l’asile la sourdine des silences,  elle saigne la chair de tous les brouillards.

La poésie lève le souffle du rire au sud des pôles extravagants face aux  ordres de marche de l’empire des raisons.

La poésie est le pavé déchaussé sur la ligne de tous les crédos.

La poésie est l’auberge espagnole de tous les termes inutiles.

La poésie ne sert à rien, quand elle sert à quelque chose elle est inutile.

La poésie est un mercredi en guise de dimanche après-midi, le temps passe si vite

La poésie est un visage miroitant derrière l’envers bleu de la feuille blanche.

La poésie est le recueil des lapsus du réel sous l’énigme des  jours.

Le poète écrit la chronique du bruissement des voix,  le vent se tait au centre de l’arbre, les feuilles parlent pour lui.

La poésie accroche aux paroles muettes les racines de l’oubli.

La poésie est un voile de pudeur sur les cris de douleurs, une lettre à l’inconnue qui passe

Le poème est un éternuement d’incertitude qui brise le cercle PI-R-CARRE.

Le poème est la rue traversière qui dépasse les frontières.

Le poète est au balcon d’un ailleurs encore inhabité.

La poésie est  un pont suspendu qui relie deux rives invisibles entre lesquelles s’écoule seul le fleuve impassible du temps : le mystère est aussi notre monde.

La poésie  nettoie les vagues du fond du puits.  Elle colore la terre derrière les paupières.

La poésie c’est le scalpel du noir. L’amont l’aval le delta. La foret émasculée.  La chaîne des forges. L’apnée goulue de la gésine pour l’enfantement de la terre.

La poésie se lève dès que le regard intègre toutes les perspectives obliques des fictions du réel.

La poésie  c’est au doigt Tracer le verset des aurores Sur la buée des  déclins.

C’est sur la peau  La brûlure de l’instant Saisi par surprise Derrière l’évidence.

La poésie c’est  l’art de la  patience  Derrière les yeux du décor Plus loin que la dernière ligne.

Ce n’est ni hier ni demain C’est la résurrection d’un présent évanoui Une brèche sur la surface du temps

Dans cette seconde où le ciel  sourit

Hors des forêts de  bavardages De preuves De raisons Le poète  cherche les creux du vide Sur la petite musique de nuit Hors des jardins du bien et  du mal

Luc CARPENTIER

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est ce que la poésie ?

bon, la poésie dans les feuilles, les graffitis oui

bon..ben, oui , certainement mais,

                                                                                         en masculin féminin et en inverse (un; une )

peu sinon rien poudrière qui pète à vif agraphie qui graff

des jours en nuits sur un mur effacé bande passante qui

perspire sur des courbes d’espaces blancs criave en peur

qui sait pas écharde de doigt sur marge en page lombaires

écrasées en couve d’attente vie sous la doublure piano en

notes noires inverse de couverture endossée partita d’un

train interminable qui dodeline grincheux

temps en espace  féminin où tout devient un « rien » de plus

un(e) espace blanc qui hante les éditeurs

collage de corps qui puzzle les autres épinglés sur l’affiche

mur devant – en ras de vie pas devant soi qui sait pas où sont

ses chaussettes trou noir carré qui spire le rien – avant espace

blanc(che) qui mérite le silence venteux sur la page ligne de

mots qui lie les interstices de l’os – en chair clandestine

inventaire de vivance sous sac à vivre câble sur un vide de cul

sans filet pour le retenir

mastiquer sous la dent l’espace grinçant

hier de force perdue sur la page aux ratures fécondes tas de

vocables qui donnent corps (cor) en vibrato si cela suffit

course de (à )vide en plein de nécessaire coudière qui ouvre

son outil sans aiguille instant qui en dur tente un sonore qui

tient – effrité apnée mentale en vide de plein –avant hurle

de présent en houle le matin tôt visages en heurt de coups

qui tiennent encore le charnier

perdurer le peu qui tient le son de la bande pensante

ouvrir le sens comme une goutte perlée de vies à

dire être un chien pour pisser là où la paix est

menacée ne savoir rien – partir des marges pour

mieux tenir

ne jamais finir de résister devant le massacre

enflure de traits en mots dits dans le plaisir d’écrire –

nul arrache de  phonèmes face à la syntaxe –dictact

marasme qui heurte les portes tranquilles

corps en vibule – ridule – vibrato en clef de corde – gorge qui

vibre et inverse pour converse

noter en risque les invisibles

tenir

en inverse de ce temps en fausse confidence sociale juste sentir et

tenir un vocable en humble être un tas d’ordure pour en sortir

l’oubli de ceux qui ne parlent plus oublier  son lit ses inventaires

pour marcher vers le sens qui ne se formule pas gagner des nuits

de vigie pour espérer un espace vital qui heurte et réveille

une broderie hurlante face au corps social

tenir

et pour un

peu rester

vivant

Béatrice MAURI

.………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

– La poésie, c’est ce qu’il reste quand la raison baisse pavillon.

– C’est le sourire à travers les larmes, le soleil derrière les mots.

– C’est quand le temps n’est plus, juste des mots qui restent dans le présent de l’instant.

– La poésie, c’est quand les yeux entendent et les oreilles voient les mots qui chantent.

– La poésie, c’est le cœur qui s’emballe et l’âme qui s’en émerveille.

– La poésie est une douce folie aussi indispensable que l’air respiré.

– La poésie, c’est une musique enivrante qui invite à écouter la Vie.

– C’est ce qu’il restera de l’humanité quand l’Homme aura fini de tout gâcher.

– La poésie est un baume pour le cœur meurtri, un onguent pour l’âme blessée, un miracle perpétuel.

– La poésie ne connaît ni religion ni couleur, elle est universelle dans tous les cœurs.

– Quand la poésie devient ta raison de vivre, tu découvres la Vie.

– La poésie, ce sont des yeux lumineux dans un corps décharné, un sourire radieux sur un visage fatigué.

– La poésie, c’est ce qui nous fait nous sentir vivants au-delà de tout entendement.

– La poésie est un langage inconnu, mais compris de tous.

– La poésie est une âme mise à nu, sans pudeur ni tabou.

– La poésie permet de contempler en profondeur, au-delà des apparences et des faux-semblants.

– La poésie, c’est le bruit des voitures, le chien qui aboie, le voisin qui bricole, quand nous les accueillons simplement, sans jugement.

– C’est une douce chaleur irradiant du cœur, qui nous inonde par surprise et nous rappelle que nous sommes en vie.

– C’est un talisman dont le pouvoir infini se manifeste dans le partage.

– Quand un inconnu nous offre un sourire, c’est toute la poésie de la Vie qui s’exprime.

– La poésie, c’est la spontanéité des sentiments, lavés de toute règle et de tout préjugé.

– Ce sont les mots qui viennent naturellement quand nous brisons les chaînes de la dictature sociétale.

– La poésie, c’est arrêter de chercher un sens et se laisser porter par la magie des mots.

– C’est ce qui permet de continuer à vivre quand la douleur est aveuglante, assourdissante, quand elle anesthésie tous les sens.

– C’est ce qu’il reste de toi depuis que tu n’es plus là.

– La poésie, c’est l’instant présent coloré du vécu émotionnel de chacun.

Maryline MOUSNY

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

C’est l’espace caché entre les mots qui révèle des histoires muettes.

La poésie démoule les fesses de la mémoire et de l’imagination pour nous envoyer en l’air.

La poésie cogne et claque quand le cri

craque.

Claire RUWET

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

Elle est une lucarne entrouverte par laquelle s’échapper à tire d’aile est enfin permis

Elle est un voyage, une exploration en nos terres intérieures

Elle est frisson, fantaisie, bruissement d’aile

Elle est courbe, ronde et pleine

Elle s’offre au poète dans le déluge et l’embellie

Elle est le dialecte de l’univers

Elle est le dernier rempart contre un monde qui s’entête à vouloir jouer les grands

Elle est un baume, une pause, un souffle

Elle est cette musique dont se nourrit notre âme

Elle est l’indispensable respiration d’une existence à quatre vents

Elle est luminescence

Elle est le reflet opalin de nos jours et de nos nuits

Elle est le petit plus qui fait battre nos vies

Elle est !

