Libérez les mots

Sur le sable de neige

Sur toutes les pages blanches

Sur les images dorées

Pour libérer les mots

Mohamed Sultani

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Libérez les mots

J’écris

Sur les places qui débordent

Sur la lampe qui s’éteint

Sur le fruit coupé en deux

Pour libérer les mots

Mohamed

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Sans titre

Bébé boit son biberon dans son bain.

Pépé peint dan son coin.

Dans son bain, bébé boit son biberon.

Dans son coin, pépé peint.

Abdoulaye

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Sans titre

Pars à Paris, papa t’y paiera l’opéra

Mamadou

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Sans titre

Il faut les remercier

Il ne faut pas leur couper les ailes

Les laisser s’envoler

Pour libérer les mots

Pour donner le goût de la poésie

Mohammed

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Sans titre

Il faut dire Merci le matin en s’éveillant

Dire Merci aux formateurs, aux apprenants

Barry

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Un poème et un verbe

A manger, des sports, un café, parler, sortir, du dialogue, monter, silence, un test, une visite, du mal, le retour, sourire, pleurer, aimer, un mariage, les magasins, le tour du monde, du travail, belle, très belle, des patates, attendre, la cuisine, le manger, regarder, des surprises, partir, …

Un poème et un verbe « faire »

Collective creation  – Inspired of the text “Un verbe” by Grand Corps malade

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Un poème et un verbe

Les oiseaux qui chantent, la famille, les parents, le journal parlé, les chanteurs, Grand corps malade, les gens qui parlent français, Letizia, des personnes âgées, les gens du groupe, la formatrice, la radio, la télévision, les informations, des Histoires, nos enfants…

Un poème et un verbe « écouter »

Collective creation  – Inspired of the text “Un verbe” by Grand Corps malade

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le jardin enchanté

Il y a un grand jardin

Il y a les jeunes d’enfants

Il y a le jardinier

Il y a la joie

Il y a les oiseaux qui chantent

Il ne fait ni chaud, ni froid

Assis sur un banc, un homme fixe un caillou

Dans ce caillou, l’homme voit un jardin

Il y a les jeux d’enfants

Il y a le jardinier

Il y a la joie

Il y a des oiseaux qui chantent

Il ne fait ni chaud, ni froid

Mais dans ce jardin-là, la musique va venir.

Collective creation  – Inspired of “Le jardin enchanté” by Jacques Izoard

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le jardin enchanté

Il y a un grand jardin

Il y a un arbre vert et grand

Il y a un enfant jeune

Il y a une forte chaleur

Il y a des oiseaux qui chantent

Il ne fait ni chaud, ni froid

Assis sur un banc, un homme fixe un caillou

Dans ce caillou, l’homme voit un jardin

Il y a un arbre vert et grand

Il y a un enfant jeune

Il y a une forte chaleur

Il y a des oiseaux qui chantent

Il ne fait ni chaud, ni froid

Mais dans ce jardin-là, les pigeons nagent dans le lac.

Collective creation – Aziza- Mary Rose – Inspired of “Le jardin enchanté” by Jacques Izoard

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le jardin enchanté

Il y a un grand jardin

Il y a l’étang

Il y a un garçon qui marche

Il y a la fatigue

Il y a le klaxon des voitures

Il ne fait ni chaud, ni froid

Assis sur un banc, un homme fixe un caillou

Dans ce caillou, l’homme voit un jardin

Mais dans ce jardin-là, les examens arrivent.

Collective creation – Inspired of “Le jardin enchanté” by Jacques Izoard

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le jardin enchanté

Il y a un grand jardin

Il y a une grande fenêtre

Il y a trois groupes

Il y a le calme

Il y a le bruit de l’eau

Il ne fait ni chaud, ni froid.

Assis sur un banc, un homme fixe un caillou.

Dans ce caillou, l’homme voit un jardin.

Il y a une grande fenêtre

Il y a trois groupes

Il y a le calme

Il y a le bruit de l’eau

Il ne fait ni chaud, ni froid.

Mais dans ce jardin-là, que se passe-t-il ?

Collective creation – Mohammad Sultani- Abdel Karim – Hazrat- Samira- inspired of “Le jardin enchanté” by Jacques Izoard

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Autrefois – Libérez l’enfant qui sommeille en moi

Autrefois j’étais dans l’eau, aujourd’hui je suis une sirène

Autrefois j’étais un bourgeon, aujourd’hui je suis une fleur

Autrefois j’étais sur la lune, aujourd’hui je suis sur la terre

Autrefois j’étais une graine, aujourd’hui je suis un bel arbre

Autrefois j’étais un œuf, aujourd’hui je suis un oiseua qui vole

Autrefois j’étais l’enfer, aujourd’hui je suis le paradis

Autrefois j’étais enfant.

Aujourd’hui je suis la belle femme qui peint la nature sur son corps

Collective creation – M’Barek- Abdel Karim- Asma- Mry Rose- Mohammad Sultani- Mohamed

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Autrefois – Libérez l’enfant qui sommeille en moi

Autrefois j’étais un gamin, aujourd’hui je suis un garçon qui joue dans le parc ;

Autrefois j’étais plein d’énergie, aujourd’hui je suis encore plein d’énergie ;

Autrefois j’étais intelligent, aujourd’hui j’étudie le français ;

Autrefois j’étais toujours de bonne humeur, aujourd’hui je suis à la mode ;

Autrefois j’étais généreux, aujourd’hui je suis gentil avec les enfants ;

Autrefois j’étais enfant, aujourd’hui je suis le bel homme qui veut devenir un joueur professionnel

Collective creation – Hazrat-Colette- Mohand- Aziza- Abdoulaye – Abdel Karim

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Arc en ciel

La terre brune

Le rouge, guerre, sang

L’herbe verte

La robe blanche pour le mariage de ma sœur

De l’avion, tout est bleu, la ciel et la mer

J’adore le jus d’orange

Je prépare le repas en coupant des carottes oranges

J’ai acheté un bouquet de fleurs jaunes pour ma femme

J’ai marié un homme rose

Sur le chemin, je marche dans le noir

Mais je vois la vie en couleurs…

Collective creation 

Written within the framework of the workshop with Letizia Messina – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le chaudron des trois sorcières

Une histoire d’hier
Au solstice d’hiver
Je ne peux le taire
C’est la ronde des Sorcières

Dans un chaudron vert,
trois racines de bruyères
écrasées d’une main fière
mélangées à la cannebière
diluées dans de la bière.

De cette potion familière
chacune en boira un tiers
le pied sur une fourmilière
la main en arrière.

Puis dansant à la lisière
de la forêt séculière
elles chantaient comme leurs grands-mères
la magie de la Vie.

Dans la nature exemplaire,
tout se passe sous la terre :
Sève, graines et vers de terre
préparent dans le plus grand mystère
leur retour à la lumière.

Après la dernière prière,
comme l’ours dans sa tanière,
elles retournent dans leurs chaumières
reprendre leurs rôles de mère,
d’ouvrière ou de fermière.

Bernadette Leemans

Le printemps 

J’aime le printemps

La glace qui fond sur la langue

Le parfum des fleurs.

J’aime le printemps

Le chant des oiseaux

La chaleur du soleil.

J’aime le printemps

Les bulles des poissons dans l’eau

Le parfum des fleurs.

J’aime le printemps

Le parfum des fleurs

La chaleur du soleil.

J’aime le printemps

Le parfum des tulipes

L’odeur des merguez sur le barbecue.

J’aime le printemps

Le chant des oiseaux

La chaleur du soleil.

J’aime le printemps

J’aime la chaleur du soleil

L’odeur des merguez sur le barbecue.

J’aime le printemps

Le parfum des fleurs

Le chant des oiseaux

J’aime le printemps

Les poissons au barbecue

L’odeur des merguez.