N’est-ce pas là l’essentiel ?

Nathalie WARGNIES

………………………………………………………………………………………………………………………………

 Qu’est-ce que la poésie ?

« La poésie, c’est larguer les amarres pour une destination inconnue »

« La poésie, c’est naviguer en eaux troubles »

« La poésie, c’est se laisser dériver au gré des courants »

« La poésie, c’est avoir le courage de partir sans boussoles, nu, avec juste les mots pour bagage »

« La poésie, ce sont des silences et des inspirations »

« La poésie, c’est aussi oublier de respirer, affronter l’apnée »

« La poésie, c’est une onde qui vous prend au ventre »

« La poésie, c’est un enfantement de son monde intérieur »

« La poésie, c’est une arabesque enchanteresse »

« La poésie, c’est commencement et fin »

« La poésie, c’est découvrir dans des gouttes de rosée la lumière fragmentée »

« La poésie, c’est microcosme et vertige »

« La poésie, c’est l’instant présent juste saisi »

« La poésie habille et déshabille »

« La poésie, c’est un arc-en-ciel de mots dans le silence »

« La poésie, c’est la transparence des sentiments révélés »

« La poésie, c’est la révélation de la rétine »

« La poésie, c’est la souffrance transfigurée »

« La poésie, c’est l’alphabet recomposé »

« La poésie, c’est un saut en apesanteur sur son vide »

« La poésie, c’est marcher en son âme sans balises »

« La poésie, c’est attenter à sa pudeur »

« La poésie, c’est la faim de dire et la soif des mots »

« La poésie, c’est étincelle et ravissement »

« La poésie, c’est l’éternité saisie en plein vol »

« La poésie, c’est l’urgence d’un cri »

« La poésie noie et rassasie »

« La poésie est puisée à la chair »

« La poésie, c’est encenser les sens »

« Le poète est maître en son royaume mais c’est la poésie qui le choisit »

« Les poètes sont autant de lumières posées sur la terre »

« Les poètes se parlent, se racontent »

« Les poètes énoncent l’éphémère »

« Les poètes sont des remparts ; s’ils s’éteignent le vacarme déferle annonçant la misère de ce monde qui tombe »

Brigitte DUMONT

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est tout ce qui n’est pas dans la définition.

C’est tout ce qu’on n’a pas dit.

Je vois une vache. Une vache qui avance en broutant ou qui broute en avançant ?

La poésie est dedans, dans la vache, qui avance et broute, et broute et avance.

Une machine sans faille, un système bien huilé. Un coucher de soleil parfait. Une icône sans aspérité. Un ciel bleu, trop bleu… La poésie, c’est, sans l’avoir ni traquée ni appelée, sentir, toute proche, la poussière qui va chambouler ces Beautés-là.

Ecrire un poème, c’est fabriquer un objet, et achever de fabriquer cet objet

que le lecteur achèvera une deuxième fois, en l’écoutant, en le lisant.

Une vitre brisée.

La poésie, c’est ce qu’il y a dans les brisures

et le souffle libéré

des mille et une choses qui attendaient

derrière la vitre.

La poésie, c’est l’étrange qui bruisse.

C’est du silence qui réveille.

C’est un texte avec, tout-à-coup, la voix cachée dessous qui surgit, de son eau pleine, quand le lecteur se penche sur lui.

La poésie, c’est des petits déserts qui éclatent comme des bulles dans la méga-cité. Ou de petites foules qui naissent, plic ploc, dans le désert.

La poésie, c’est ôôôôôôô comme développement durable dans le trafic, fumeux, bruyant, du cerveau humain.

Va, Petite Chose, prends ton temps, la poésie s’y niche.

Débusque ce que les grands bruits cachent.

Va, Petite Chose, prends les mots, place-les sous ta langue, sous tes dents, comme un bonbon, comme une gomme, une noix, goûte-z-en le sucre, l’amertume, malaxe, tourne-les tous au palais, aux papilles, tu verras, ils vont libérer la rumeur du monde.

La poésie, c’est après un chchchut ! avec les yeux grands ouverts, les mots qui volent, et dansent, et chantent et disent… dans le grand silence qui nous enveloppe.

La poésie, c’est le contraire du « si et seulement si ».

La poésie, c’est quand les mots ne vont pas à l’école.

C’est ce que le docte oublie.

La poésie, c’est ce qui ne peut être nommé, mais qu’on sent là, présent. Autrement dit c’est dieu. Mais, dès qu’on s’en irait immobiliser cette chose dans un seul mot, une définition une, elle mourrait. Et des guerres de religion, alors, s’en iraient germer sur son cadavre.

La poésie, c’est la quéquette du Graaal.

Parfois, c’est nager à contre-sens… avec les autres.

La poésie, c’est rassembler tous les mots d’une vie, et en faire quelque chose de fort pour transporter une goutte d’eau, un grain de sable, une visite impromptue.

La poésie, c’est une des rares choses gratuites qui nous soient très chères – c’est peut-être pour ça qu’elle se vend mal.

Dans tout ce qui nous appartient, c’est une des rares choses qu’on aime

se faire voler.

 Dominique MASSAUT

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la Poésie ?

Si l’on se demande “qu’est-ce que la poésie ?”, autant se demander “qu’est-ce que la vie ?”

Est poésie ce que chacun pense être poésie.

La poésie est traduction du monde.

Sans médecin , il y aurait moins de vies , sans poètes , elles auraient moins de sens.

La poésie est l’originalité noyée dans la banalité.

Au pays des soucieux , le poète est détective.

Là où il y a de la poésie , il y aura toujours des heureux.

La percepetion de la poésie n’est pas la même pour tout le monde mais ne sera jamais fausse , c’est ça qui est magique , avec la poésie.

Le poéte est un enfant nostalgique.

Cécile VANOSMAEL

.………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

« Qu’est-ce que la P.O.E.S.I.E ? »

« La poésie c’est la Prose des possibles qui pousse l’humain au-delà du contact charnel.»

« Des pensées qui apaisent et dénouent en douceur le nœud soyeux des désirs enfouis.

« La poésie, c’est le « O » candide de mon enfant qui sent le bonheur ;

Son rire pur et franc jaillit telle une cascade désaltérante, emplissant mon cœur d’allégresse.»

« La poésie, c’est le «Ré » qui gazouille de la tête au cœur, ménestrel souverain de l’âme.»

« La poésie, c’est la Saveur des odeurs et des couleurs du passé revisitée les yeux fermés.»

« Impertinente, irrévérencieuse, la poésie sait se jouer des formules pour apostropher.»

« La poésie, c’est le « E »muet devant tout tableau que l’on quitte sur la pointe des pieds. »

 « La poésie fait-elle campagne ?»  

« La poésie, c’est le printemps qui boutonne de pastels la grisaille.»

« Elle moutonne les horizons maraudés en automne.»

« La poésie, c’est la résonance du silence brodé d’étoiles.»

« C’est la grâce de ce regard qui nous colle ébahit aux nuages.»

« La poésie, c’est la délicatesse oscillante de ce premier battement d’ailes de papillon.»

« C’est la goutte de rosée irisée, crochetée sur la toile éphémère de cette ouvrière qui subit sans rechigner les griffures du vent.»

« La poésie, c’est une  pluie de pétales qui met en émoi la morosité.»

« La poésie, c’est laisser notre cœur en jachère, pour en récolter la sérénité.»

« La poésie, c’est enfiler un collier et n’en caresser que les perles patinées.»

« La poésie, c’est s’asseoir émerveillé, conscient  d’être au cœur d’un prodige. »

« Qu’est-ce que la poésie libère ? »

« La poésie c’est cette sensibilité qui oppresse jusqu’aux larmes.»

« C’est l’émotion éthérée qui trouble et ébranle.»

«La poésie, lézarde nos défenses et nous laisse pantelants.»

« Dans l’abandon des sens, à la caresse de mots chatoyants.»