J’aime bien le printemps

Parce qu’il y a beaucoup de fleurs

J’aime le soleil et aussi la chaleur.

Je n’aime pas le printemps

Car j’ai des allergies

Mais j’aime le barbecue et la bière.

Collective creation Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

De la graine à la terre

De la graine à la terre

De la terre à l’eau

De l’eau aux fleurs

Des fleurs au soleil

Du soleil au coeur.

Mohamed El Majjaoui and Amadou Ly

graine4

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

De la graine à la terre 

De la graine à la terre

De la terre à l’eau

De l’eau au soleil

Du soleil à la fleur

De la fleur au parfum

Du parfum à la respiration

De la respiration à mon nez

Du nez au coeur.

Addul Fusaini and Mohamed El Bouayadi

graine3

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

De la graine à la terre

De la graine à la terre

De l’eau à la fleur

Du parfum au coeur

Abderazak Tanan

graine2

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

De la graine à la terre

De la graine à la terre

De la terre au pot

Du pot à la fleur

De la fleur au bouquet

Du bouquet à son parfum

Du parfum à la couleur

De la couleur à l’amour

De l’amour à mon coeur.

Carine Lambot, Sabrina Briot, Mehmet Gever, Zoulika Bouthari

Graine1

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

J’écris ton nom 

Sur le silence.

Sur le disparu.

Sur l’espoir.

J’écris ton nom.

Sur le bras de ma moitié.

Sur mes chats.

Sur ma maison.

J’écris ton nom.

Sur ma peau.

Sur la vie.

Sur mon frère.

J’écris ton nom.

Sur la paix.

Sur mon mec.

Sur la moto.

J’écris ton nom.

Sur la façade de ma maison.

Sur mon front.

Sur le bus.

J’écris ton nom.

Sur la route.

Sur le sable.

Sur mon coeur.

J’écris ton nom.

Sur la peau.

Sur la rue.

Sur ma fenêtre noire.

J’écris ton nom.

Sur les murs de lire et écrire.

Sur la voiture de mon mari.

Sur le miroir.

J’écris ton nom.

Sur la feuille.

Sur le tableau blanc.

Sur la lèvre.

J’écris ton nom.

Sur le toit de ma maison.

Sur mon souvenir.

Sur la montagne de mon village.

J’écris ton nom.

Sur mon cheval.

Sur mon champ.

Sur mon bureau.

J’écris ton nom.

Sur mon armoire.

Sur le carrelage.

Sur mon portefeuille.

J’écris ton nom.

Sur mon souvenir.

Sur la main de femme.

Sur la maison.

J’écris ton nom.

Sur ma voiture.

Sur les murs de ma maison.

Sur le billet de voyage.

J’écris ton nom.

Sur la plage d’Espagne.

Sur le sable de la mer.

Sur le soleil du bonheur.

J’écris ton nom.

Collective creation

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Mains

Merci mes mains de travailler

Merci mes mains de me conseiller

Merci mes mains pour écrire

Merci mes mains pour utiliser internet

Merci mes mains pour utiliser l’ordinateur

Mohamed El Majjaoui

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Le jour où mon coeur a battu très fort…

Le jour où mon coeur a battu très fort

C’est le jour de mon départ de mon pays

C’est la première fois que j’ai vu mon premier amour

C’est le jour où j’ai perdu mon père et c’est le même jour où j’ai

entendu mon fils crier

C’est le jour où on m’a enlevé mes papiers

C’est le jour où j’ai appris que mon père est malade sérieusement

C’est quand j’ai connu ma moitié à Lire et Ecrire

C’est quand j’ai vu mon mari la première fois

C’est quand mon petit frère et ma nièce sont venus au monde

C’est quand j’ai fait la connaissance de Hello Kitty

C’est pour ma famille

C’est le jour où j’ai perdu mon meilleur oncle

C’est le jour où mes parents sont morts

Le jour où mon cœur battra très fort, c’est le jour où je gagnerai au lotto, après je serai tranquille.

Collective creation

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

En Espagne

La plage

Le soleil

La crise

Le travail

La chance

Heureux

Les amis

Fatigue

Le froid

Le voyage

La voiture

Et un verbe : partir

Mohamed El Bouyadi

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

… comme

Joyeux comme les supporters de Barcelone et de Madrid.

Joyeux comme quelqu’un qui ouvre ses cadeaux d’anniversaire.

Calme comme la mer le matin.

Calme comme le désert pendant la nuit.

Seul comme le soleil dans le ciel.

Seul comme le mort dans son cercueil.

Triste comme Roméo qui a perdu Juliette.

Triste comme un enfant qui a perdu ses parents.

Agacé comme un lion sur lequel on a tiré et qu’on a raté.

Agacée comme la mariée qui attend le marié qui n’arrive pas.

Collective creation

Written within the framework of the workshop with Liliane Fanello – Partnership Lire et Ecrire (literacy teaching) and PAC Liège – 2013

Slam

Qu’est-ce que mange l’outremangeur ?

Des dessous chics de couleur chicorée

Qu’est-ce qu’il y a dans le fromage bleu ?

Une nageuse en majesté

Qu’est-ce qui fait courir les guêpes ?

C’est Monseigneur Kiwi

Qu’est-ce qu’un fumerolle ?

C’est la beauté qui se couche les yeux fermés

Qu’est-ce qui est pris au piège ?

C’est l’amour qui pousse au printemps

Qu’est-ce que le silence à la fin du monde ?

C’est elle qui est partie sans moi

Qu’est-ce qu’un dessous chic ?

Un jardin à perte de vue où les vivaces fleurissent

Qu’est-ce qui se trame ?

Une échelle aux barreaux de coton en route vers les étoiles

Qu’est-ce qui fait pleurer l’enfant ?

Sa grand-mère qui l’invite à manger de la céramique

Qu’est-ce que j’ai fait de bon aujourd’hui ?

J’ai inventé le rouleau compresseur qui aère les nuages

Collective creation by Moktar Berriche, Michèle Divoy, Bernadette Leemans and Gaëtan Sortet

Written within the framework of the workshop  with François Laurent alias L’Ami Terrien  – PAC Liège – on 29th March 2013

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La poésie

La poésie c’est quand on lève l’encre,

La poésie c’est le guide du pays qui n’existe pas.

La poésie c’est ce qui arrive quant on fait … gaffe !

La poésie ce sont les images qu’on voit dans les flammes.

La poésie c’est ce qui s’échappe quand le feu s’éteint.

La poésie c’est la guerre mondiale des polochons.

La poésie c’est le sourire que l’otan essaye de cacher derrière le mot “terrorisme”

La poésie, c’est les langues battant les palais.

La poésie c’est fichus… et tendre pluie…

La poésie c’est la danse des signes.

La poésie c’est ce qui goutte à l’oreille.

La poésie c’est ” il était une foi “.

La poésie c’est toi … du monde.

La poésie c’est bien à toi.

L’ Ami Terrien

Written within the framework of the workshop “Poetry as a way to express yourself” – with Luc Baba – PAC Liège – on 13th February 2013

Libération

Montagnes impudentes

 Dont l’âcre odeur s’interpose

Impotentes ou virevoltantes bourrasques

Menant aux fresques mouvantes des abysses minérales

S’engouffrant à l’esbroufe face à de telles accusations

Le sillon de ce blafard typhon

Aux loques et guenilles qui s’encanaillent

Tant et tant qu’elles s’en vont valser aux tréfonds des bonheurs d’antan

Qui épuisent et assoiffent les plus faibles

Dans une mascarade de trop

L’astre s’en va poindre à l’horizon

Provoquant l’univoque équivoque

D’un sablier mouvant sauvant les âmes

Dont seules les dégaines arrachées déglutissent

Quand bien même, elles s’en iront

Nous saurons alors d’où étaient ces triades

Et mettrons le point final à l’acte bestial

Anouchka Cholewska

Written within the framework of the workshop “Poetry as a way to express yourself” – with Luc Baba – PAC Liège – on 13th February 2013