« La poésie, c’est l’écho dans ton regard voilé, de cette passion qui me brûle.»

« La poésie nous fait pénétrer à pas feutrés dans des intimités.»

«  Que fait-elle de ces paroles susurrées au creux d’une aisselle?

Dans la retenue du tempo qui inspire des merveilles.»

« La poésie, c’est l’écrit qui s’infiltre dans mon cœur et remplis ma tête d’étincelles.»

«Le mot qui fait vaciller cette larme qu’on ne voulait pas laisser rouler.»

« La poésie, c’est l’harmonie dans la sérénité qui nous élève au-delà de nous- même.»

« C’est cette joie que l’on avait si bien muselée et qui explose à la vue de la beauté.»

« Elle seule peut transformer l’insignifiance et la souffrance en grandeur.»

« La poésie, c’est le quotidien illuminé de chandeliers cérusés. »

Marie-Jeanne DOFFAGNE

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ? 

Définitions de la poésie en 47 tours

  1. « La poésie, c’est la loi martiale et son mâle loti »
  2. « La poésie, c’est le clou dans la tête qui n’en sort qu’épiphanie »
  3. « La poésie est poly-gamme parce qu’elle est poly-faune »
  4.  « La poésie brave le dicton, surprend le faussaire, et conduit souvent au délit d’initié »
  5. « La poésie, c’est la gâterie de ta bouche à la mienne »
  6. « La poésie, c’est se mettre à dormir debout en attendant de creuser son lit »
  7. « La poésie offre un chou à la chèvre de monsieur Seguin et autorise le chat à poser un lapin à la mère Michel l’air de rien»
  8. « La poésie est épicène : elle attrape la souris par le souris, fait du step dans la steppe et met Lou au lit avec son petit loup»
  9.  « La poésie fait du cheval da-dame triste tant et…ii… zut, lutte ! »
  10. « La poésie c’est le binôme de rien qui a oublié son tout pour loger dans l’infini du presque »
  11.  « En poésie, le naufrage de nos phrases est plus vital que la terre ferme ta gueule ».
  12.  « La poésie nous parle toujours au singulier et nous fait parler au pluriel »
  13.  « Aller aux poétesses voudrait dire devenir les faiseurs du monde »
  14. « Le poète, parjure et féal, ne jure que par les faires et les ailes »
  15.  « Survivre à la poésie ? Comment est-ce possible quand j’y ai laissé chacun de mes éclats de vie ?»
  16.  « La poésie, c’est l’indispensable coquetterie, de mise dans l’absence d’accoutrement »
  17.  « La poésie, c’est plus tu t’y cramponnes, plus tu apprends à devenir un fauteur de dribbles »
  18.  « La poésie est ossianique, elle crie… et personne ne sait d’où elle vient »
  19.  « La poésie est palimpsestueuse : elle fait pousser des mamelles à Tirésias, marie Electre avec un jardinier sans complexe et conduit Iphigénie loin de l’autel sur un char torride»
  20.  « La poésie écrit sur la table de Mouise ses commandements : 1. Je suis l’éther Neil Armstrong me connait 2. Tu ne feras d’images qu’à travers les volets de ta jalousie, 3.Tu ne tremperas pas ta plume dans un seul encrier, 4. Tu ne voleras qu’avec tes zèles propres, 5. Tu ne mentiras qu’avec les mots vrais, 6. Tu m’observeras avec les yeux de tous les chats battus, 7. Tu ne tueras point d’exclamation, 8. Tu ne porteras pas de faux quand c’est proche hein ?, 9. Tu ne convoiteras que le bonnet jeté par-dessus les moulins, 10. Honore ton permis et merci ! »
  21.  « La poésie, c’est l’art à gongs hors de lui et l’outré amont de Vénus »
  22. « La poésie, c’est le poète qui se fait hara-kiri lorsqu’il voit un rat qui pleure »
  23. « La poésie, c’est une joue collée contre la vitre qui attend le retour de maman »
  24.  « La poésie, c’est une paupière lourde qui éclot au son de ta voix »
  25.  « La poésie, c’est elle mon empire depuis qu’ils l’ont tous déserté »
  26.  « La poésie, c’est Ondine à la belle étoile et Pandore dans les bras de Morphée »
  27.  « La poésie, c’est un poème saturnien sur le cahier d’un retour au pays natal d’une étoile qui a perdu le nord »
  28. « La poésie, c’est le Pérou quand tu es à l’ouest »
  29.  « La poésie, c’est quand l’anguille se maquille sous roche et que le photographe cherche à noyer le poisson »
  30.  « La poésie, c’est le mot de Dolet les poings déliés sur la place Maubert »
  31. « La poésie s’offre à tous : elle se déhanche sur ses hauts « alescarpins », et va au persil sur ses talons courts »
  32. « La poésie, c’est la Laponie qui hennit pour semer ce que l’Aziza nie et nie… »
  33.  « La poésie, c’est quand tu attrapes les mots aux brucelles du typographe »
  34. « La poésie, c’est l’attendre des heures dans un estaminet devant le même vers»
  35.  « La poésie, c’est la balkanisation des mots par un conclave yé-yé »
  36.  « La poésie, c’est mordre dans un saint- Germain jusqu’à ce que la poire à poudre pète »
  37. « La poésie, c’est guerre et paix quand il n’y a pas de bol chez Vic alors que l’ami Râle est plaint aux as »
  38.  « La poésie, c’est quand je tombe dans les paumes de tes mains et que je me rêve ailleurs sous le même pommier »
  39. « La poésie, c’est un rendez-vous qui tourne au garde-à-vous avant de demander « voulez-vous coucher sur le papier ce soir ? » »
  40. « La poésie, c’est la voie qui dit : vous avez le droit de garder le silence et tout ce que vous direz sera retenu contre tous »
  41. « La poésie, c’est le bien de tous : le leurre mien ; le nôtre, tiens ! et, faisant des siennes, il crie ô vos leurres, ô vos leurres ! »
  42. « La poésie, c’est la voix famélique de Samuel Cramer contre Cramer qui chante des homélies à Madame de Cosmelly-mélo en sonnant la fanfare à l’eau de rose »
  43. « La poésie, c’est une orange sanguine à l’œil au beurre noir qui chante un tube de Jeanne Mas »
  44. « La poésie, c’est Claude Roy sans trèfle sur une carte qui pique du nez dans le cœur de Méry Laurent »
  45. « La poésie, c’est quand le proème met son tutu de rimes pour la turlurette d’autrefois et s’offre une déculottée chez les décrochez-moi-ça du langage »
  46. « La poésie, ce sont les trous vaillants tous genres qui séduisent les trous verts »
  47. « La poésie, c’est le pari qui vaut bien une messe câline  »

Faïka FARHAT

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Poésie, qu’est-il advenu de toi ?

Assemblage  de mots hétéroclites distribués sans   logique en suites incohérentes…

Heureusement, demain,

les rimes prisonnières du papier,

vont s’évader , s’encanailler,

renaitre sur des tablettes,

saupoudrer leurs  pixels  sur des écrans brillants.

Electrons virevoltants, les mots jailliront de circuits invisibles

vers les membranes  et les  toiles venues du futur.

Messages, limpides, évidents et  accessibles,

Certains   lecteurs mutants, auditeurs  casqués, recevront les yeux fermés

des vibrations sinuant vers leurs  neurones attentifs,

émotions partagées.

e-poésie,

Qu’est-ce que la poésie ?

Des mots qui vibrent et font vibrer.

Ah ! Si j’étais poète !

Mais je ne suis pas poète.

Je blablate

Arlette BOCHOUSE

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ? 

La poésie déglutit l’ensemble.

La poésie fracasse les rythmes. Le rythme aussi.

La poésie rend invincible ; invisible diront certains.

Cela craque. Un gémissement continu. Un bruissement de merle. Une détonation. Ensuite la fin du volatile. Cela se mange.

La poésie est. Tutti.

La poésie se ramasse auprès des caniveaux, les fanges tribales.

La poésie glapit le son inaudible. Sans électronique. Sang versé la querelle.