Petite plume légère

Petite plume légère

Tu inondes ton monde

De paroles qui s’envolent

Doux babillage

Joie des fillettes en fleurs

Stylo qui coule

Papier qui gratte

Bouche scellée

Le chant de l’oiseau s’est éteint

Sous la lame de Lucifer

Crayon noir, rouge passion

Lèvres qui s’entrouvent

Cascade de miel

Etoiles plein les yeux

Papillon quitte son cocon

On m’a imposé le silence

Blanc, vide, évanescent

Bruissement d’ailes, explosion de couleurs

Mes mots s’animent, avides de vivre

Robinet coule avec fureur, é-ter-nel-le-ment

J’EXISTE

Luciole

Written within the framework of the workshop “Poetry as a way to express yourself” – with Luc Baba – PAC Liège – on 13th February 2013

Henri-Charles

Henri-Charles, le « rat » des bibliothèques

Henri-Charles, 52 ans, ne vivait que par les livres, ces objets si beaux, témoignages de mille et une choses. Il passait sa vie dans les bibliothèques dont il aimait le décor, l’ambiance feutrée, les odeurs et les gens modérés qui les fréquentaient.

Quand il avait un livre en main, ses cinq sens étaient comblés. La vue à cause de son aspect, petit ou grand, coloré ou pas, l’ouïe à cause du bruit de ses feuilles qu’on tourne, le toucher à cause du contact de sa couverture carton ou cuir et de son papier doux ou rugueux, épais ou léger, l’odorat  à cause des senteurs très particulières qui s’en dégagent et le goût à cause de la mise en appétit pour la découverte de son contenu.

Un jour, il fit un cauchemar.

Henri-Charles rêva qu’il était dans le futur, en 2050. Il se retrouva au milieu d’une pièce, grande comme une cathédrale, remplie de machines ultra brillantes, d’un blanc scintillant.

Il tourna sur lui-même, cherchant dans toutes les directions des indications à propos de l’endroit où il était mais rien. Pas de pancartes, pas de tableaux, pas de journaux, de revues, de livres, rien…

Il chercha des odeurs  mais rien…  Et surtout pas celle qu’il adorait, celle des vieux livres.

Il chercha des personnes mais nul être vivant…

C’était un univers complètement aseptisé, genre salle d’opération.

Décidément, il n’y avait que ces machines et d’étranges signaux lumineux, ce bruit assourdissant. Bref, tout ce qu’il détestait.

 Il fut alors envahit d’une angoisse extrême et insupportable qui ne lui était  pas inconnue.

Comme celle qu’il avait quand il était dans un lieu trop actuel, trop moderne. Cependant ici, nul coin pour se retirer et respirer un bon coup. Nulle toilette pour aller satisfaire le besoin urgent qui le taraudait dans ces cas là. Non, rien à part ses machines étincelantes suspendues au plafond, ces rayons lasers qui balayaient l’espace dans un mouvement infernal.

Alors, il se mit à crier, à hurler, appelant à l’aide, en vain. Il se mit à transpirer, eut des nausées et finit par vomir de peur, de terreur.

Puis, il se laissa tomber par terre, se tassant sur lui-même, vaincu. Cet  à quoi il voulait échapper depuis toujours était arrivé. Lui qui bataillait depuis 52 ans pour rester dans le passé et bien, il allait mourir dans cet endroit  futuriste et si abject !

Henri-Charles se réveilla d’un coup, complètement bouleversé.  Il mit un certain temps à réaliser que ce n’était qu’un rêve et à pouvoir se détendre. Néanmoins, dans les semaines qui suivirent, il fut à l’affût des moindres petits changements qui pouvaient se manifestaient dans son endroit privilégié. Certes, les ordinateurs avaient fait leur apparition depuis quelques années mais il ne pouvait décidément pas croire à l’ère des machines dans ces lieux magnifiques qu’étaient les bibliothèques.