La poésie se pose égale. Et ment. Elle triture le débris. Sans blanc.

La poésie marque, et ponctue la fin d’un règne et se faufile, vers l’ailleurs et le galop assourdissant et la meringue du dégoût.

La poésie chamaille l’entrelacs, brisure ou césure, où voudra naître l’enfant imberbe.

Là le caillou se joue. De vous. Dévoué. Un drap. Un lacet. Autrement.

La poésie maintient l’aiguille fermement. Le garrot noué. S’insinue. Dans le corps. Le piston agit. Le garrot dénoué. La chaleur s’émiette. Lumière sous hologramme. Elle est belle.

La poésie est organique. Rugueuse à lécher. Lunaire. Féroce et rustique.

La poésie dévoile nos sexes avides. La masturbation se parle. Les yeux ouverts. Bleu l’homme.

Elle grouille dans le bas ventre. L’éjaculation met bas. Avant fin.

La poésie canarde le long des rambardes. Les savoirs ô teints. La main mise du secret. La balle dans la gueule pour suivre le trublion. Le pied dans la gueule, à terre. La ratonnade des casqués. Le cri. La vindicte. Juste.

La poésie porte le désarroi des amertumes, lentement, exsangues. L’homme décape en suite. A tout va. Vite, vite, vite.

La poésie, bruissement des souffrances inscrites durablement, violence échaudée par les silences, compromis noctambules. Suivent-ils par delà?

La poésie susurre « es-tu là ? ». Brame.

Le poète convoite la poésie dans ses poches noircies. Lors des rixes, se planque sous les tablées enfumées. Au bord du temps, brise les pieds de tables charnues. Murmure marin.

La poésie, ode aux ensembles, systèmes et odyssées, ramure et langueur, fragilité du vivant. Vitesse inversée.

Le poète suce le marcheur, au fond. Au gouffre incertain.

Clameur, clameur, clameur ! Crâne ancien. Sourire nouveau.

La poésie, expérience des limites transitoires, avide d’espaces blanchis des torrents intérieurs, moribonds sans mémoire, territoires oculaires. Balafres des certitudes. Le cheval se cabre.

La poésie éclaire toute subversion, déséquilibre l’ultime précaire, désamorce le cadenas des vérités homéostatiques. Rétroactes brutaux. Flèche de cyanure dans ses encablures médiévales. A plus tard remise de la question. Sans commentaire. Sans agonie.

Le poète existe par la poésie. Complique. Applique.

La révolte des courbes anciennes. Platonique Circus. Câble météorite. Suintement de grâce. Quel tel inconnu ? Le poète macère.  L’ange dédoublé fulmine.

La poésie rend nos sexes aimables. Erotomane anglais. Labiales caresses. Succion  nocturne habile. Fesses agiles. Ecarts subtils. Et subis. Galaxie ouverte. Va- et-vient et saccade. Saut du rocher. Limbes et meurtrissures. Gémissement et criard païen. Poing de culbute. En jouir encore. Raz de marée des cyprines aiguës. Anus animal. Sans longitude.

La poésie, lancinante le long du rasoir, laisse filer quelque sang. Laisse filer.

La poésie ralentit, lève les rythmes. Respiration de l’amplitude. Il en découle.

Le poète pointe l’amant dans l’ascenseur à l’arrêt. Porte grise et tagguée.  Câble sous pression. Tension artérielle. Aorte tellurique. Absence. Manigance. Hymne délavé.

La poésie ne sait que l’infime, élément éruptif des natures, ne sait guère.

La poésie suggère les souffrances de nos vies, sans expression, vagabondes, dans les marais salants. Sas et ressac.

La poésie réconcilie l’homme. Son être holistique. Expurge. En soi-même déjà.

La poésie ne se lit pas ! Distance improbable… Se vit intégrale.

Le poète nous jette les restes du miroir concave. Eclats des yeux.

Jubile ! Jubile ! Jubile ! Tel édile ? Fusion des granites. Sous perfusion. De l’ancêtre en suite…

La poésie renverse, déverse, converse l’insoumis. Déboires des chants. Malodorante puisse être ! Rarement. Justice épi-centrale.

Elle entrouvre la porte sans huile. Cuite et recuite. Elle porte l’inconnaissance. L’ignorance des cadavres. Glabre courbure lissée.

Implosion. Explosion. Cela se joue si bas. Le jour abat. Traînée. Ne vaut pas tripette !

Et toi. Résiste ! Résidence démaquillée. Claque et cloaque. Ou gicle la perle diffuse. Encenser le ferrailleur aux pieds nus. Malaxe.

La poésie murmure les traverses. Balivernes du boulevard. Travers du clouté. En dehors des routes. Voix exténuée. Rebord sans issue. Marque page clôturé. Hagard. Déroute de l’émotion.

Perspective aveugle. Ailleurs je tire. Eros item. San Pedro en déroute. Bleu hasard. Des sentiments. Stop. Collapse.

Le poète, égaré et insulaire, grogne et apostrophe, marque et débusque. Sous les feux. Les bords de tombes lui sont familiers. En découdre. Va par-delà ! Perdu.

Celle-ci tend la main. Calme clameur. Douceur et toucher. Irruption des épidermes. Ongles glissant la mère. Ange de l’éperdu. Racaille et rocaille. Ronces de l’effigie. Magistère du pudibond. Socle dé-coffré. Coiffe assaillie de lanternes illusionnées. Lisière des poésies.

La poésie s’engouffre. Conquête les uniformes du savant noir. Black out de nos mémoires. Soulèvement populaire. Stop. Du supplice. Du calvaire ailleurs. Très certainement. Nous y parviendrons dans ses mélancoliques diatribes du renoncement. Indigne. Calque usé. Usinage. Pièce après pièce. Suivante. En douceur et toucher des labeurs. Cela frappe les enjôleurs. Calme le jeu. Les jeux abrupts se répandent. Sous les sables blancs des appareils.

En rade jadis. Suite aux claques. Marqueurs noircis. Les doigts perlés. Le poète se porte de buis en buis. Invalide selon elle. Il parle l’enduit des urticaires. Au sein. Le sein de l’estaminet. L’œil recouvert de pâleur. Châle décoloré de sang. Vergogne. Varice. Avarice. S’en suivra la plénitude ainsi se dit.

De pas en pas. La poésie. Avant toute écoute. Elle se dit. Sensiblement se dit du désir.

Large ouverture. Embrasse les bienveillances. Embarque nos souvenirs. Les yeux clos. Ouverts sur la banquise. Sans fard. Et fardeau. Sens usuel.

Litanie du re-vivre. Ensemble des inconnues. Partages inégaux. Ensemble convexe. Désorienté aux nuages apostrophés. Climax. Sus à l’alcaline. Pitrerie enrobée. Marche et pullule. Que me dit l’oreille ?

Au diable ! Aux marches des précipices. Lente. Lourdes. Rarement les sourires. Un poing sur la table. Les écailles se soulèvent. Le poète déplace le rideau. En découle une réprimande. Boucle d’argentique. Lavement de l’infâme. Supplice ? Que dire si vivre ?

La poésie s’en mêle. La main, chaleur du souhait, accompagne vers le Levant. Le blizzard se distingue. Les chants s’élèvent. L’amour en raffole. L’amour s’y glisse. Dans la tendresse. De nos violences féroces. Les mains se tendent. S’appellent. Le respect. L’amour s’insinue de ses énergies. Folles. Pleurs résumés. Résiste. Au pilastre. Un œil se montre. Les lèvres s’entrouvrent. Belle. La poésie s’engage. Sans illusoire. Illustre blason. Regards fuyants. En toile. En fond. Se transporte. Hors zone. Sans indigence. Sans verser le crime.

Thomas DUBRUNQUEZ

………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est le tatouage, la marque, la tâche que vous trimballez par-delà les années, ces nuances irisées, cet écrin d’encre. Parfois, on y voit des dragons rêches aux souffles ardents. D’autre fois, la licorne ailée s’ébroue vers le galop. Il y a des océans indomptés qui sourdent en elle, elle a l’écume rageuse et sa caresse goûte le sel.

Embrasée dans une étreinte en plein soleil, engourdie de foudres éméchées,  la poésie couve, cuve, c’est une fracture que l’on a remplie de son sang. J’aime en éprouver les contours, menaçants comme langoureux, éternelle invitation aux vertiges. Elle enrobe l’œil d’ellipses, d’orbites hallucinées de brasiers en brasier, assoiffée, insatiable, le foutre tout en l’air à la bouche. Elle est vermine, rampe dans les interstices de votre réalité et croît toujours.

C’est un vide qui aspire à la lumière, qui s’éveille aux limbes et plein d’azur éclate les murs.

Sournoise et pernicieuse, éternelle profane qui vous fend de sourires narquois. C’est un dilemme du prisonnier,  un appel au jeu sans fin, une audace d’un full à la mine arquée, tendue vers le tranchant d’une main brisée. Si tu l’as comprise, tu l’as perdue. Elle est essence d’allotropes, éther aux flashbacks retardés.

Bâtarde, elle s’attarde et s’emplit de la bonne âme aux aguets. Elle restreint sa tempête pour mieux vous empaler à sa page, voûté, l’échine de raison brisée, les os déstructurés sur quelques fréquences machiavéliques, banales, de celles que l’on a perdues en chemin mais que l’on n’a jamais oubliées.

Le bon son est chaleur, la bonne peau est un son qui aspire aux membranes, aux frontières intérieures inconnues.  Les plis s’enorgueillissent des meilleures pépites et l’on se prend à chérir la poussière, amas sédimentés aux entrailles d’un temps balourd, pesant d’un plaisir pensé. Rigueur et démangeaison d’une saison que l’on ne peut ignorer, un espace à recouvrir, à faire sien.

Revendiquer et ne plus posséder. Paradoxe jusqu’à la moelle, elle demeure chienne, rongeante, l’œil injecté d’un sang bouillonnant. Créature qui vous laisse pantin, pantois, putois d’une normalité mal emmanchée. Vague à l’âme, elle s’épanche encore sous ces ponts que l’on jette, le tracé rebelle à tout architecte, gorge déployée, offerte à la prise, proie invaincue qui vous retourne en flèche votre uppercut dans le mile. Un presque à la maison naufragé. Milles nuits et des empires sur des mensonges séculaires.

Dans cette frénésie, je fais tache, je marque mon territoire, j’éjacule et m’évanouis.

Samy TRABELSI

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, un graffiti éternel dans le cœur de chacun ?

Et pourquoi pas ? Ou pourquoi pas plus que ça ?

Ou même encore plein d’autres choses.

Le poète lui-même l’a déjà dit : La poésie c’est l’anarchie …

et si je l’interrompt ainsi c’est que ce trait abrupt me suffit.

La poésie c’est une formidable liberté,

un désir somptueux qui cherche une idée folle,

une énergie furieuse qui ne voudrait que vivre et créer.

C’est un élan du cœur qui va tour à tour s’ordonner ou se déchainer,

et qui peut être sublime dans toutes ses formes.

C’est un élan de l’âme qui va murmurer,

ou chanter, ou hurler, mais qui sera toujours entendu

par quelqu’un qui cherche quelque chose,

et même parfois par quiconque qui ne recherche rien.

La poésie c’est un art apprêté

qui sait tomber la chemise quand les circonstances l’exigent.

C’est un art complexe, mathématique et symétrique,

raffiné, codifié, absolu,

qui génère lui-même ses révolutionnaires, ses hordes guerrières et ses va-nu-pieds.

La poésie c’est le courage d’utiliser un mot pour un autre usage que celui auquel il est destiné, d’en contourner le sens pour faire éclore une nouveauté,

de torturer une phrase pour lui faire dire la vérité :

une vérité qui se sente, une vérité qui s’entende sans se voir,

une certitude bonne à faire valoir.

C’est un langage discret destiné aux plus légers.

Aux plus fous, aux plus sages et aux nouveaux nés.

La poésie c’est un breuvage absent qui donne soif aux marins qui trainent

et leur étreint le cœur jusqu’à la gêne.

La poésie c’est un liquide vital qui tourne dans un alambic

pour enfanter à la fois l’eau et le feu.

La poésie c’est une couleur, c’est une allure, c’est une marche princière et comme telle elle descend en ondulant un immense escalier recouvert d’un tapis éclatant.

C’est la confidence d’un amoureux un peu intimidé.

C’est une réalité qui pose nue dans une chambre d’hôtel. C’est un acte avéré.

C’est une haute dame âgée lassée des rondeurs de la politesse,

qui s’encanaille toute seule et s’affranchit, et qui se rajeunit du fil des années.

Oui la poésie peut être mièvre, austère, sensible, sonore, prétentieuse, sensuelle,

élégante, riche jusqu’au mauvais gout, baroque, musicale, ou terriblement ennuyeuse.

Mais aussi hardie, brutale, vengeresse, éloquente, incisive, rythmée,

et d’ailleurs tout ce qu’on veut, sauf définitive :

On devrait réécrire les poèmes toutes les décennies

Refondre le papier pour refaire de la vie

Mettre les vers à l’envers dans d’autres sonorités

Leur donner l’air du temps et les rendre changeants

Leur rendre du mordant

Pour plus de sens. Pour plus de majesté.

Eric PINGET

..………………………………………………………………………………………………………………………………

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est une définition.

La poésie est un voyage d’ici à là. C’est le vent qui souffle et pousse le bateau qui emporte le poète d’ici à là. C’est le soleil qui réchauffe tes seins qui inspirent le poète d’ici allant là. La mer qui sépare le poète qui se rappelle là-bas tes seins qui ne sont pas ici. La poésie, c’est rassembler le poète d’ici et toi de là-bas. La poésie, c’est moi ici avec toi là-bas.

La poésie ne se comprend pas elle-même.

La poésie, c’est l’universel dans le détail.

[Ceci n’est pas une définition]

Je ne connais pas la poésie depuis fort longtemps. Elle et moi n’avons été en contact que par l’intermédiaire d’amis communs dans un premier temps, pour le travail ensuite. J’ai été intrigué et je me suis intéressé à elle. Elle m’a plu. On s’est fréquentés plus souvent qu’avant, pour le plaisir. Elle et moi seuls, ou elle et moi avec d’autres personnes. Je l’ai connue un peu mieux et appréciée davantage. Elle m’a aussi quelques fois déçu dans certains de ses aspects.

La poésie s’est montrée sentimentale, passionnée – voire même passionnelle –, compliquée quand je ne comprenais pas ce qu’elle me disait. Elle m’a fait rêver et voyager. Les moments que j’ai passés avec elle m’ont permis d’échapper pour quelques vers à ma vie quotidienne. Parfois elle l’embellit.

En fait, je me suis aperçu qu’elle était comme moi. Comme beaucoup de gens. Tout compte fait, la poésie est humaine. Et comme le rire est le propre de l’homme, nous avons fait l’humour. On a aimé ça. Surtout ses baisers avec sa langue dans des endroits et des envers toujours inattendus.

Alors, comme elle m’amuse, je m’amuse d’elle – elle le mérite. Car la poésie, c’est…

La poésie, c’est la vie en couleurs. Tiens voilà le marchand de ballons.

La poésie, c’est moi, non je n’ai pas changé.

La poésie, c’est extra. C’est extraaaa.

La poésie, c’est la mort qui t’a assassinée, Marcia.

La poésie, c’est ma prièèè-èèreuh.

La poésie, c’est déjà ça, c’est déjà ça.

La poésie, c’est toi qui m’as fait, qui m’a construit.

La poésie, c’est l’horrible bye-bye.

La poésie, n’est-ce pas merveilleux ?

La poésie, ça sera toujours le blues, dans la banlieue de Mulhouse.

La poésie, c’est pas tout ça, mais…

La poésie, c’est un beau roman, c’est une belle histoire. C’est une romance d’aujourd’hui.

La poésie, ce n’est rien. Tu le sais bien, le temps passe ; ce n’est rien.

La poésie, c’est un ventilateur qui passe au ciel du poste de police.