Catherine Dekens

Written within the framework of the workshop “Poetry as a way to express yourself” – with Luc Baba – PAC Liège – on 13th February 2013

Photographier ma Sainte Ardenne

Photographier ma Sainte Ardenne, c’est dévoiler son corps meurtri, qui reste cloué aux quatre points cardinaux.

C’est panser ses longues cicatrices, ravauder ses prairies décousues, éponger la vérité des larmes secrètes de tant d’amours ratées.

C’est saisir quelques bouts d’existence incorruptible, les dernières reliques d’une vie qui part en vrille, d’un Paradis dont on ne revient pas.

C’est, accroupie dans son giron humide, immortaliser l’effluve de ses chèvrefeuilles, l’innocence d’un bouton d’or, d’un œuf d’ange tombé du ciel.

C’est coucher sur le papier glacé les tremblements de ses lèvres myrtille et framboise, empoisonnées pour avoir trop aimé.

C’est enfermer dans la chambre noire le bleu très pâle de ses veinules, ses derniers repas de neige, la layette de ses ciels détricotés.

C’est plonger dans le bain de révélation tous ses paquets d’épines, tous ses sapins en linceul de plastique rouge, morts pour célébrer une présumée naissance.

C’est dire les châteaux de ses eaux interdites, ses jardins bétonnés, sa clairière sanglée dans la camisole électrique, toutes ses fenêtres qui baissent leurs paupières à l’heure d’un Dîner presque parfait.

C’est écouter le cantique d’un fantôme qui me berce, et donne l’envie de vivre encore un peu.

C’est capturer le silence, rien que le silence, et le chant des oiseaux.

Michèle Divoy

Sur le Fleuve Ramour 

Il lui fallait des balèzes, des fadaises,

Des sachets de frites et des cervelas,

Des bals des vampires et des falbalas,

Cinq francs de mayonnaise sur son camélia,

Des jarres de dentelles, des porte-jarretelles,

Quelques jeunes cobras, quatre brutabagas,

Du triple rhum dans ses babas,

Des baisers d’Ali Baba sur les soies de son chat,

Des cascades de Gloubi Baulga

Dégoulinant tout le long de ses bas.

(un capitaine à la masse qui la fracasse)

Il eût fallu la lune pleine de Pampelune,

Des phallus bicéphales et quelques flous garous,

Un éléphant bleu d’elle, de ses fantasmes roses,

Et des files de fans, et la foule on the hill,

Un arbre usufruitier portant des pamplemousses,

Un temple pour son paon, et qu’un ample soit la mousse.

Un lys fané dans les cheveux,

Ligne au milieu Babyliss las et Lysanscia,

Elle prend le voile, elle prend du poids,

Elle prend de l’âge et elle prend froid.

Elle prend ombrage, elle prend la mouche,

Elle prend des douches dès qu’on la touche.

Elle prend des gants et des pincettes,

Elle prend la poudre d’escampette,

Elle prend feu et l’eau à la fois,

Elle prend un dogue, elle prend des drogues.

Elle prend.

Elle prend le large, elle boit la tasse.

Elle prend Pierre et Paul à la fois.

Elle prend tout ce qui passe.

Tout passe.

Et s’il ne se passe rien du tout,

Elle prend Dieu si puissant comme époux.

Elle se la joue goulue, aguiche le goujat.

Son goujon la remue, agite sa rumba,

Galère en sa casbah, élargit son aura.

Ce marsupiau la tue et crie Houba ! Nouba !

Tout ça lui fait la jambe belle,

Lamentable la lambada.

Sans sourciller, elle danse seule,

Nue sur la table des pique-niques,

Sous le retable de la gnôle mystique.

(Quelques éléfantômes attendent qu’elle se casse).

Michèle Divoy

Written within the framework of the workshop “Poetry as a way to express yourself” – with Luc Baba – PAC Liège – on 13th February 2013

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