La poésie, c’est le paradoxal système.

La poésie, c’est une poupée qui fait non, non, non, non, non.

La poésie, c’est le mystère qui est dedans… Le mystère dedans.

La poésie… que serais-je sans toi ?

La poésie, c’est ça qui rend heureux. Que le diable nous emporte, on a rien trouvé de mieux.

La poésie, c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.

La poésie, c’est le décor du Connemara.

La poésie, c’est sûr tu es… un rite !

La poésie, c’est fou comme ça peut faire du bien. J’ai prié pour que tout s’arrête. Andalousie, je me souviens.

La poésie, ça sent la morue jusque dans le cœur des frites.

La poésie, comme l’alcool et les revolvers, c’est sauter en l’air, tomber par terre.

La poésie, Hollywood est dans sa tête, toute seule elle répète.

La poésie, c’est l’ultramoderne solitude.

La poésie, ce s’ra nous dès demain. Ce s’ra nous le chemin.

La poésie, c’est un cri, c’est un chant, c’est aussi le désert et le vent.

La poésie, c’est écrit : elle n’est sort plus de ta mémoire. Ni la nuit, ni le jour.

La poésie, c’est qu’on monte nos mains vers le point le plus haauuuuut !

La poésie, c’est de l’or que tu mets dans mon corps.

La poésie, c’est ma toute toute première biguine partie !

La poésie, c’est la même, même chanson.

La poésie, c’est vraiment toi. Et rien d’autre que toi ! Que toi !

La poésie, c’est comme ça que je t’aime.

La poésie, c’est la lutte finale.

La poésie, c’est la fête au village.

La poésie, c’est leurs robes légères.

La poésie, c’est toi que je t’aime. Vachement beaucoup !

La poésie s’était dit rendez-vous dans dix ans.

La poésie s’est jetée du pont de la Garonne.

 Matthieu COURTOY

………………………………………………………………………………………………………………………………

 Qu’est-ce que la poésie ?

Pour faire Slam ..

C’est un château de cartes en Espagne / quand tes atouts sont tous cassés / le quatre de carreau trop carré / tes strophes tes as catastrophés / quand

tu perds tout et que tout passe /que tu déprimes même quand ça rime / tires le roi du Bateau du Bateau Ivre / qu’il n’est plus cap qu’il perd la carte

/ qu’il risque un bridge sur tes eaux troubles / qu’il boit la tasse / qu’il change de cap / Quand même le trèfle se fait rare / se fait la belle / se fait

rebelle /qu’il fait bataille à tout ce qui pique / au porc-épic / à l’asticot / et qu’il repousse de plus belle / sur ton palier / dans le métro / sous la

rocaille de tes mots / Quand toutes les dames du jeu sont nues / et le joker bien relooké / overbooké / que le valet de bic a transpiré / est inspiré

que c’est son coeur qui est en ligne / qu’il n’y a plus de point à la ligne / que toutes les muses sont médusées / Quand le coeur joue carte sur sable /

qu’il n’y a plus de pain sur la table / et qu’un orage va éclater / qu’un bouquet de trèfle à quatre fleurs / donne carte blanche à son lecteur.

Pour faire court ..

La poésie, c’est une aspirine effervescente au fond de la Mer Morte.

Pour faire perso ..

La poésie, c’est ..

Lettre de chair à fleur à fleur de peau
Forme un peu folle à la dérive
Tendre violeuse de noms d’oiseaux
Dont s’éternisent les vertiges

Musique nue pour peau sensible
Cantique empli de lourds pétales
Broderie fauve pour vive Bible
D’une invisible cathédrale

Son cordon colombilical
Mêle ancolies et dames de pique
Valets de bic rimes bancales
En prosaïque mosaïque

Geôlière des roses intestines
Lente lieuse de lieux blessés
Sans avenir elle parchemine
Son Cicatriculum Vitae

Michèle DIVOY

………………………………………………………………………………………………………………………………..

“LA POÉSIE C’EST L’ANARCHIE DES SENS QUI FAIT SENS”

En quelques battements de paupières, l’oeil s’ouvre sur l’univers qui l’entoure.
Une fois, son acuité déployée, il explore creux et cavités, cisèle cimes et crêtes,
se baigne dans les couleurs de saisons.
Il flotte au- dessus de l’ océan, prend ensuite le large
et revient sur la plage avec l’ écume des vagues.
Il enveloppe ensuite du regard ses personnages, perçoit la fluidité de leurs gestes
et absorbe la lumière de leurs visages

Tympans percés par les humiliations, les pavillons des oreilles de MADIBA,
recueillent encore l’ écho des stances du poème,
récitées durant trente années dans l’ étroitesse de sa cellule.
Le chant des mots se hisse au-dessus des murs
et libère ainsi la quintessence de son être.
“Je suis le capitaine de mon âme
le maître de mon destin”.

Remonter à la source des senteurs d’enfance
berçant nos mémoires de grands enfants,
retrouver l’ odeur tendre et chaude
des bras réconfortants d’une maman.

Le matin, être éveillées par l’ arôme délicat du café,
émerger et d’un bond sauter du lit,
envahies par l’ effluve des crêpes préparées soigneusement
par nos grands-mères.

Malgré l’amertume et le goût acidulé de la vie,
être envoûtées par l’onctuosité et la douceur du chocolat.

S’effleurer,
peau contre peau,
faire connaissance,
premier contact charnel
entre une mère et son enfant.
Tisser le lien maternel,
capter la vie petit à petit.

La poésie, plaisir des cinq sens.
Un sixième sens,même.
L’art de percevoir.
Que seraient nos vies sans elle?
Une suite implacable de calculs et d’ évènements insipides,
une reproduction du matérialisme,
un discours monocorde,
un décor monochrome.
RECHERCHONS-POÉSIE- DÉSESPÉRÉMENT.

Cristine-Marie, Véronique et Dominique

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie se définit elle-même, en tout poème qui s’accomplit.  Elle se réalise par la parole, orale ou écrite, parfois chantée ou dessinée, par le corps, le geste ou l’image.  Cinesthésie de l’âme.   Le silence la sculpte et la pondère.  Quelque chose d’inédit – sobre ou voluptueux, âpre ou tendre – s’en dégage, et vous laisse en état de grâce.

Elle prend figure par quelques métaphores, nécessairement insolites, qui décoiffent l’ordre établi.  Une orange bleue, ça vous dit quelque chose ?   Un soleil noir ou un oiseau de feu, renaissant de ses cendres ?  Deux mots se frôlent et s’accouplent ; la poésie surgit.  Puis de grands verbes créent le mouvement, dansant sur la corde du vide.

Alors tout peut être dit : l’insignifiant et l’immense, le cruel et le doux.

Aucune définition n’épuise son essence ; la poésie se réalise dans cette énergie qui lie les contraires avec bonheur, et ceux-ci se multiplient à l’envi.  Le poète  André Schmitz la qualifie, au même titre que la mort, de « maladie » quasi incurable, liée par le jeu d’éros et thanatos, pôles inséparables.  Sous haute tension, elle tient ensemble, en prose ou en vers, surabondante ou blanche, le Oui et le Non, le désir et la révolte, l’amour et la haine, le beau et le laid, le quotidien et l’Inconnu, le fini et l’infini, l’appétit de vie, universel, et le défi singulier à l’absurde…

Portant le mystère à bout de bras, elle ne résout aucune équation.  Paradoxale, elle ne pose aucun problème, nargue l’entendement et lui rit au nez.  Elle se laisse respirer comme une fleur suave, murmure flexible comme en songe, mais peut se donner aussi en hurlant, dans un cri rauque et pur.

Sans organe ni instrument, la poésie prend corps.  Sans avoir de gorge, elle prend voix.

Elle est parole vivante, de feu et de froid, qui renie les discours.

Elle est fragment, qui s’ouvre et renonce à la totalité, se relie pourtant au Tout, en un même accord musical, tantôt mélodieux tantôt dissonant.

Elle est vibration de l’être : du plus profond, du plus lourd et du plus bas, au plus aérien et léger.  Et inversement, pour ne rien omettre.

Elle salue passionnément Mnémosyne, Dionysos et Apollon.  Elle n’appartient à aucun d’eux, elle les enchante, et les recrée.

Les vers : bien nommés, ils viennent de la terre et pointent le doigt au ciel.  Culbutes, éructations diluviennes, éruptions ensoleillées.

Quand elle commence à maugréer, à gémir et quémander, là, dans le for intérieur, le poète doit cesser tout acte non lié à son service.  Qu’il soit jour ou qu’il fasse nuit, dans le train ou dans le lit, à table ou en marchant, il faut impérativement suivre ses ordres.  Poète, prends de quoi écrire.  De quoi noter ou griffonner.  Enregistrer.  Mémoriser.  Ces traits ardents, ce rythme fou.  Cette lente mélopée.  Ce déluge de mots gluants.  Ces flèches incisives.  Ces vides et ce trop-plein qui saigne.  La houle des contraires.  Haut-le-cœur.  Vomissure qui fait tache paradoxale dans les discours léchés, ciblés, si bien calculés.  La poésie donne, en pleine tempête, un arc-en-ciel glorieux et minuscule, sous l’amer soleil de liberté, sur une Terre défigurée.

Humble et fière, elle relie l’Homme à son essence, à sa vraie destinée.  Folie sage, la poésie transperce les frontières des langues, des signes et des catégories.  Parce qu’elle traverse les abysses de la solitude, elle unit, énergie immanente tendant vers la transcendance, l’humain avec lui-même.  En elle, la femme, l’enfant et l’homme se tiennent la main, et se reconnaissent, enfin, sous un vêtement qui sied.

Alchimie incompréhensible, elle doit passer par la forge, l’intense travail de la métamorphose, la décantation du poète.  Souffle insaisissable, délaissant la lie, la poésie offre, à force de patience, d’écoute subtile en son espace vital, un alcool capiteux.  Elle devient immédiate : un précipité d’émotions.

Toute neuve, toute nue, elle se laisse mieux comprendre les yeux fermés, ou mi-clos.  Scandée, allumant la musique cachée en ses mots, ses images.

Que son rythme soit parfait, qu’aucun vers ne déborde.  Symphonie d’images et de sons, recueillie, utile au silence, parfaitement ouverte à la finitude, totalement accordée aux sens transparents que son verbe soulève, ici et maintenant, à ce vivre, elle se dé- finit.

Marie-Clotilde ROOSE

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie, qu’est-ce que c’est ?

La poésie, c’est un petit pas dans la lune et un grand pas dans l’imaginaire.

La poésie, c’est le hic et nunc des rêves. Il est trop tard pour rêver demain.

La poésie, c’est une carte géographique où tu choisis les points cardinaux. Le Sud au Nord et l’Est au Sud, qu’importe. Tous les chemins mènent à d’autres chemins.

Marche, ne t’arrête pas. Même assis, même endormi, garde tes chaussures. Défais juste les lacets.

La poésie, c’est la fille que tu aimes et qui ne t’a jamais vu.

C’est une lettre d’amour qu’on écrit tous les soirs et qu’on n’envoie jamais.

Poésie : mes mots, vos yeux, l’espace entre nous deux.

La poésie, c’est la terre aux oiseaux et toi pour leur annoncer.

La poésie, c’est l’indifférence au bûcher et nous qui fumons ses cendres.

La poésie, c’est le coeur et l’agent du coeur.

La poésie, c’est la rêverie pour toute réalité, et versa vice, du même au pareil, c’est sonnet blanc et blanc sonnet.

La poésie, c’est internet sans électricité.

C’est la télévision qu’on refuse d’allumer.

La poésie, c’est le condamné à mort qui s’écoute chanter.

La poésie, c’est un bateau amarré par un noeud papillon.

La poésie, c’est la dernière bouteille du dernier des grands vins que l’on boit tous les soirs.

La poésie, c’est la guitare d’Andalousie qui prend le soleil à témoin pour vibrer de ses chansons.

La poésie, c’est le contre-pied, c’est dire non pour dire oui, pour s’affirmer. Refuse l’invitation, mais vas-y quand même, pour voir, pour savoir, pour vérifier que tu n’aurais pas dû venir.

La poésie, c’est éclater de rire quand on vous dit d’arrêter d’écrire.

La poésie, c’est s’arrêter partout mais courir pour tout voir.

La poésie, c’est le désespoir pour tout espoir.

La poésie, c’est l’utopie assumée jusqu’à la revendication.

C’est le cri du papier sous la caresse encrée.

La poésie, c’est un livre abimé d’avoir été trop lu.

C’est un coeur déchiré parce qu’il n’a pas pu.

Le poète a du sel de mer dans le sang.

La poésie, c’est la solitude qui n’est plus jamais seule parce qu’elle est avec moi.

La poésie, c’est une main de soi dans un gant de soie.

C’est la tendresse qui n’est plus jamais moquée.

C’est le rythme des mots, c’est la fluidité. La poésie c’est l’onomatopée : pif, paf, WIZZ.

La poésie, c’est t’aimer comme un fou, c’est t’aimer beaucoup trop, c’est t’aimer malgré tout.

La poésie, c’est Victor Jara qui chante malgré ses mains arrachées dans l’Estadio Chile.

La poésie, c’est le courage esthétisé.

La poésie, c’est Cyrano qui signe pour Christian et puis qui pleure pour Cyrano.

La poésie, c’est l’orchestre qui continue sur le Titanic qui va s’échouer.

C’est Socrate qui apprend un air de flûte avant la cigüe.

Le poète est tireur de fléchettes au tournoi d’arbalettes.

Le poète a l’expérience de l’inconnu. Il découvre sans cesse.

La poésie, c’est une lettre d’amour en langage des signes.

La poésie, c’est l’art de croire encore à ce qu’on n’a pas déjà pensé.

La poésie, c’est un dictionnaire avec des pages blanches pour les mots inventés et des pages vides pour les mots qui n’existent pas.

La poésie, c’est une montre dessinée sur ton bras – choisis l’heure. Il est 6h73 ?! pourquoi pas ?!

Le poète se lève à l’aube des idées. Il ne s’inquiète pas du chant du coq. Il est encore midi ? Alors danse !

La poésie, c’est la première ivresse dont on ne revient pas.

La poésie, c’est le corps enterré qui fait pousser des fleurs.

La poésie, c’est la pudeur d’une fille que tu viens d’embrasser.

C’est l’idiotie, tant qu’elle est drôle.

C’est le coeur qui fait du beatbox sur les artères de la ville.

La poésie, c’est la main brûlée de Django qui fait s’enflammer le jazz.

La poésie, c’est la Nouvelle-Orleans dans une cave de Paris.

C’est Ferré qui revient inventer des formules. “CLN : C’est La Nuit.” CQFD : Ce Que Ferré Disait.

La poésie, c’est le reflet de la rue dans la vitrine des putains.

Cherche-toi chez les autres, ils se trouveront chez toi.

La poésie, c’est un enfant qui demande pourquoi.

La poésie, c’est la toilette infâme d’un bistrot délaissé dont les murs sont garnis d’écritures colorées.

La poésie, c’est un despote qui pleure avec mon doigt d’honneur.

C’est une moustache dessinée sur le portrait d’un dictateur.

C’est rire pour le plaisir, aimer pour aimer, marcher pour marcher.

Le poème est le plan d’une ville imaginaire dont les vers sont les différents itinéraires.

La poésie, c’est le progrès qui nous ramène au temps où nous n’existions pas.

Poétique aussi, le canal de Bruges qui s’écoule sans un bruit.

La poésie, c’est miser sur la bille à la roulette du casino.

La poésie s’écrie avant de s’écrire. Mets des accords dans tes cris. Les joies, les pleurs, les rires et les soupirs, les amours avortés, les amours de demain… Compose avec ta vie.

Le recueil de poésie est une prison de mots d’où s’évade l’esprit.

Deux amants qui se lisent pour mieux se voir : poésie. On ne voit pas dans le noir, foutaise ! Mais on voit dans sa tête.

Le poète est fâché, quand il sourit c’est d’avoir été poussé à l’écriture.

La poésie, c’est le ciel qui pleure plutôt que de pleuvoir. Choisis s’il pleure de joie ou s’il pleure de tristesse et fais le voir.

La poésie, c’est la tête qui tourne pour accompagner la terre.

La poésie, c’est un pied qui titube sur le boulevard du fric.

Le poète ouvre les volières, fait s’envoler les couleurs.

La poésie, c’est la station des sens où l’on fait le plein d’émotions.

La poésie, c’est la robe abimée parce qu’elle était jolie, c’est le corps qu’elle cachait qui se glisse dans la nuit.

La poésie, c’est la tradition corrigée, c’est le taureau qui court sans jamais s’essouffler.

La poésie, c’est torturer du papier pour créer sa liberté.

Le poète est poète 25 heures par journée, l’écriture est un temps rajouté.

La poésie, c’est le hors-champ de l’existence, c’est le miroir qui nous en fait prendre conscience.

La poésie, c’est la minute qui reste avant la prochaine minute.

C’est la cigarette allumée au fumoir des idées.

La poésie, c’est préférer le silence au brouhaha du monde.

La poésie, c’est l’éther des idées qui vaut l’éternité.

La poésie c’est tout ou rien, c’est surtout rien, mais ça change tout !

Thibaut CREPPE

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie, c’est la soif, comme quand la mer est une étendue, comme quand le chandelier est allumé, une structure, un filet.

C’est l’absurde, c’est ce qui vient purifier les mots.

C’est quand il n’y a plus de sens, Amen, Amen, Amen. J’absorbe ce qui fait gonfler les anfractuosités de la terre, qui crée des sous-terrains, des rhizomes, les arbres fous. C’est supérieur, c’est le divin, c’est le vin, c’est l’ivresse, cycle par cycle, qui se répète, qui reviennent, c’est l’amertume ce qui revient de temps en temps dans la bouche, comment ne pas s’en rappeler. Ça va dans le virtuel, dans les étoiles, dans l’espace-temps comme dans une grande caverne. L’homme, sorti de son univers originel, se part de masques, de maquillages, de coquillages pour sublimer les couleurs, depuis la nuit des temps, nu dans une savane, couleur du couché du soleil, du raisin. Broyant les grains, muni d’une pierre ancestrale, qui confond tous les mythes, toutes les religions, qui les fond dans un bronze dont la croûte n’est pas percée, matière brute, matière vierge. C’est l’inverse, c’est ce qui ne se montre pas, c’est ce qui a été enfoui au nom de la hiérarchie, c’est le profond espace de liberté. Liberté libératrice, du cri, du flux du corps, corps beau, le corps : « un tout biologique chez l’homme (le corps humain) comme chez l’animal. »[1]. C’est quand les tissus sont froissés, que les montagnes rejoignent le ciel, que l‘écologie s’organise, à quand la parole, enfouie sous des tonnes de déchets, à quand l’air pur. Réseaux de plantes, réseaux d’hommes et de femmes, les flammes, comment transmettre « une école de peinture », la pensée, les fleurs qui sont sous la terre, « Les Fleurs du Mal », dans la banquise, translucide, amenée avec le vent, densification de l’espace, exploration intérieure. On est relié par une pieuvre, par ce qui revient, par le cinéma, par les images, par des radiographies, les œufs, la poule, la pensée universelle, le fusain, des questionnements sur le passé, la poésie c’est le retournement, quand tout devient racine, quand les Primitifs Flamands avec leurs pigments et leur miel et leurs ciels et leurs paysages et leurs avantages et leurs marécages. Quand ils fabriquaient eux-mêmes leurs couleurs, la garance, le lapis-lazuli, quand la vie pleine de couleurs et de vêtements, quand les paysans et la classe populaire libre. Il faut aller en dessous, dans les égouts, avec les rats, dans l’eau sale, dans l’eau qui vibre tellement elle est épaisse, dans l’eau pleine de lumière dans la méditerranée, là où les sangliers dévorent les hommes, là où les molécules se divisent, là où les nasses filtrent l’eau, nasse : « Une nasse est un piège destiné à être immergé, pour capturer des animaux » (le plus souvent des poissons). Traditionnellement, une nasse est composée d’osier, de lames tressées de bambou, roseaux ou bois, ou se compose d’un filet de pêche et d’une armature qui en forme d’entonnoir, ou formant une sorte de cage, avec une petite ouverture unique en forme d’entonnoir. En mer, une partie de leur efficacité tient probablement au fait qu’elles jouent un rôle de dispositif de concentration de poisson.[2] Procédé aqueux, qui purifie, qui réorganise le territoire, qui l’organise autour de l’eau, autour de l’aquarelle, prise de conscience des éléments élémentaires, ce qui est plus petit que soit, grenouilles, vipères, crapauds,… trois petits points, il était une fois au bord d’un petit lac, deux personnages debout, vêtus d’un très fin tissu regardant dans l’eau, une forme sombre, à fleur d’eau,  avec une éprouvette, ils ont testé pour  voir si il rentrait dedans et en effet il s’est introduit à leurs grands malheurs, il est allé jusqu’au fond alors qu’ils avaient mis un morceau de pain, pas dans l’eau, mais sur la vase, dans un nénuphar, dans un vase. Il y a de longs chapelets d’œufs, les OGM sont atroces, toute cette opalescence, toutes ces opales, ces veines de pierre, ces champs de pommes de terre, cette nourriture céleste, l’Olympe, ces auréoles alignées, ces suites de grotte. Le rocher brillant poli par le temps, mais qu’est-ce qu’ils ont fait à vouloir rendre tout opaque, à arrêter la nature, à la pénétrer de leurs aiguilles,  voilà la transparence, s’intéresser même à ce qui va contre soi, la profondeur, tout est unique, faire des ponts avec l’histoire de l’art, ce beau visage doré, ce turban, la finesse de l’étoffe, ces craquelures, point zéro. Grotte de Lascaux, Giotto, Fra Angelico, Pierro della Francesca, Rogier van der Weyden, Hans Memling, Albert Dürer, Grünewald, Raphaël, Titien, El Greco, Rubens, Velasquez, Rembrandt, Goya, Delacroix, Monet, Gauguin, Van Gogh, Munch, Picasso,… Art contemporain, la poésie c’est de recouvrir tout, de devenir un oiseau, d’aller d’un endroit à un autre, d’être poète. C’est l’originalité, c’est pisser, c’est la liberté,…

Julien DAFFE

[1] Wikipédia, sur http://fr.wikipédia.org/wiki/Corps, consulté le 03/10/2013

[2] Wikipédia, sur http://fr.wikipédia.org/wiki/Nasse, consulté le 04/10/2013

……………………………………………………………………………………………………………………………….

QU’EST-CE QUE LA POESIE ?

La poésie, c’est :

Une invitation à explorer la profondeur d’une âme.

Une mosaïque de sentiments traduite en mots.

La dernière marche vers le septième ciel.

Une convocation pour le lâcher-prise.

La seule frontière à l’horizon.

La liberté  dont la limite est l’infini.

UN POETE, C’EST :

Un accroc dans un horizon borné.

Un équilibriste sur un fil de mots.

Un échassier à hauteur d’enfant.

Un magicien du ressenti.

Un chahuteur de cœur.

Une main ouverte dans un poing fermé.

ECRIRE DE LA POESIE, C’EST :

Manier des syllabes et les offrir en cadeau.

Accrocher un arc-en-ciel  devant des yeux pleins d’embruns.

Jouer dans l’apesanteur.

Suspendre des reflets de lumière à la grisaille des jours.

Annette BAMS – VAN MAERCKE

………………………………………………………………………………………………………………………………

La poésie c’est un caillou qu’on a dans sa chaussure, mais qui vous grandit.

La poésie c’est un œil qu’on prête à qui voudra pour voir l’invisible.

Nicole LAURENT-CATRICE

……………………………………………………………………………………………………………………………….

Advertisements

3 responses »

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s